Les réflexes primitifs, un nouveau regard sur les troubles d’apprentissage

PSYCHO – Votre enfant rencontre-t-il des difficultés pour se concentrer? A t-il du mal en lecture, en écriture? A-t-il un seuil de tolérance au stress particulièrement bas? Est-il parfois gêné par les bruits de fond ou au contraire, préfère-t-il travailler en musique, en mâchant un chewing-gum, en bougeant, en s’asseyant sur une jambe repliée? Aime-t-il se balancer sur sa chaise? Est-il hypersensible? Est-il gêné par les étiquettes de ses vêtements? A-t-il mis du temps pour acquérir la propreté? Un imprévu dans l’emploi du temps lui est-il insupportable? Adopte-t-il une posture avachie sur son bureau? A-t-il mis du temps à apprendre à faire du vélo, ou à nager correctement?

Je vous propose de découvrir l’importance du mouvement, et à quel point un manque de stimulations proprioceptives, tactiles ou vestibulaires pendant les premières années de vie d’un bébé, peuvent amener en grandissant l’enfant qu’il sera devenu à avoir des difficultés d’apprentissage quel qu’il soit.

http://www.huffingtonpost.fr/carole-bloch/reflexes-primitifs-troubles-apprentissage_b_8540706.html

Les mots qui blessent tous les enfants, qu’ils soient ou non doués

Chronique de ,
Psychologue

Le parcours de tout enfant est parsemé de chocs plus ou moins profonds, mais ils risquent d’entraîner des répercussions plus secrètes et plus lointaines chez les enfants doués, hypersensibles et imaginatifs.

Ces chocs peuvent être provoqués tout simplement par une phrase qui leur sera apparue comme un jugement définitif énoncé par une autorité difficile à contester : ainsi, animés par  un grand souci pédagogique, les parents pensent qu’une critique forcément constructive permet à leur enfant de s’endurcir et de se forger des armes plus efficaces pour affronter les vicissitudes de la vie. En réalité, la phrase à visée pédagogique leur renvoie d’eux une image qu’ils s’imaginent figée dans ses faiblesses  et qu’il serait donc sans doute vain de tenter de combattre, ils auraient plutôt tendance à se répéter cette phrase en y voyant une définition d’eux-mêmes dont ils devraient s’accommoder. Pourtant, généralement, les parents préfèrent féliciter leur enfant pour ses réussites, ses progrès, et pour toutes ses qualités qui les enchantent, mais cet enfant encore incertain entend ces paroles bienfaisantes et les relativise aussitôt, puisqu’elles viennent de leurs parents aimants, sans doute aveuglés par leur amour. Une critique, même noyée au milieu de toutes ces paroles douces, paraît alors d’autant plus forte.
Bien entendu, il n’est pas question de se garder de toute critique au prétexte que son cœur sensible en serait tout écorché, il faut simplement rester attentif : cette critique ne doit pas revêtir un aspect définitif, elle s’assortit de conseils pour dépasser la maladresse qui l’a provoquée, elle se transforme en guide.
Plus qu’à tout autre, on ne répétera jamais assez aux enfants doués que « personne n’est parfait » et on ne se privera pas de ressasser cet axiome, y compris en anglais pour varier.
Ce peut-être, aussi, à un âge où on n’aurait pas l’idée de contester cette parole toute puissante, une maîtresse péremptoire affirmant par exemple « tu ne comprendras jamais rien aux maths » et, de fait, l’enfant ainsi défini ne cherche même plus à résoudre un problème, donnant pour justification qu’il est « nul en maths » et que ce n’est même pas la peine de tenter de les lui expliquer. Il préfère encore citer cette maîtresse si sûre d’elle et éviter le ridicule de paraître demeuré en essayant maladroitement et vainement  de résoudre un problème que tous les autres enfants auront réussi sans la moindre difficulté.
Il ne faut jamais oublier qu’il est plus difficile pour les personnes douées de se former d’elles-mêmes une image claire et fidèle à la réalité, aussi elles auraient, plus encore que d’autres, tendance à admettre comme irréfutable une définition émanant d’une « autorité ».  Un enfant doué entend tellement de définitions contradictoires à son sujet qu’il lui est pratiquement impossible de s’y retrouver et sa nature perfectionniste et inquiète le pousse à retenir surtout les plus défavorables ; c’est à peine s’il entend les  plus flatteuses, du moins ne les retient-il pas, même si elles lui ont causé un grand plaisir sur le moment. Il les a répétées à ses parents, heureux de leur faire ce  cadeau, comme on offre un bouquet de fleurs aux personnes qu’on aime. Ensuite, un peu ragaillardi, il repart au combat, ne doutant pas une seconde qu’un piège déjà tendu ne manquera pas de le dérouter, marquant peut-être les limites de ses possibilités. C’est alors que des critiques bien ciblées dissiperont ses illusions, effaçant les paroles qui lui avaient permis de goûter un moment heureux.
On voit des adultes qui avouent avec une souffrance manifeste un manque qui les aurait touchés dès le début et qu’ils vivent comme un véritable handicap alors qu’il aurait pu être facilement combattu, par exemple, des dyslexiques légers massacrés par une méthode de lecture qui ne leur convenait pas, des enfants tellement rêveurs et décalés dans leurs réactions  qu’on leur renvoyait l’image d’un élève peut-être un peu simplet, dont les fulgurances, de plus en plus rares, échappaient à la perspicacité des adultes qui s’occupaient d’eux.
Les caractéristiques dont on les affuble, le plus souvent utilisées pour masquer la perplexité qu’ils suscitent, laissent malgré tout une empreinte difficile à effacer : il suffit alors d’un simple rappel provoqué par une association d’idées, ou bien par une personne ressemblant à la maîtresse catégorique dans ses critiques, et leur image amoindrie s’impose aussitôt à leur esprit. On a dit qu’ils n’étaient « pas scolaires » et surtout qu’ils « manquaient de maturité ». Dès lors, ils savent qu’ils sont moins bien armés que leurs camarades pour suivre un parcours scolaire aisé.
De surcroît, leur stupide façon de ne pas saisir l’implicite fait parfois d’eux la risée de la classe. Ils n’ont pas su appliquer une consigne simple, ils se sont lancés dans des complications sans nom, effarés par leur impuissance à trouver une réponse, évidente pour tous les autres.
Quand ils souffrent de s’être ainsi fourvoyés, ils sont bien obligés de considérer les critiques comme absolument véridiques, donnant d’eux une définition fidèle, impossible à contester : ils ne sont ni mûrs, ni scolaires, ils en fournissent eux-mêmes la preuve…
Toutefois, quand ils entendent d’eux-mêmes une définition d’une incontestable justesse, où ils reconnaissent aussitôt un parfait reflet de leur nature propre, ils conservent soigneusement ces paroles précieuses, elles leur viendront en aide quand ils  traverseront des orages particulièrement tumultueux.
Par bonheur, leur vitalité et leur incommensurable énergie leur permettent de se retrouver eux-mêmes et de se réconcilier avec leur image : ils ont su, en rêve,  se réfugier à temps dans des univers  vastes et joyeux, où ils pouvaient évoluer avec la grâce et la force qui leur sont propres. Leur imagination ne leur fait plus entrevoir le pire, mais bien plutôt les routes chatoyantes qu’ils pourront enfin découvrir grâce aux savoirs qu’ils auront tout de même réussi à acquérir en dépit de leurs piètres dispositions. Ils ne peuvent pas le savoir, mais ces routes tellement attrayantes sont surtout ouvertes aux enfants « peu scolaires » et « immatures ». Ils possèdent toutes les qualités nécessaires pour les explorer, en découvrir les richesses et tenter de les révéler au plus grand nombre, même s’il s’agit parfois d’une tâche épuisante, interminable, qui pourrait sembler apparemment stérile ou inutile, mais source de joies infinies pour ceux qui les empruntent.

