Atelier « Moi et le Groupe » du 16 Avril 2016

Les ados participants à l’atelier m’ont étonnée…

La consigne était de faire un pont entre les deux chaises… Ils ont collaboré, discuté, inventé, créé…

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N’est il pas magnifique ce pont-coeur ?

 

 

A bientôt pour d’autres thèmes…

Pour les dates des nouveaux ateliers : Evènements

 

Boris Cyrulnik : « Peu d’enseignants ont conscience de leur impact affectif sur les enfants »

Vous avez cosigné une tribune du Monde intitulée « Contre l’école inégalitaire, vive le collège du XXIe siècle ». Qu’est-ce qui vous a motivé à entrer dans le débat autour de la réforme du collège ?

C’est le constat que l’école a perdu sa capacité d’intégration : intégration des enfants des classes sociales défavorisées et intégration des enfants issus de l’immigration. Dans ma génération, seuls 3% des enfants faisaient des études supérieures, mais lorsque j’étudiais la médecine, il y avait plus de 10% d’enfants « pauvres  », contre moins de 2% actuellement.

Désormais, en France, faire un bon parcours scolaire suppose d’abord d’habiter dans les quartiers où sont situés les bons lycées et d’avoir accès à la culture. Car ce n’est pas la pauvreté qui provoque l’échec scolaire, c’est l’éloignement des sources de culture.

Le psy que vous êtes n’explique quand même pas cette fracture par la seule carte scolaire !

Non en effet, l’autre facteur déterminant c’est l’importance des interactions préverbales. Les bébés qui, avant de savoir parler, sont sécurisés par une niche sensorielle riche et une stabilité affective éprouveront leur entrée à l’école comme une exploration amusante. Ils représentent deux enfants sur trois et ce sont les futurs « bons élèves ». Les autres, insécurisés à cause d’un drame familial (mort, maladie, conflits parentaux…) ou parce que leurs conditions d’existence sont difficiles, vont acquérir un attachement insécure. Pour eux, la première rentrée sera souvent perçue comme un petit trauma et beaucoup continueront à vivre la scolarité comme une épreuve.

Les enseignants ont-ils un rôle à jouer dans cette « sécurisation » de l’enfant ?

Oui, mais ils ne se pensent pas dans ce rôle-là. Nous avons en France de bons enseignants, motivés, bien formés et désireux de bien faire leur métier. Mais peu ont conscience de l’impact affectif qu’ils ont sur les enfants. Certains instituteurs, professeurs de collège et de lycées, vont rassurer et réconforter les enfants par leur façon d’être, leur manière de parler, leur attention à reprendre autrement une explication mal comprise… Généralement, ils ne s’en rendent pas compte. Un encouragement, une appréciation de leur part qui seraient perçus comme des banalités par des adultes, auront chez un gamin en recherche de sécurisation, une valeur inestimable. Ce sera un événement émotionnel fort qui participera à structurer sa personnalité. D’ailleurs, lorsqu’on évoque avec des étudiants leurs motivations à suivre telle ou telle filière du Supérieur, il y a presque toujours le souvenir d’un enseignant en particulier.

Enseigner, éduquer, faire de l’assistanat social… estimez-vous qu’on demande trop aux enseignants ?

Absolument ! Les enseignants sont formés et payés pour instruire or, on leur demande de plus en plus d’éduquer. Non seulement ce n’est pas leur rôle, mais c’est aussi très compliqué, car le nombre d’enfants agressifs a beaucoup augmenté. Les problèmes anxieux de ces gamins ne naissent pas à l’École, mais c’est là qu’ils s’y expriment.

À mon époque nous faisions beaucoup de bêtises, mais nous admirions nos profs et cela ne posait aucun problème entre nous. Bien sûr, une très large majorité d’élèves continue d’avoir de l’estime pour leurs enseignants, mais ce sont les élèves les plus rebelles qui impriment l’ambiance d’une classe. En 2015, les élèves qui apprécient les enseignants sont une majorité… silencieuse.

Comment le psychiatre explique-t-il que l’école cristallise systématiquement les tensions dans la société ?

Parce que s’y joue quelque chose de fondamental, ce dont nous avons tous conscience.

L’enjeu social de l’école est devenu faramineux. Quand j’étais enfant, il y avait un concours d’entrée pour accéder au lycée. Sur 40, quatre ont été autorisés à se présenter à l’examen, trois ont été reçus, dont votre serviteur. Mais il n’y avait aucune humiliation pour les autres, tout aussi fiers que nous d’aller apprendre un métier d’artisan, d’ouvrier ou de paysan. Aujourd’hui les parents associent le fait de rater sa scolarité à celui de rater sa vie. Et désormais ce qui construit notre identité sociale, c’est le diplôme. Résultat, la « sélection » est extrêmement forte et précoce. Tout cela avec l’aval des parents qui surinvestissent le rôle de l’école ; il suffit de constater combien d’entre eux paniquent à l’idée que l’on puisse assouplir des rythmes scolaires alors que toutes les études sérieuses en ont confirmé le bien-fondé.

Justement, si vous occupiez pendant quelques heures le fauteuil de ministre de l’Éducation nationale, quelle(s) décisions(s) prendriez-vous ?

Celle de fuir ce poste à toutes jambes ! (rires). L’enjeu est si grand, l’institution si lourde à manœuvrer qu’elle me semble impossible à réformer. Nous serions toutefois bien inspirés de prendre exemple sur les pays nordiques. Comme eux, il nous faudrait nous intéresser à la sécurisation des tout petits, retarder leur entrée à l’école, ne pas attribuer de notes en primaire, raccourcir la durée des cours, confier des activités éducatives à des tiers issus du monde de la culture ou du sport, etc. Dans les pays d’Europe du Nord, on recense 1% d’illettrés ; ils sont plus 10% en France. Chez eux le nombre de suicides d’adolescents a diminué de 40% en 10 ans ; chez nous c’est un fléau.