La difficulté d’écriture des enfants au QI élevé


L’étude menée par l’Association pour
la recherche et le développement psychomoteur a montré que c’est un décalage
entre les fonctions moteurs et le développement psychique qui est à l’origine
de ces décalages. « Ce sont des enfants qui ont des profils marqués par
une dysharmonie de développement, par des décalages entre des grandes capacités
à comprendre, à raisonner, mais qui dans la réalisation pratique agissent comme
des enfants plus jeunes
« , explique Alexandrine
Saint-Cast, directrice de l’association.

L’écriture étant le geste le
plus complexe ces enfants vont forcément être en difficulté. Pour apprendre à
écrire il faut savoir bien contrôler ses gestes, bien s’organiser dans l’espace
et dans le temps, bien se positionner par rapport à son corps. « Or chez
les enfants à haute capacité d’apprentissage scolaire, on retrouve très
fréquemment des difficultés à contrôler ces gestes.
 »

Le traitement des ces troubles
dépend du type de problèmes rencontrés, mais surtout de l’enfant et de son âge.
Petit à petit les médecins donnent des conseils à l’enfant qui vont lui
permettre de s’organiser, de prendre conscience de son corps. « On va
infléchir sa manière de faire, lui donner des indices pour qu’il modifie sa
manière d’agir et change son expérience dans les situations.
 »

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Enfants précoces et surdoués: on va enfin savoir…

Entamée il y a un an, une étude clinique inédite menée à Lyon va enfin permettre de mieux comprendre le fonctionnement cérébral des enfants précoces ou à haut potentiel (HP). Une problématique qui concerne près de 3% de la population en France.

Les médecins lyonnais s'intéressent au cerveau de nos jeunes surdoués

On les qualifiaient autrefois de précoces, voire de surdoués. Ils sont aujourd’hui considérés comme des enfants à « haut potentiel » (HP). Ces deux initiales concerneraient près de 3% de la population en France. Une statistique suffisante éloquente pour avoir motivé une étude clinique menée à Lyon par le CERMEP – Imagerie du Vivant, le CHU de Lyon et l’Université Lyon 2, étude co-financée – à hauteur de 50 000 euros – par la Fondation Apicil contre la douleur. Une première.

Objectif ? Mieux comprendre le fonctionnement cérébral de ces enfants intellectuellement précoces. Comment ? En réalisant une étude par IRM (Imagerie par résonance magnétique) sur les connexions du cerveau, son anatomie, son fonctionnement, sur un panel de 80 enfants âgés de 8 à 12 ans. Tous ces jeunes patients, sélectionnés par le pédopsychiatre Olivier Revol, ont passé un test de QI afin de les répartir en quatre groupe: les QI « normaux », les QI homogènes, les QI hétérogènes et les enfants souffrant de troubles d’attention.

Le paradoxe des enfants à haut potentiel

« Tous les enfants HP ont des points communs, qu’il s’agisse du sens de l’injustice, de l’hypersensibilité, mais certains ont d’excellents résultats scolaires alors que d’autres sont en échec. Pourquoi ? Tout l’intérêt de cette étude est là, à savoir comprendre le traitement des informations par le cerveau« , précise le docteur Olivier Revol, chef du service de neuropsychiatrie de l’enfant au CHU de Lyon.

Pour y parvenir, les chercheurs ont utilisé sur le panel une technique non invasive, l’Imagerie à résonance magnétique fonctionnelle (1), pour analyser les activités cérébrales, qu’elles soient stimulées ou non. Cette étude a confirmé l’existence de deux profils d’enfants HP mis en évidence par Fanny Nusmaum, psychologue, chercheur en psychologie et neurosciences à l’Université Lyon II : un profil laminaire sans difficulté scolaire et un profil complexe. Le premier profil se traduit par une distribution plutôt homogène des capacités cognitives de l’enfant, avec un comportement adapté à l’environnement. Quand au second profil, il révèle une hétérogénéité des capacités cognitives (dyssynchronie cognitive) et se traduit souvent par un décalage entre la sphère intellectuelle très mature dans certains domaines et la sphère émotionnelle et relationnelle beaucoup plus fragile.

Améliorer l’apprentissage scolaire des enfants précoces

« Cette étude permet de mieux comprendre le fonctionnement cérébral des enfants HP avec la perspective de l’intégrer aux techniques pédagogiques des enseignants, explique Dominic Sappey-Marinier, biphysicien et chef du département IRM au CERMEP à Lyon. Comme les muscles d’un sportif, le cerveau des enfants est extrêmement « plastique » et se développe selon les stimulations de son environnement. Par des techniques adaptées au fonctionnement cérébral et à celui des enfants HP complexes ou laminaires, on pourra améliorer l’apprentissage scolaire. C’est le principe de la  » neuroéducation «  (Ndlr: utiliser les connaissances des neurosciences pour faciliter l’apprentissage, et concevoir des méthodes pédagogiques mieux adaptées au fonctionnement cognitif des enfants) ».

Au-delà de cette possibilité d’adapter la pédagogie au profil de l’enfant, cette étude va aussi permettre une meilleure prise en charge des enfants sur le plan éducatif, psychologique, neuropsychologique et médicamenteux.

Obtenir une cartographie cérébrale de l’enfant précoce

Suite à cette première phase, l’analyse des cartographies cérébrales obtenues chez les enfants à haut potentiel sera comparée à celles des enfants souffrant de troubles de l’attention afin de proposer un nouvel outil d’aide au diagnostic. En effet, on observe souvent un lien significatif entre les enfants souffrant de troubles de l’attention et certains enfants à haut potentiel, notamment les HP complexes: vulnérabilité attentionnelle, troubles psychomoteurs et/ou émotionnels, attitude relationnelle en décalage important avec certaines de leurs aptitudes cognitives…

Débuté au printemps 2014, cette étude inédite devrait s’achever dans un an. Il sera temps, alors, d’exploiter les conclusions de cette exploration approfondie du cerveau pour améliorer l’apprentissage de ces enfants dits précoces.

(1) L’IRM fonctionnelle (IRMf), est une technique d’imagerie par résonance magnétique qui permet de détecter les zones du cerveau activées par une tâche, un processus ou une émotion, ou tout simplement au repos.

A savoir

Le Haut Potentiel (HP) revêt chez l’enfant différentes représentations, du petit savant à l’enfant instable. Conséquence, l’entourage se voit souvent démuni pour le comprendre, le nourrir intellectuellement selon ses besoins et l’aider à s’intégrer, tout en assumant sa différence. Le Haut Potentiel est souvent associé à d’autres troubles, comme la dyslexie ou le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H).

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La surprenante naïveté des enfants doués

On ne cesse d’évoquer, à raison, l’extrême sensibilité des enfants doués : elle leur permet de comprendre ce qui n’est pas dit, de saisir les émotions de leurs proches sans se laisser duper par des paroles apaisantes destinées à les ménager, et pourtant, cette remarquable perspicacité semble disparaître, ou, du moins elle ne leur est plus d’aucune utilité quand ils sont confrontés à la méchanceté pure et à la bêtise.

En fait, ils ne conçoivent pas qu’un être humain, apparemment semblable à eux, puisse être gratuitement méchant, même en cherchant bien, il est impossible de trouver une justification à ses réactions agressives et presque destructrices, si ce n’est le désir, ou le plaisir, de faire du mal.