Il ne faut jamais oublier que l’intelligence est incroyablement plastique, qu’un mauvais élève peut devenir bon en l’espace de quelques mois quand il est dans un milieu sécure. Or, plus un système est rigide – et le nôtre l’est – moins il tient compte de cette plasticité de l’intelligenc

Olivier Van Caemerbèke

http://www.vousnousils.fr/2015/06/08/boris-cyrulnik-peu-denseignants-ont-conscience-de-leur-impact-affectif-sur-les-enfants-570393

Colloque EIP95 mercredi 6 Avril 2016

J’aurais le plaisir d’animer un atelier, avec Magalie Durand, sur les troubles logico-mathématiques et les difficultés d’organisation… Il reste quelques places !

Pour vous inscrire Potential Dys

 

Potentialdys« L’EIP, un élève à haut potentiel de décrochage »

Il s’agit de la seconde rencontre interactive du Val d’Oise organisée par Marie Pierre Bidal, psychologue clinicienne, enseignante et formatrice .

L’association PotentialDys  organise avec le concours de l’AFEP, l’APEP, …., l’établissement St Didier, un colloque EIP95 sur le thème de l’accueil scolaire des EIP multi-dys. Cet événement de partage des savoirs et savoir-faire entre accompagnants de l’enfant (chercheurs, enseignants, soignants mais aussi parents) se déroulera cette année au sein d’un groupement d’établissements de l’enseignement privé sous contrat sur le site de Bury-Rosaire. La mise à disposition d’un amphithéâtre de 350 places et d’une dizaine de salles de classe permettra que le mercredi 6 avril soit une journée de grands partages des savoirs et savoir-faire spécifiques.  Plus de 20 ateliers seront proposés pour permettre à chacun de s’inscrire dans la thématique qui l’intéresse.  Les participants pourront bénéficier d’interventions expertes ciblées et d’échanges facilités par le petit effectif de chaque atelier (30 personnes). Tous les intervenants offrent leur contribution comme l’an dernier à l’ESPE de Cergy mais ils seront plus du double à offrir des prestations de qualité (abords originaux, spécialisés, novateurs, pragmatiques, scientifiques …).

Comment reconnaitre un enfant précoce et l’aider en cas de besoin

En France, près d’1/2 million d’enfants âgés de 6 à 16 ans sont considérés comme précoces, c’est à dire surdoués et à haut potentiel. Nombre d’entre eux sont pourtant en échec scolaire

Annie Reithmann, Philosophe, vice-présidente de l’AEHPI (Association pour les enfants à haut potentiel) et directrice d’IPECOM Paris, un lycée qui accueille de nombreux enfants précoces, nous explique comment on peut les aider.

Maxi : Qu’est ce que l’on entend par enfant précoce ?

Annie Reithmann : C’est d’abord un enfant qui a un QI de plus de 130 testé par un psychologue. Les QI les plus élevés atteignent généralement 150. Mais j’ai déjà rencontré un élève qui avait un QI de 158.

Maxi : Quelles sont concrètement les différences avec les autres enfants ?

Annie Reithmann : ils ont un décalage entre l’intellect, l’affectif et la motricité. Ils veulent aller vite mais la main ne suit pas.

Maxi : Qu’est ce qui doit mettre la puce à l’oreille ?

Annie Reithmann : la dysorthographie, le décalage entre l’intellect et la motricité, les très affectifs, les très curieux. Les précoces osent dire les choses. Ils ont une bonne perception. Ils préfèrent les adultes et ont un langage châtié. Ils ont une curiosité intellectuelle sur des choses qui ne sont pas forcément scolaires. Ils veulent aller au bout des connaissances. Les enfants précoces ont besoin de donner un sens à tout. Ils n’aiment pas les répétitions. Et pourtant les devoirs et l’apprentissage des leçons demandent de répéter, de s’approprier et d’appliquer. Il faut faire et refaire. Or, ils n’aiment pas refaire. Ils pensent qu’une fois suffit. La plupart du temps, ils se sentent aussi exclus.

Maxi : Comment fait-on pour aider ces enfants précoces en souffrance ?

Annie Reithmann : l’effectif réduit, c’est capital. Des profs ouverts aussi. Ces enfants sont très souvent dans la provocation et les profs doivent trouver des pédagogies différentes. Quand ils arrivent, bardés de leur réputation d’élève en échec, notre but est de casser les réactions et de les étonner. Nous passons un contrat avec eux et clarifions des objectifs à atteindre. Des objectifs réalistes et réalisables à court terme, en les impliquant. Nous leur demandons par exemple : Quelle note penses-tu pouvoir obtenir si tu travailles un peu plus ?
Nous devons retravailler la grammaire par le jeu, leur donner des challenges. Ils sont souvent un peu bébés. Alors, on leur donne des bonus. On leur fait faire des jeux entre eux pour qu’il y ait une dynamique. Le théâtre, la culture générale font aussi partie des options. Le théâtre aide bien souvent des élèves très agités à trouver de la reconnaissance.

Maxi : Est-ce que les écoles dans lesquelles ces élèves en souffrance ont été scolarisés précédemment sont toutes identiques ?

Annie Reithmann : non. Il y a ceux qui viennent d’écoles extrêmement rigides et ceux qui viennent d’écoles qui laissent faire dans des classes surchargées. Or l’écoute, c’est important. Offrir un cadre sécurisant, positif est essentiel pour ces jeunes-là.

Maxi : Quelles sont les plus grosses difficultés qu’ils rencontrent ?

Annie Reithmann : les raisons de l’échec scolaire sont nombreuses mais le principal écueil est l’absence de concentration. Ils voient les choses globalement et confondent comprendre et apprendre. Ils trouvent l’idée mais ne veulent pas la développer. Il faut leur donner des rituels d’apprentissage, les obliger à bien rédiger…avoir une attitude de travail. Les enfants précoces sont souvent en échec scolaire après le collège, alors même qu’ils comprennent bien plus vite que les autres enfants ; qu’ils ont très envie d’apprendre ; qu’ils enregistrent tout grâce à leur excellente mémoire car jusqu’à la 3ème, c’est facile, ils ont tout dans la tête. Après, c’est différent. Il y a beaucoup de règles, de leçons à apprendre par coeur. Même si l’enfant est précoce et brillant, il doit accepter de répéter, d’apprendre par coeur. Il doit accepter la rigueur, la norme comme une nécessité. Et donc se concentrer. Ce qui est difficile. Sauf lorsqu’ils aiment : la vidéo par exemple ou les dinosaures ! Là, ils peuvent passer des heures sans bouger.