Cette pulsion leur est tellement étrangère qu’ils ne peuvent la prévoir et ils se sentent désarmés quand ils se retrouvent victimes d’un déchaînement de violence que rien n’a provoqué. Pendant qu’ils sont encore en train de se dire que « ce n’est pas possible et que quelque événement a dû leur échapper », leurs tourmenteurs s’en donnent à cœur joie puisque la route est libre et que rien ne vient entraver leurs amusements.

Pourtant les enfants doués ont tôt pris conscience des dangers du monde extérieur, peuplé d’individus malfaisants. Souvent, quand ils laissent libre cours à leur imagination pour inventer des histoires,  ils évoquent des situations où ce sont  des êtres mauvais qui l’emportent, mais il s’agit là de littérature, ces récits témoignent de leur lucidité concernant le monde extérieur, qui est encore pour eux celui où évoluent les adultes. Ils ont peur pour leurs parents, mais eux-mêmes n’ont pas l’impression d’être en première ligne, ils se sentent protégés, excepté naturellement s’il arrivait malheur à leurs parents. Cette sinistre éventualité se profile dans le lointain, elle est exceptionnellement obsédante.

L’univers enfantin est surtout peuplé de monstres et de sorcières, qui, au final, gagnent rarement, leurs maléfices trouvent leur limite, l’innocence et la pureté finissent par triompher, comme dans les contes qu’ils connaissent par cœur. Dans les classes, il n’y a pas d’épouvantables monstres ni de maléfiques sorcières, du moins parmi leurs camarades, l’école serait donc, en principe, un cadre protégé.

Toutefois,  il peut aussi arriver qu’ils soient terrorisés par des adultes dont ils ont saisi la nocivité sans oser en parler pour éviter de déclencher les cataclysmes dont seraient bien capables ces adultes effrayants s’ils venaient à éprouver une fureur aveugle, mais une telle situation reste rare.

Pour le moment, l’horreur de la violence ne fait pas partie de leur quotidien, leur surprise est totale, peut-être même pensent-ils au début qu’il s’agit là de rites et d’usages qui leur avaient échappé tant ils sont parfois distraits et rêveurs.

Il faut toujours se souvenir que les personnes douées, enfants ou adultes, pensent ignorer un mode d’emploi que les autres connaîtraient tout naturellement. Ces comportements agressifs sans raison en font peut-être partie. En outre, ils sont profondément persuadés que les autres leur ressemblent et ils se savent incapables de faire du mal à quiconque puisqu’ils sont ainsi faits qu’ils seraient les premiers à en souffrir.

Ceux qui assistent, sans vouloir se sentir concernés, à cette sournoise mise à mort se disent, pour justifier  cette violence, que la victime doit avoir sa part de responsabilité : ce serait, chez elle,  une faille au départ. Tranquillisé par cette explication rationnelle, l’adulte qui a tout de même perçu une anomalie, n’est plus horrifié, il laisse la situation dans l’état : ces enfants s’amusent…

Si faille il y a, elle réside dans l’insondable naïveté des enfants doués qui cherchent désespérément une explication logique, quitte à se mettre eux-mêmes en question et qui, par ailleurs ne veulent pas inquiéter leurs parents pour des événements survenant sur un territoire auquel ils n’ont pas accès. Ils craignent même peut-être des représailles de la part de leurs tourmenteurs, maintenant qu’ils savent qu’ils ne comprendront jamais comment fonctionnent ces derniers.

On pourrait s’étonner que des enfants tellement intuitifs ne saisissent pas les mécanismes qui se mettent en place lorsque commencent à s’installer les prémices d’une persécution qui ira en s’amplifiant : ils ne s’attendaient pas à ce que des pairs se transforment soudainement en démons persécuteurs, comme dans les contes anciens : ce serait donc peut-être un sort funeste qui les aurait désignés comme celui qui doit tenir le rôle de victime.  Pour les conforter dans cette explication, ils constatent objectivement que les adultes présents ne leur viennent pas en aide : c’est donc bien que cette situation est normale…

Qu’un tel rapport de forces, tellement choquant, puisse s’instaurer surprendra toujours les personnes extérieures, tandis que les protagonistes semblent ignorer cet aspect anormal, comme s’il leur apparaissait dans l’ordre des choses. Ce serait même cette banalisation absolue qui rendrait la situation longtemps parfaitement acceptable par tous.

Pour l’enfant persécuté, le drame est encore plus tragique puisqu’il se rend compte que ceux qu’il considérait plus ou moins comme des copains se détournent résolument de lui, sans doute par crainte de subir le même sort.   

Il en va de même lorsqu’un adulte, généralement doué d’ailleurs, est pris dans les griffes d’un pervers, que ce soit un supérieur au travail, un amant dans une relation amoureuse ou même parfois un ami qui a su instaurer un rapport de forces fondé sur une sorte de chantage.

La persécution est plus subtile, mais, encore une fois, la personne douée n’a pas imaginé un seul instant que ce chef compétent, cet amoureux attentif ou cet ami chaleureux se transforment peu en peu en monstres froids, impitoyables, destructeurs. Au départ, la relation était normale, on ne pouvait imaginer qu’une personne si proche, si semblable aux autres, puisse subir une transformation aussi radicale sans qu’on l’ait vu s’installer. Chacun d’eux tenait à la perfection son rôle, de quoi abuser complètement la personne douée qui a naïvement cru à la sincérité de celui qui jouait son personnage avec conviction, exactement de la même façon que l’aurait fait sa future victime.