Maxi : Au bout de combien de temps, les premiers effets de vos méthodes se font-ils sentir ?

Annie Reithmann : cela dépend de l’élève mais nous nous donnons 1 an. Nous faisons des bilans régulièrement. Et progressons étape, par étape. Nous essayons de donner du sens à nos actions, au savoir. On essaye d’établir un vrai dialogue, sans jugement, sans étiquette. On les valorise et leur montre qu’ils peuvent avoir confiance en nous. On doit les aider à être autonomes et les obliger à s’adapter aux règles classiques.

Maxi : Y a t-il plus de filles que de garçons précoces ?

Annie Reithmann : les enfants précoces sont plus souvent des garçons que des filles ; mais ce n’est pas une théorie. Une fille apprend plus vite la contrainte des règles. Un garçon est moins soumis aux obligations et règles familiales. En revanche, lorsque nous recevons une élève précoce, elle est souvent plus dure encore qu’un garçon en terme de violence et de provocation.

Maxi : Repère-t-on facilement un enfant précoce ?

Annie Reithmann : non. il y a  des enfants précoces que l’on ne voit pas. Parfois, ils s’ennuient et cela se traduit par de l’agitation ou du rêve. Mais ils peuvent passer dans la classe supérieure ou redoubler sans que personne ne se rende compte de leur décalage.

 Annie REITHMANN a écrit des ouvrages (Méthode de travail, Réussir au collège, Editions Creaxion, Méthode de travail, Réussir au lycée, Editions Creaxion), elle a été directeur de collection de livres chez Studyrama et a animé de nombreux colloques sur la précocité et les difficultés scolaires.

http://www.maxi-mag.fr/famille/ados/comment-reconnaitre-un-enfant-precoce-et-laider-en-cas-de-besoin.html

Surdoués mais vulnérables: le mal-être des adultes « zèbres »

Angoisses, dépression: les adultes surdoués et non repérés peuvent être en grande souffrance
Angoisses, dépression: les adultes surdoués et non repérés peuvent être en grande souffrance
Photo: Shutterstock

(AFP) – Hypersensibles, leur cerveau est un bolide et leur QI frôle les sommets. Un atout mais aussi une souffrance pour certains « zèbres », des adultes à haut potentiel intellectuel qui, à l’instar d’enfants surdoués, pâtissent de leur différence et d’un sentiment de décalage avec la société.

Une partie d’entre eux, impossible à dénombrer en l’absence d’étude épidémiologique, souffre « d’une manière terrible, avec à la clé des échecs successifs à tous les niveaux de leur existence, en particulier professionnel », assure Bruno Choux, 59 ans, coordinateur pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur de la jeune association Zebr’Adultes.

Des parcours chaotiques

« J’en peux plus de voir autour de moi des dizaines de personnes qui sont testées zèbres et qui se retrouvent à 30 ans, 40 ans, 50 ans, au Smic, dans des parcours professionnels où ils n’avancent pas », insiste cet architecte, qui a découvert sa douance (surefficience intellectuelle, ndlr) sur le tard et à qui on a souvent conseillé, dans sa jeunesse, de laisser tomber les études après quatre redoublements.

Des parcours chaotiques évoqués aussi lors d’un récent colloque à Vitré (Ille-et-Vilaine), où une psychologue intervenant auprès de chômeurs en difficulté confiait repérer parmi eux « pas mal de zèbres, pas la majorité, mais beaucoup ». « Et ils tombent de l’arbre quand je leur en parle! », poursuivait-elle.

Et pour cause, car le profil des adultes surdoués ne colle pas vraiment avec le mythe du génie, brillant et sans soucis.

Connexions ultra-rapides

Dotés d’un quotient intellectuel très élevé, d’au moins 130 quand la moyenne est de 100, les adultes surdoués possèdent surtout, dès la naissance, un fonctionnement cérébral atypique.

Une manière de penser réunissant à la fois des caractéristiques intellectuelles et psychoaffectives, explique Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne spécialiste des surdoués, à l’origine de la création de Zebr’adultes.

Autrement dit, leur grande puissance intellectuelle, due à des connexions neuronales ultra-rapides, est indissociable d’une grande sensibilité, source de vulnérabilité, qui les conduit parfois à vivre une broutille comme un « cataclysme ».

Une sensation d’isolement et de décalage

Cette mécanique particulière – attestée par les neurosciences et qui explique aussi leur pensée « en arborescence », très foisonnante mais difficile à faire partager – « peut donner énormément de force, des leaders incroyables capables de mobiliser les autres et, en même temps, crée souvent une sensation de solitude, d’isolement, de décalage », précise la psychologue.

Un mal-être qui va « de la personne qui se sent toujours un peu angoissée, déprimée, jusqu’à des dépressions sévères, des hospitalisations pour des tentatives de suicide, des burn-out, des troubles anxieux généralisés majeurs, une incapacité à s’insérer dans le milieu professionnel », témoigne Jeanne Siaud-Facchin.

« On épuise tout le monde, on se met en marge »

« Le monde du travail est souvent très difficile » pour les adultes surdoués, reconnaît Muriel Lussignol, présidente de Zebr’adultes, créée en janvier dernier et qui regroupe plus d’une centaine d’adhérents, de « l’étudiant à des mamies de 70-80 ans ».

Ils y « souffrent d’un manque de reconnaissance, ne comprennent pas pourquoi ils sont laissés de côté, pourquoi leurs idées ne sont pas exploitées, pourquoi on ne s’appuie pas sur eux », détaille-t-elle.

Outre l’ennui « parce qu’ils ont dix coups d’avance sur ce qui va se dire » en réunion, ils « peuvent passer pour arrogants quand ils expriment leur pensées », poursuit-elle.

« On a des idées atypiques, c’est probablement la force des zèbres mais, au bout d’un moment, on épuise tout le monde, on se met en marge », raconte Bruno Choux, en soulignant également « le manque de confiance en soi chronique ».

Le syndrome de l’imposteur

Et c’est sans compter sur le syndrome de l’imposteur, très fréquent et parfois paralysant chez les adultes surdoués.

« L’alchimie subtile entre une lucidité aiguisée et une sensibilité exacerbée fait que le surdoué doute toujours: il y a une autocritique qui se met en place en permanence, l’impression qu’on n’est pas à sa place et que les autres vont se rendre compte qu’on est beaucoup plus nul » que ce qu’ils pensent, analyse Jeanne Siaud-Facchin.

« Un truc de fou! », confirme Benjamin Tardif, 31 ans, chef d’entreprise et président de l’association de surdoués Mensa France, en se remémorant son début de carrière, dans une société de jeux vidéo: « je me disais toujours: il faut que je m’en aille, ils vont se rendre compte que je suis mauvais », témoigne-t-il. Une fois parti, il sera remplacé par… trois personnes.

Des parents qui se reconnaissent et qui s’effondrent

Un syndrome qu’il parviendra à surmonter notamment grâce au repérage de sa douance à 23 ans, après une première dépression à 6 ans. « Ça a été un boost, je me suis dit que j’avais moins de chances d’échouer qu’un autre donc que je pouvais aller encore plus loin », se félicite-t-il, en précisant ne jamais s’être « senti au-dessus des autres, juste différent ».

Le diagnostic, « parfois douloureux » pour Muriel Lussignol, « est une façon de resituer son histoire, en se réconciliant avec soi-même », estime de son côté Jeanne Siaud-Facchin. Elle s’est notamment intéressée aux adultes à haut potentiel en voyant des parents, venus consulter pour les difficultés scolaires ou comportementales de leur enfant, « s’effondrer » à l’annonce de la douance de celui-ci, se reconnaissant finalement dans son parcours.

« Il y a de plus en plus de choses mises en place pour les enfants surdoués (…) mais pour les adultes, je trouve qu’on est encore très loin du compte », regrette Muriel Lussignol, dont l’association veut alerter les pouvoirs publics sur ce « gâchis énorme de potentiels en France ».

Source

http://www.wort.lu/fr/lifestyle/en-decalage-surdoues-mais-vulnerables-le-mal-etre-des-adultes-zebres-56bd96560da165c55dc52be6

Adulte surdoué : accepter le diagnostic tardif

Quand on apprend à 30, 40, 50 ans ou même plus tard qu’on fait partie des 2,3 % de la population à penser et fonctionner différemment, comment faire face ? Après un test tardif, certains apprennent en effet qu’ils sont surdoués. Comment accepter cette annonce comme une renaissance emplie de possibles et non comme un coup de massue nourri de regrets ? Réponses.

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Les surdoués, qu’on qualifie aussi de précoces intellectuels ou à haut potentiel (HP), ne se réduisent pas qu’à un QI supérieur à la moyenne (qui oscille entre 90 et 110) : ils ont également une structure cérébrale et un raisonnement très différents des autres. Comme le résume si bien Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne, référence de l’engagement en matière de douance en France et auteure de plusieurs ouvrages sur le sujet : « Être surdoué ce n’est pas être quantitativement plus intelligent que les autres mais fonctionner avec une forme d’intelligence qualitativement différente en termes de mécanismes et de processus, c’est l’alchimie entre une intelligence supérieure et une réactivité émotionnelle singulière, une hypersensibilité hyper aiguisée ».

Découvrir sa douance à l’âge adulte

On se pose rarement la question de la douance (le fait d’être surdoué) par hasard. Ainsi, Fanny, 33 ans et mère de 2 enfants, fait part d’un mal-être indéfectible bien qu’inexplicable depuis l’enfance : « Sans vivre dans l’opulence, je n’ai jamais manqué de rien et j’ai toujours été relativement préservée des épreuves difficiles. Malgré ça, je me suis toujours sentie « à part » des gens et j’ai l’impression d’avoir passé ma vie à souffrir intérieurement ». Une vulnérabilité et une solitude propres à de nombreux adultes HP qui pâtissent d’une image très éloignée de l’idée que se fait généralement leur entourage d’eux. Selon Jeanne Siaud-Facchin, « L’image d’Epinal de l’adulte surdoué à la réussite sociale et professionnelle éclatante est tenace. Ce qui est logique puisqu’on se représente déjà l’enfant surdoué comme un élève forcément brillant. Malheureusement pour eux, c’est loin d’être systématique ».

Fanny, bien que rarement appréciée par ses professeurs à cause d’un tempérament « bavard et effronté », a pu compter sur de grandes capacités linguistiques et littéraires pour compenser son « ennui mortel doublé d’un profond désintérêt pour les sciences » et ainsi obtenir tous ses examens du premier coup, souvent avec mention, sans quasiment jamais réviser. Lorsque son premier enfant a eu 4 ans, elle s’est étonnée qu’il sache parfaitement s’exprimer depuis longtemps et presque lire alors qu’il portait encore des couches la nuit et piquait des colères « de bébé » sans raison apparente.

Un paradoxe entre intelligence supérieure et besoins affectifs primaires bien connu des surdoués. Comme le dit si bien Jeanne Siaud-Facchin : « Les Zèbres (surnom affectueux qu’elle a trouvé pour désigner les personnes surdouées) pensent avec leur cœur, pas leur mental ».

Quand consulter un spécialiste ?

Lorsque le doute paralyse, empêche de progresser et d’avancer ou que le besoin de savoir, d’infirmer ou de confirmer, de vérifier, de se rassurer devient impérieux voire obsédant, il est essentiel de se poser des questions. Par ailleurs, dès qu’on ne parvient plus à trouver le sommeil ou à se concentrer au travail après s’être reconnu en tous points dans un témoignage de personne surdouée vu, lu ou entendu dans un média sérieux… bref, dès qu’on souffre de ne pas savoir, tout en étant intimement convaincu, consulter un spécialiste peut être judicieux.