Pour les adultes aussi, la perversité c’est pour les autres, dans les romans, les films, ou les témoignages pitoyables des rescapés qu’on interroge à la télévision ou dans les journaux à grand tirage, puisque le malheur fait vendre. En aucun cas, ils auraient pensé se trouver eux aussi pris dans cet engrenage mortel sans l’avoir pressenti une seule seconde.

Quand on est idéaliste, perfectionniste, soucieux d’harmonie en toutes occasions, épris  de logique et de clarté, il est difficile de concevoir les abîmes de noirceur que recèlent certaines personnes  apparemment tellement humaines.

Enfants ou adultes, ceux qui ont connu de tels passages en enfer en conservent à jamais le souvenir vivace et aigu, mais ils savent aussi se reprendre et poursuivre leur route, appréciant plus que jamais les trésors qu’elle leur réserve et qu’ils feront fructifier avec bonheur.

http://www.journaldesfemmes.com/maman/expert/62174/la-surprenante-naivete-des-enfants-doues.shtml

Enfant précoce, surdoué : faire de sa différence une richesse

Etre un enfant surdoué ou précoce est une particularité que l’on imagine d’emblée comme une chance, un don. Mais pour le concerné, elle peut aussi être synonyme de difficultés et d’incompréhension. Parce que mal connus, les jeunes surdoués doivent parfois affronter un parcours semé d’embûches, tant sur le plan social que scolaire. En les aidant à comprendre qui ils sont et en les accompagnant au quotidien, les parents ont auprès de ces enfants, un rôle crucial à jouer.

Anne-Laure Vaineau

« Les zèbres. » C’est ainsi que Jeanne Siaud-Facchin, psychologue spécialiste des enfants surdoués, aime les appeler. Parce qu’elle les trouve atypiques, uniques, griffés par la vie comme le sont les équidés du même nom, elle a choisi de leur donner un surnom amical. Et de sortir ainsi du débat qui fait rage quant à l’appellation que l’on pourrait leur réserver. En France, c’est la formule « intellectuellement précoce » qui a été retenue. Plus politiquement correcte que le terme surdoué, qui induit un plus, et donc une supériorité. Mais les qualifier de précoces revient à dire que ces enfants seraient simplement en avance et que donc, un jour, ils pourraient être rattrapés par les autres. Ce qui n’est pas le cas. Quant au niveau international, on préfèrera généralement le sigle HP, pour dire Haut Potentiel.

Différent sur le plan intellectuel, mais aussi affectif

Dire qu’un enfant surdoué n’est qu’un enfant plus intelligent que la moyenne et réduire sa différence à un QI supérieur à 130 est la principale idée reçue à laquelle parents et enfants peuvent être confrontés. Car si le QI est un indicateur, il ne compose pas une personnalité. Or, être surdoué est un tout, formé aussi bien par le potentiel intellectuel de l’enfant que par sa personnalité psychoaffective.

Sur le plan intellectuel, l’enfant surdoué se distingue par la forme particulière de son intelligence. « La différence est qualitative, et non quantitative comme on pourrait le penser », souligne Jeanne Siaud-Facchin. Ainsi, alors que l’être humain lambda favorise l’hémisphère gauche de son cerveau, il est scientifiquement prouvé qu’un enfant surdoué utilise de façon privilégiée son cerveau droit, ce qui lui confère une intelligence plus intuitive que raisonnée. On sait aussi que les informations y sont traitées plus rapidement, car elles sont redistribuées dans toutes les zones du cerveau, ce qui se traduit par une réelle hyperactivité neuronale. On pourrait aussi ajouter que sa perception sensorielle est extrêmement performante (sa vue est plus large, son ouïe lui permet d’écouter plusieurs conversations en même temps, son odorat est ultra-sensible…).

Sur le plan affectif, l’enfant surdoué est avant tout un être hypersensible, chez qui les émotions sont exacerbées : son amour, sa colère, sa susceptibilité ou sa peur sont d’une intensité peu commune. Ses sens exaltés lui permettent aussi de ressentir des choses imperceptibles et l’empathie, cette capacité à ressentir les émotions d’autrui, est son sixième sens. Il est particulièrement sensible à la justice, mais surtout à l’injustice qui le révolte. Sa quête de vérité est une nécessité absolue, ce qui en fait un enfant très actuel, en quête de sens, humain et généreux. S’il porte un regard lucide sur son environnement, ses désillusions sont souvent très douloureuses, et ce, même si elles lui servent de moteur pour avancer. Intelligent, sensible, créatif et clairvoyant : l’enfant surdoué, malgré les difficultés, à toutes les cartes en main pour bien grandir et réussir.

Les signes qui mettent la puce à l’oreille

Il est possible, très tôt, de constater certains signes de précocité, notamment dans le développement de l’enfant et ses apprentissages. « Mais attention, avertit la psychologue, il y a des raccourcis à ne pas prendre. Un signe de cette liste ne suffit pas à poser le diagnostic, que seul un bilan complet réalisé chez un psychologue peut confimer. » Et l’inverse aussi est vrai : on ne peut affirmer qu’un enfant surdoué sera absolument conforme à tous les aspects énoncés.

Les signes qui peuvent être constatés dès la petite enfance :

– bébé très tonique
– bébé scrutateur : éveillé et curieux
– bébé petit dormeur, qui peut se contenter de nuits courtes
– enfant qui parle très tôt, ou plus tardivement mais tout de suite de façon correcte
– enfant dont le vocabulaire est rapidement très riche
– enfant qui, une fois entré dans le langage, se met tout de suite à poser beaucoup de questions et commence à s’interroger, bien avant les autres, sur des questions existentielles (sur la vie, la mort, le monde…)
– enfant désireux d’apprendre très jeune à lire et à écrire (seul ou avec l’aide des adultes)

École et surdoués ne font pas toujours bon ménage

C’est parce que les parents ont parfois peur de passer pour des gens prétentieux, de coller très tôt une étiquette à leur enfant, ou simplement parce qu’ils n’ont pas vu chez ce premier bébé les signaux précoces d’alerte, que c’est à l’école que surgissent généralement les premières difficultés. Mais, une fois encore, l’échec scolaire n’a rien de systématique (un tiers des surdoués seulement) et certains enfants parviennent sans aménagement, ni aide spécifique, à réussir et même à briller dans leurs études.

Ainsi, dès la maternelle, un contraste entre les jeunes surdoués et les autres enfants se dessine parfois. En décalage avec les enfants de leur âge, avec qui ils ne se trouvent pas de points communs, les enfants précoces se lient souvent d’amitié avec des enfants beaucoup plus âgés, ou à l’inverse, beaucoup plus jeunes. Certains ne voient pas l’intérêt de ce que la maîtresse leur demande, ou ne décodent pas les implicites de l’école. Résultat : ils répondent à côté de ce qu’on leur demande, voire apportent des réponses beaucoup trop complexes. Ils s’ennuient (notamment pour ceux qui ont déjà appris à lire et/ou à écrire) et s’agitent. C’est le premier moment d’alerte.

En primaire, les surdoués, qui apprennent très vite, ont donc tendance à ne pas travailler. Si certains s’en sortent avec de très bons résultats néanmoins, ce n’est le cas de tous. Les difficultés sociales deviennent de plus en plus pesantes. Les jeunes surdoués ont beaucoup de mal à se lier d’amitié avec leurs camarades. Leur rapport aux adultes et aux enseignants, par qui ils se sentent souvent incompris et rejetés, devient problématique et les enfants passent souvent pour des insolents, des impertinents.

Au collège, il semble que les jeunes surdoués parviennent à composer avec leur intelligence jusqu’en cinquième sans trop d’échec. C’est en quatrième, lorsqu’il devient nécessaire de mettre en œuvre de vraies stratégies d’apprentissage qu’ils n’ont pas acquises jusque-là, que tout s’écroule. Ils ont beau avoir les réponses aux problèmes, ils sont incapables d’expliquer comment et de développer leur réponse, ce que leur demande les professeurs. C’est là que les décrochages les plus spectaculaires sont observés. Avec certains ados surdoués qui vont alors se mettre à faire les imbéciles pour se sentir exister et d’autres qui vont sérieusement se déprimer. C’est en général à cet âge que le plus grand nombre de surdoués sont, tardivement, repérés.

Quant au lycée, la plus grande difficulté à laquelle ils vont être confrontés est l’orientation. Eux qui auraient voulu exercer tous les métiers du monde lorsqu’ils avaient 10 ans, il leur faut faire un choix. Et donc renoncer aux autres possibles. C’est ce cap de l’orientation, qui leur semble bien souvent insurmontable, qui les pousse à saborder leur scolarité pour repousser autant que possible le moment fatidique du choix.

De l’importance pour l’enfant de savoir qui il est

Quel que soit l’âge auquel l’enfant est repéré, il est alors nécessaire de lui faire passer un bilan auprès d’un psychologue habilité. Il permet à l’enfant et à ses parents de mieux comprendre les difficultés qu’ils peuvent rencontrer et d’envisager, si nécessaire, une aide efficace et adaptée. En aucun cas, ce bilan n’a pour but d’étiqueter l’enfant et de l’enfermer dans un profil. Outre les problèmes, il met aussi en lumière les ressources et les compétences de l’enfant. C’est sur elles qu’il pourra s’appuyer pour avancer, mais aussi, dans certains cas, pour retrouver l’estime de soi, parfois anéantie par des années d’échec scolaire.

Le bilan psychologique peut être réalisé en seulement quelques heures. Il se compose de tests d’intelligence (avec évaluation du QI) et de tests cognitifs (bilan de personnalité). Une fois le diagnostic posé et suivant les difficultés rencontrées, le psychologue pourra proposer des pistes de travail : rebooster l’image de soi, travailler sur les implicites de l’école, trouver une solution aux troubles connexes (dyslexie, hyperactivité…). Il pourra aussi proposer un suivi psychologique et, si besoin, rediriger la famille vers un psychiatre ou un neurologue.