Il n’est jamais trop orgueilleux, ridicule ou superflu de recourir à un psychologue pour cette raison. Jeanne Siaud-Facchin loue même l’immense courage que suppose une telle démarche. D’autant que, quelle que soit la motivation, solliciter aide et conseil n’est jamais anodin et toujours légitime. Attention toutefois dans le choix du professionnel : les surdoués représentent aujourd’hui un véritable « marché » pour certains praticiens peu scrupuleux, qui n’hésitent pas à dispenser des diagnostics hâtifs voire franchement suspects. « Si quelqu’un vous propose de tester votre QI sur internet sans vous avoir jamais rencontré ou vous donne un diagnostic sur la simple base de ce que vous lui racontezet de son ressenti, fuyez ! », met en garde Jeanne Siaud-Facchin.

Le bilan complet permettant de confirmer ou d’écarter le diagnostic de douance se déroule en plusieurs étapes clés : un entretien préliminaire portant sur les symptômes cliniques du consultant, et, si l’analyse de la structure de personnalité de ce dernier l’exige, des tests psychométriques type WAIS-IV (pour la 4ème édition du Wechsler Adult Intelligence Scale ou échelle d’intelligence de Wechsler pour adultes). Quelle qu’en soit l’issue, le compte-rendu final ne doit jamais consister en la simple énonciation d’un résultat chiffré mais doit faire l’objet d’explications approfondies et détaillées.

Pour évoquer le moment du « verdict, tombé comme un couperet », Fanny ne choisit pas ses mots au hasard. Elle raconte le soulagement mêlé à l’intense colère puis les semaines « compliquées » ayant suivi l’annonce du diagnostic.

Comment surmonter le choc ?

Quasi systématiquement après l’annonce, une « relecture » de sa vie s’opère. Elle peut durer plusieurs jours, plusieurs semaines voire plusieurs mois selon les cas. D’où la nécessité d’être bien accompagné. Jeanne Siaud-Facchin ose même la comparaison entre les différentes étapes de la reconstruction avec celles du deuil : sidération, déni, colère… Le tout est de ne pas s’engluer dans son ressentiment (envers ses parents ou ses professeurs qui « auraient dû voir ») et de ne pas ressasser éternellement « ce qui aurait pu être ». Certes, on aurait pu savoir avant. Mais, on aurait aussi pu savoir bien plus tard voire ne jamais savoir !

On peut aussi être tenté de le crier sur tous les toits, pas par vanité mais bien par réel besoin de reconnaissance et d’absolution, comme pour dire : « Vous voyez, j’avais une bonne raison d’être si tatillon, anxieux, impatient… » Toutefois, la psychologue et psychanalyste Monique de Kermadec, également auteure d’ouvrages consacrés à la douance, souligne le risque de s’attirer plus de jalousie et d’inimitié que d’enthousiasme et de compassion : « Si un bon parent se réjouira pour vous, la grande majorité de votre entourage risque plutôt de vous envier ce quelque chose en plus qu’il n’a pas ».

Il y a aussi le risque de tomber dans le « A mon âge, à quoi bon ? ».

Enfin, les adultes HP en proie à un puissant conflit entre vrai self et faux self (la personnalité de façade développée pour mieux s’intégrer) peuvent être tentés de tomber le masque soudainement face aux supérieurs, collègues, beaux-parents… Jeanne Siaud-Facchin met en garde contre cet écueil : « Attention à ne pas vous transformer du jour au lendemain. Pas question d’aller soudainement réclamer une augmentation sous prétexte que vous valez mieux par exemple. Si le but est de renouer avec votre vraie personnalité ou de vous défaire de certaines personnes toxiques (le surdoué étant la proie idéale des personnalités perverses), cela doit se faire progressivement ».

Bien vivre avec sa douance découverte sur le tard

Les adultes HP ou zèbres peuvent être rassurés ! Il est possible d’être surdoué et heureux ! Encore faut-il s’en donner les moyens. Et si vous commenciez par voir les choses du côté positif ? « L’intelligence ? Quelle chance ! L’empathie ? Une compétence ! La créativité ? Le talent des leaders ! », s’enthousiasme Jeanne Siaud-Facchin. Réjouissez-vous : vos rêves sont à portée de main.

Il a fallu de longs mois à Fanny pour se défaire des émotions négatives qui ont suivi le diagnostic : « Je lisais tous livres sur le sujet et passais mon temps à me morfondre, à imaginer ce qu’aurait pu être ma vie si j’avais su plus tôt, à penser que j’aurais été heureuse, que j’aurais fait d’autres choix, que j’aurais peut-être vécu ma vie plutôt que de vivre celle des autres. Il a fallu longtemps pour que je prenne conscience que tout n’était pas perdu et que je pouvais encore redevenir moi-même, m’épanouir et me réaliser pleinement ». Quant à son aîné, il vient lui aussi d’être diagnostiqué surdoué… et le benjamin semble prendre le même chemin !

Anne-Flore Gaspar-Lolliot

Créé le 08 janvier 2016

Sources :

–          Interview de Fanny, le 20 novembre 2015
–          Interview de Jeanne Siaud-Facchin, le 1er décembre 2015
–          Livres de Jeanne Siaud-Facchin parus aux éditions Odile Jacob : Trop intelligent pour être heureux ? L’Adulte Surdoué (2008) et Mais qu’est-ce qui l’empêche de réussir ? (2015)
–          Interview de Monique de Kermadec, le 28 novembre 2015
–          Livre de Monique de Kermadec à paraître aux éditions Albin Michel : L’Adulte surdoué à la conquête du bonheur (sortie janvier 2016)

http://www.doctissimo.fr/psychologie/intelligence/adulte-surdoue-diagnostic

«La question des QI supérieurs est encore taboue en Suisse»

D’après Mark Dettinger, président de Mensa Suisse, la plupart des sociétés suisses ne considèrent pas l’intelligence comme étant aussi importante que la compétence sociale ou l’expérience professionnelle. A tort.