Avec le soutien et l’aide nécessaires, de nombreux enfants apprennent à vivre avec leur différence et à en faire une richesse. Ceux qui s’en sortent le mieux témoignent généralement d’avoir pu s’appuyer sur trois éléments essentiels : un milieu affectif stable (un entourage familial concerné), des rencontres qui ont fait la différence (sur le plan médical mais pas seulement) et le sentiment d’avoir été compris et pris en considération (d’où l’importance d’un dépistage précoce).

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Le don des enfants hypersensibles

 
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On parle souvent des personnes hypersensibles (PHS), qui représentent une grande partie de la population.

Ces personnes ressentent la réalité avec plus d’intensité, et avec une proximité émotionnelle envers leur environnement extérieur, si bien qu’elles préfèrent parfois rester seules et faire leur introspection.

Et les enfants dans tout ça ? Comment se déroule l’enfance d’une personne hypersensible ?

Chez certains enfants de 6 ou 7 ans, on peut remarquer une empathie hors du commun pour leur âge. Ils sont capables de voir des détails qui échappent au commun des mortels. Comment est-ce possible ?

Ces personnes encore très jeunes vont au-delà de l’univers de l’émotivité et de l’intuition, et l’on ne sait pas toujours comment les traiter ou les aborder. Il serait alors temps de l’admettre… ces enfants ont un don particulier.

Quelles sont les caractéristiques de l’enfant hypersensible ?

La vie d’un enfant hypersensible n’est pas facile. Son intégration dans le milieu scolaire est souvent compliquée à cause de cette sensibilité que ses camarades et professeurs remarquent immédiatement.

Il n’aime pas les surprises ni le changement, il préfère le calme à l’agitation. Son niveau de maturité est parfois tellement différent de celui des autres enfants qu’il aura toujours des difficultés à s’intégrer.

Il est réfléchi et intuitif et remarquera des aspects de sa réalité que peu de gens autour seront capables de voir : la forme d’un arbre qui ferait de l’ombre à la cour du collège, un oiseau volant tout seul dans le ciel, ou même l’expression du maître qui lui a donné cours de musique ce matin.

Les enseignants affirment que l’on peut identifier cette hypersensibilité assez tôt et ainsi aider l’enfant à s’intégrer correctement.

Cependant, parfois, beaucoup d’enseignants sont fatigués par ces enfants qui les assaillent continuellement de questions et de réflexions complexes auxquelles ils n’ont pas toujours le temps de répondre.

Par conséquent, ces enfants arrivent à l’adolescence avec une image négative d’eux-mêmes, sachant qu’ils possèdent un don que personne n’a jamais su apprécier ni valoriser.

Il faut apprendre à les connaître et à les apprécier, et les laisser développer leurs capacités et inquiétudes, pour qu’ils apprennent d’abord à se connaître et qu’ils comprennent ce qui leur arrive et comment ils peuvent gérer cette sensibilité dans leur propre intérêt et dans celui des autres.

Il faut leur donner des buts et des objectifs, répondre à leurs questions et leurs raisonnements, leur donner des réponses et les comprendre.

Des enfants particuliers, mais qui restent des enfants

Très souvent, la maturité émotionnelle de ces enfants fait que les parents ne savent pas comment les traiter.

Leur sensibilité physique attire également l’attention. Ils sentent la douleur plus rapidement, et il arrive parfois que certains vêtements les dérangent, comme par exemple le fait d’avoir une petite tache sur leur gilet.

Ils sont insistants dans leurs réflexions et les parents se sentent parfois débordés. Mais le contraire peut aussi se produire. Du fait de cette maturité émotionnelle, les parents se reposent un peu sur eux, les faisant participer aux tâches de la maison.

Cela représente parfois un risque, car il ne faut pas oublier que ce sont des enfants et qu’il ne faut pas ajouter plus de préoccupations à celles qu’ils ressentent et pressentent déjà en silence.

Ce ne sont pas des enfants avec des cœurs et des cerveaux de personnes âgées, ce sont des enfants avec des besoins particuliers que nous devons comprendre pour les aider dans leur croissance, et pour que, jour après jour, ils trouvent leur place et leur bonheur.

L’hypersensibilité est un don avec lequel il faut apprendre à vivre. Il est vrai que ce n’est pas toujours facile, mais l’existence apporte aux yeux de ces personnes une dimension que peu de gens sont capables de voir.

http://nospensees.com/don-enfants-hypersensibles/

Comment un enfant surdoué peut-il être en échec scolaire ?

Article publié par Isabelle Eustache le 16/04/2015

Comment un enfant surdoué peut-il être en échec scolaire ?

Grâce à l’imagerie médicale par IRM, des chercheurs lyonnais ont identifié deux profils distincts parmi les enfants surdoués. Cette distinction pourrait expliquer pourquoi un enfant surdoué devient « premier de la classe », alors qu’un autre, pourtant doté du même quotient intellectuel ne réussit pas sa scolarité.