ManagementLa gestion des hauts-potentiels intellectuels (HPI) est plus taboue en Suisse que dans les pays anglo-saxons, d’après Mark Dettinger, président de Mensa Suisse, un club de personnes ayant réussi un score dans les 2% supérieurs d’un test de QI standardisé. Interview.

Bilan : La gestion des hauts-potentiels intellectuels (HPI) est plus délicate dans les sociétés suisses que dans les sociétés anglo-saxonnes. Pouvez-vous commenter?

Mark Dettinger : Il est vrai qu’en Suisse, et en Europe continentale en général, le sujet des HPI est beaucoup moins populaire et plus tabou que dans le monde anglo-saxon. Il y a là deux différences: la première étant que les gens en Suisse ne veulent souvent pas essayer de faire un test de QI, car ils ont peur d’avoir un résultat faible. Il semble que cette peur soit moins répandue en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, peut-être parce que des tests standardisés comme le SAT, qui est similaire à un test de QI, sont plus courants dans les écoles là-bas. Les gens y sont donc habitués.

La deuxième différence, qui est plus importante, c’est que la plupart des sociétés suisses ne considèrent simplement pas l’intelligence comme étant aussi importante que d’autres traits, comme la compétence sociale, l’expérience de travail antérieure ou le fait d’être consciencieux. Malheureusement, c’est une erreur. Alors que les traits mentionnés sont sûrement aussi importants, toutes les études ont essentiellement identifié l’intelligence comme le seul et meilleur indicateur de performance au travail. La compétence sociale occupant en général la deuxième place.

A votre avis, quels sont les meilleurs moyens de gérer les HPI dans les entreprises?

Tout d’abord, les HPI veulent un haut degré d’autonomie et veulent prendre les décisions eux-mêmes. Ils n’aiment pas la bureaucratie et détestent être micro-gérés. Ils adorent aussi apprendre de nouvelles choses – et comme ils apprennent très vite, ils ont souvent besoin d’avoir une nouvelle tâche avec laquelle ils peuvent continuer d’apprendre. La nouvelle tâche devrait être significativement plus complexe et, si possible, différente en nature.

Les HPI sont des généralistes, donc l’exposition à une variété de fonctions est importante. Un programme de rotation, au sein duquel ils peuvent bouger dans la société, entre différentes unités ou pays, et accomplir différentes fonctions à chaque fois, serait excellent.

Enfin, il devrait y avoir un cheminement de carrière rapide. Quand un travail excellent est livré, il devrait être possible d’être promu rapidement, disons en une ou deux années. Les sociétés qui promeuvent après 4 à 6 ans pourraient être trop lentes pour certains HPI. De nombreux HPI peuvent avoir donné le meilleur d’eux-mêmes au cours des trois premières années et, quand aucune promotion ou augmentation de salaire significative ne leur est offerte, concluent que leur travail n’est pas récompensé et passent à une nouvelle société.

Quels sont les principaux défis ou obstacles rencontrés par les membres de Mensa, en relation avec leur vie professionnelle?

Afin d’éviter de créer une fausse impression, je devrais tout d’abord dire qu’environ 85% des membres de Mensa réussissent très bien dans leur travail. Néanmoins, des problèmes dans la vie professionnelle d’un membre, ou de n’importe quel HPI, peuvent arriver. Le problème principal est l’ennui.

Un problème typique que certains HPI ont, c’est que ce sont des généralistes. Or, leur patron les voit comme des spécialistes, ce qui est une erreur. Cela peut arriver, par exemple, si le HPI a «trop bien» réussi une tâche particulièrement difficile. Cela peut mener le patron à penser que c’est sa spécialité. Il lui donne donc des tâches similaires, encore et encore. Le patron est satisfait de l’excellent travail du HPI, mais il ne réalise pas, ou cela lui est égal, que le HPI a d’autres points forts aussi.

Pour le HPI, le travail devient alors une routine, il s’ennuie de la monotonie. Si le HPI le dit à son patron, ce dernier ne comprend pas – « Pourquoi veux-tu faire quelque chose de différent? Ce que tu fais est fantastique! Tu es notre meilleur expert pour ce travail!». Comme le HPI continue de se sentir sous-stimulé, il perd son intérêt pour son travail et dirige toute son énergie mentale inutilisée dans ses hobbies. Si la situation ne s’améliore pas, il peut changer de travail, recommencer à étudier ou fonder sa propre société.

http://www.bilan.ch/entreprises-plus-de-redaction/comment-gerer-qi-superieurs-entreprise

Haut potentiel: ces esprits décalés qui boostent la société

Les personnes à haut potentiel ont un cerveau qui fonctionne à plein régime, une sensibilité exacerbée, et une impression de vivre perpétuellement en marge. Et si cette différence nourrissait la société de demain ?

Le cerveau d’un HP est en ébullition permanente. Les IRM effectuées sur ces personnes confirment cette forte activité, avec une multitude de connexions neuronales qui se traduisent par une pensée en arborescence : une idée en entraînant une autre, puis une autre… Alors que chez les non-HP, seule une zone spécifique du cerveau s’anime par fonction, par exemple celle du langage pour traiter une information.

Chez le surdoué, penser, c’est vivre. Il n’a pas le choix. Il ne peut arrêter cette pensée puissante, incessante qui, sans relâche, scrute, analyse, intègre, associe, anticipe, imagine, met en perspective… Aucune pause. Jamais. Alors, il pense sur tout, tout le temps, intensément. Avec tous ses sens en alerte, explique la psychologue et auteur de livres sur le sujet, Jeanne Siaud-Facchin (1). C’est un petit vélo qui tourne sans cesse dans la tête. J’ai toujours vécu à cent à l’heure, en utilisant ce petit vélo au maximum, ce qui m’a permis de créer mon école, confirme Véronique Meunier, 49 ans, qui a réussi à réaliser ses rêves malgré les critiques dont elle a fait l’objet. Il y a vingt ans, elle a donc créé Les Ateliers de la Chaise Musicale, une école de musique bruxelloise, caractérisée par sa pédagogie différente, davantage axée sur des activités ludiques et créatives que sur un apprentissage basé sur la compétition. L’école proposant aussi un éveil musical dès l’âge de 7 mois. On me disait qu’un bébé n’en avait rien à faire de la musique, que je faisais cela pour l’argent, que c’était délirant. Et moi, j’étais convaincue qu’il s’agissait d’un moyen de renforcer les liens parents-enfants et d’un bénéfice à apporter aux petits.

Penser sur le mode Wikipédia

Cette arborescence de la pensée, c’est comme Wikipédia, explique encore la directrice de la Chaise Musicale. Je consulte le site pour comprendre un mot ou un événement, comme le krach boursier, et je me retrouve dans le fin fond de l’Australie dans les années 60, sans savoir comment j’y suis arrivée. Ce sont des hyperliens sur tout et c’est comme ça dans ma tête également. La comparaison avec la plateforme de cette encyclopédie participative en ligne est édifiante. Les cerveaux des HP tournent non seulement à plein régime, mais ils créent aussi une multitude de liens entre les choses, que d’autres ne perçoivent pas forcément. Avec une difficulté qui consiste quelquefois à expliquer aux non-HP ce qu’ils perçoivent comme évident. Côté bonus, il s’agit d’un moteur qui leur permet d’être extrêmement créatifs, innovants et de se surpasser. Quel est le bénéfice de cette différence ? Une capacité à pouvoir travailler plus vite et facilement sur différents sujets à la fois. Cela me permet de produire plus au niveau professionnel. Mais je suis aussi très attentif à des détails que d’autres ne perçoivent pas forcément, avec une capacité à m’émerveiller facilement et un besoin de trouver sans cesse de nouvelles idées. J’ai tendance à un peu charger la barque pour ne pas m’ennuyer, explique Serge Ruyssinck, 48 ans, qui cumule son job de réalisateur à la RTBF à la gestion d’événements pour la chaîne et à des prestations pour Eurosport, à Paris.

Une sensibilité accrue

Il y a quelques années, Serge Ruyssinck a poussé la porte d’un centre d’évaluation des personnes à haut potentiel, parce qu’il se rendait compte de sa mauvaise gestion émotionnelle, particulièrement dans sa vie privée. Guère étonnant : l’hypersensibilité est l’une des caractéristiques de cette différence. Avant, je me laissais submerger par mes émotions. Je n’acceptais pas que les autres soient moins rapides que moi, cela m’irritait lorsqu’on ne comprenait pas vite ce que je racontais, confie le réalisateur, qui estime s’être “ assagi ” en saisissant mieux les différences comportementales et émotionnelles propres aux HP. Aujourd’hui, son sens de l’empathie lui permet d’être à l’écoute de ses collaborateurs au niveau professionnel, mais aussi dans ses relations amicales. Un atout, selon lui. Mais pour en arriver là, il faut parfois avoir fait du chemin. J’étais quelqu’un de très empathique, une éponge à émotions, je ressentais la souffrance d’autrui, même s’il ne l’exprimait pas, explique de son côté Véronique Meunier, révélée HP dans la foulée d’une demande de diagnostic pour son petit garçon. Depuis que j’ai pris conscience que cette sensibilité fait partie des spécificités des HP, j’ai réussi à développer des mécanismes de protection et ça, c’est extraordinaire, car je prends moins sur moi, avoue-t-elle.

Précurseurs du monde de demain ?

En dehors des politiciens ou artistes en tout genre, que deviennent les HP à l’âge adulte et qu’apportent-ils de différent à la société ? Tout dépend de l’âge de leur diagnostic. Lorsqu’ils prennent conscience de leur altérité cognitive et qu’ils l’acceptent, ils passent généralement par une phase de reconstruction de leur personnalité et réalisent alors de grandes choses dans leur domaine de prédilection. La révélation de leur douance joue souvent un rôle de catalyseur identitaire, ce qui leur permet d’avancer et d’entreprendre. Une personne à haut potentiel qui assume sa différence va être à l’avant-garde de la création, de la recherche, de l’innovation et des idées. Pour être créatif, donc ne pas refaire systématiquement tout ce que les autres font, il faut être un peu rebelle et avoir un sens critique fort développé, ne pas croire tout ce que l’on nous dit. Le monde avance grâce à ces personnes aux idées hors du commun, qui voient des problèmes là où les autres n’en voient pas et qui imaginent des solutions. Les HP sont des gens qui veulent faire avancer le monde ou, au minimum, apporter leur pierre à l’édifice, y compris dans les domaines les plus anonymes. Mais ne nous cachons pas : il y a des “ nids à HP ”, notamment dans les milieux artistiques et médiatiques. La plupart des gens connus le sont, explique Thierry Biren.

QI élevé et HP, quelle différence ?

Les HP sont-ils des surdoués ? Ont-ils tous un QI plus élevé que la moyenne ? Selon le coach de l’association Douance, toutes les personnes dont le QI dépasse le score de 128 sont HP. Mais ce ne serait pas la caractéristique la plus importante à prendre en considération, car ce test d’intelligence très classique a été créé il y a un siècle pour servir de référence en la matière. Il peut s’avérer réducteur et finalement laisser passer des HP entre les mailles du filet normatif. Une personne qui aurait 125 de QI sera par exemple exclue du diagnostic classique, alors que ces quelques points de différence ont quelque chose d’artificiel, puisqu’il s’agit d’une échelle établie au siècle dernier !, explique le coach. Cela ne signifie pas que cette personne n’est pas HP. C’est pourquoi je préfère utiliser les tests qualitatifs pour établir mon diagnostic.