Le quotient intellectuel de l’enfant surdoué ne garantit pas la réussite scolaire

À l‘Université de Lyon, des chercheurs ont fait passer des tests à des enfants âgés de 8 à 12 ans tout en observant leur fonctionnement cérébral via l’imagerie médicale par IRM. Ils ont ainsi identifié deux types de comportement : « les laminaires » et « les complexes ». Les premiers réussissent très bien leur scolarité et présentent de grandes capacités d’adaptation à leur environnement. En revanche, les seconds sont en échec scolaire en raison de ce que les auteurs de cette étude appellent une « dyssynchronie cognitive ». Il s’agit d’un décalage entre la sphère intellectuelle et la sphère émotionnelle, la première étant très mature, l’autre très fragile. Ce phénomène expliquerait les difficultés rencontrées par 20% des enfants surdoués. Ils disposent de toutes les facultés intellectuelles pour réussir mais celles-ci sont contrecarrées par des connectivités cérébrales perturbant le comportement, notamment entre les zones cérébrales liées à la mémoire et celles dites de « gestion de conflit ».

Des méthodes pédagogiques plus adaptées

Cette meilleure compréhension du mode de fonctionnement cérébral de l’enfant surdoué suggère que l’on pourrait améliorer les méthodes pédagogiques en les adaptant aux profils de ces enfants.  

La « neuroéducation » semble tout indiquée, dans la mesure où elle fait appel aux connaissances en neurosciences.  

Sources : Nusbaum F. et coll., CHU de Lyon et de l’Université Lyon 2, avril 2015.

http://www.e-sante.fr/comment-enfant-surdoue-peut-il-etre-en-echec-scolaire/breve/1311

Psychologie positive corporelle : exercice pour un coeur en cohérence et une bonne santé

Pour tous… et les zèbres en particulier !

Psychologie positive corporelle : exercice pour un coeur en cohérence et une bonne santé

La cohérence cardiaque est une expérience positive.
Olivier Chambon est psychiatre et psychothérapeute, Miriam Gablier est journaliste et formatrice. Ensemble, ils ont écrit « Le bonheur est dans le corps », paru aux éditions Dervy.

La méthode de la cohérence cardiaque permet de lutter très efficacement contre les effets psychosomatiques du stress et procure une meilleure régulation émotionnelle. Cet exercice vous permet de l’aborder concrètement et facilement.

Pour cet exercice, que vous pouvez faire seul, vous avez besoin de 3 à 5 minutes.
Prenez d’abord trois minutes, pendant lesquelles vous allez faire les choses suivantes.
Assis confortablement, mettez une main sur votre ventre et faites des cycles de respiration très réguliers (vérifiez dans un premier temps avec une « trotteuse » de montre ou de réveil) de dix secondes chacun, avec cinq secondes pour l’inspiration et cinq secondes pour l’expiration, sans jamais marquer de pause entre inspirations et expirations.
– Soyez le plus possible attentif aux sensations corporelles liées à la respiration : à l’inspiration, sentez le trajet de l’air qui descend dans votre corps depuis vos narines (votre bouche est fermée) et qui soulève l’abdomen sous la main ; à l’expiration, sentez l’air qui sort par votre bouche, qui est ouverte et fait un léger bruit, comme quand on souffle sur les bougies d’anniversaire d’un gâteau.
 
Puis prenez deux minutes supplémentaires où, en respirant toujours au même rythme (cinq secondes pour l’inspiration et cinq secondes pour l’expiration), vous allez faire deux choses différentes.
Une de vos mains va se positionner sur le coeur, de manière qu’à chaque inspiration vous ayez la sensation que l’air entre directement par la main dans le cœur et qu’à l’expiration, ce « bon air plein d’amour pour le corps » se diffuse dans tout le reste du corps.
– En même temps, vous allez laisser venir dans votre coeur, à chaque inspiration, en l’invoquant, la convoquant, l’évoquant, l’une des émotions positives du coeur, c’est-à-dire que vous allez penser à et vous plonger dans le souvenir d’une situation ou d’une personne qui provoque en vous des sentiments de gratitude, ou de reconnaissance, ou de bienveillance, ou de compassion, ou de tendresse, ou d’amour.
– Vous laissez votre coeur être baigné, en même temps que l’oxygène de l’air que vous inspirez, de ces sensations liées à ces émotions : celles-ci, progressivement, réchauffent, dilatent, et illuminent votre coeur.
Vous allez répéter cet exercice trois fois par jour, pendant trois semaines, afin de l’ancrer en vous. Le matin, au lever, asseyez-vous, et avant de faire quoi que ce soit, faites cinq minutes cet exercice (c’est le moment le plus important pour pratiquer la cohérence cardiaque). Faites-le ensuite avant le repas de midi, puis avant le repas du soir.
La cohérence cardiaque est une méthode puissante pour ancrer une expérience positive. Dès que vous vivez quelque chose qui vous rend heureux ou content, placez une main sur le coeur, et pratiquez la cohérence cardiaque en vous concentrant sur le bien-être que vous éprouvez dans la situation, tout en laissant votre coeur mémoriser les caractéristiques de cette situation. Ainsi, vous allez fixer et mettre en réserve votre vécu de bien-être dans le « coffre au trésor » du coeur. 
Plus tard, dès que vous voudrez revivre cet « état d’âme » positif, vous pourrez mettre votre main sur votre coeur en vous remémorant l’expérience que vous y aviez ancrée.
 
Cet exercice est tiré du livre Le bonheur est dans le corps, du Dr Olivier Chambon et Miriam Gablier.

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