L’image que l’on se fait du surdoué à lunettes qui réussit ses études haut la main ne correspondrait finalement qu’à un tiers des HP. Ce sont généralement ceux qui sollicitent davantage leur cerveau gauche, axé sur le langage, le raisonnement et l’analyse, alors que le cerveau droit (que deux tiers des HP sollicitent en premier) est associé aux émotions, à l’intuition et à la créativité. La personne über-intelligente et efficace serait, en revanche, celle qui mobilise autant son hémisphère droit que le gauche avec, dans un premier temps, le débridement de la créativité qui s’enclenche, puis dans un second temps, la capacité d’exécuter point par point qu’elle a imaginé. C’est pour cela qu’il y a des juristes au Parlement qui font passer les propositions de lois imaginées par des politiciens dix ans auparavant !, commente Thierry Biren. Dans la pratique, la plupart des femmes et hommes politiques sont HP, d’où les débats houleux qui les opposent, car ils ont forcément des idées différentes qu’ils veulent défendre. Par rapport à cette guéguerre sur la place à accorder aux tests de QI, la psychologue Jeanne Siaud-Facchin précise que l’on confond souvent l’intelligence et la performance, les compétences et la réussite, ainsi que le potentiel et l’efficacité intellectuelle. Alors que selon elle, être HP équivaut avant tout à un comportement psychoaffectif particulier et à une intelligence différente des autres.

La vie en décalé

Beaucoup de HP vous le diront : ils se sont toujours sentis en décalage par rapport aux autres, ce qui n’est pas forcément facile à vivre. Du coup, certains ont développé un “ faux-self ”, c’est-à-dire une adaptation de leur identité profonde pour se fondre dans la masse. Un effet caméléon, inhibiteur de leur douance et souvent mal vécu… J’étais en décalage permanent avec tout le monde et la société. Pour moi, haut potentiel rimait avec hautement perturbée ! Une impression d’être “ trop ” dans tout et que les choses n’étaient jamais simples avec moi. J’avais la volonté de ne pas rentrer dans le rang, de ne pas rester prof dans le secondaire ou à l’académie, de ne pas obéir à des programmes qui ne me plaisaient pas, de pouvoir les créer moi-même. Je n’étais pas consciente que je faisais cela parce que suis HP, mais je savais que je voulais faire les choses autrement, explique Véronique Meunier. Des années plus tard, son école ne désemplit pas. Elle avait vu juste ! Et comme un zeste d’utopie ne fait jamais de mal, on peut se demander si le monde actuel ne serait pas en train de fonctionner un peu plus qu’auparavant selon des caractéristiques propres à l’hémisphère droit de notre cerveau, qui se traduisent actuellement par une envie croissante de changement sociétal, une dissémination de pratiques faisant appel à l’intelligence collective et à une débrouille créative ? Certainement !, atteste Thierry Biren. J’irais même plus loin en rappelant que nous vivons dans un monde de plus en plus visuel, grâce aux nouveaux médias. On fait donc aujourd’hui davantage appel à des parties de notre intelligence que nous possédions déjà, mais qui n’étaient pas autant sollicitées auparavant. Seul petit bémol : cette évolution n’est pas assez rapide pour ceux qui doivent encore s’adapter à un monde dont la logique de fonctionnement reste malgré tout celle de l’hémisphère gauche, de l’organisation et de la rationalité efficace… Une question de temps ?

(1) Auteure de plusieurs livres sur la douance, dont “ Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué ”, éd. Odile Jacob, 2012, 320 p., 23,20 €.

Par Lucie Lavigne. Illustrations Caät Fradier.

Source : http://mobile.lesoir.be/735685/article/victoire/2014-12-16/haut-potentiel-ces-esprits-decales-qui-boostent-societe

Zèbre… Deviens le héros/l’héroïne de ta vie !

Deviens qui tu esUn cycle d’ateliers destiné aux adolescents et jeunes adultes surdoué(e)s, atypiques, zèbres.

7 ateliers pour se construire, se renforcer, se développer…. Et grandir en harmonie avec soi et son environnement.

Cycle d’ateliers pour adolescents et jeunes adultes 

Pour Qui ?
Adolescents et jeunes adultes (15-25 ans) : surdoué, atypique, surefficient intellectuel, dyssynchrone, haut potentiel intellectuel, neuro-droitier, PESM… ou Zèbre.
Pourquoi en groupe ?
Le groupe est une mini société, où chaque participant apporte sa façon d’être, ses modes relationnels et son rapport au monde.
Les animatrices mettent en place un climat psychologique bienveillant qui favorise l’expression, l’expérimentation et les apprentissages.
Le collectif décuple les interactions et favorise la prise de conscience de nos modes de fonctionnement.
 

7 ateliers pour se construire, se renforcer, se développer…. Et grandir en harmonie avec soi et son environnement.

Quels Thèmes par atelier ?
o Les émotionsTeteCorpsCoeur
o Le corps
o L’identité
o La relation
o La confiance en soi
o La motivation
o Ancrage et assimilation
Pour quels objectifs ?
o Apprendre à mieux connaître qui je suis et comment je fonctionne avec les autres
o Identifier mes points d’appuis et trouver ma place dans le monde
o Apprendre à prendre soin de moi et préserver l’équilibre
o Devenir autonome dans ma réussite

L’intention de ce cycle d’ateliers est de partager notre expérience et d’accompagner la transformation dans la légèreté et l’humour malgré le sérieux des problèmes abordés.

Nos bases d’intervention
La Gestalt-thérapie est une approche thérapeutique utilisée en relation d’aide, psychothérapie et coaching. Elle permet de « donner forme » à ce qui se passe en nous, d’identifier et de modifier la façon dont nous sommes en relation avec nous-mêmes et avec notre environnement. Elle envisage la santé dans une perspective globale où corps et psyché sont simultanément pris en compte.
Qui sommes-nous ?
Isabelle Thomas  contact.ithak@gmail.com
Marie-Christine Cornou  contact@zebreandco.com
2 zèbres gestalt praticiennes/coachs
Intervenantes en entreprises/écoles et, en accompagnement individuel
Quand ? Ou ? Combien ?
A partir de Mars 2016 en week-end
Un atelier toutes les 2 semaines
Deux sites : Paris et Houdan
700 euros pour le cycle complet
10% de réduction si inscription avant le 20/02/2016

Pour en savoir plus, contactez contact@zebreandco.com
 Téléchargez la présentation  Flyer Ateliers Zebre