Les mille facettes de la Gestalt-thérapie

Entretien avec Chantal Masquelier-Savatier et Sylvie Schoch de Neuforn

Interactions avec l’environnement, importance du corps, réalisation de soi… Trois quarts de siècle après sa naissance, cette thérapie se soucie enfin de faire scientifiquement ses preuves. Alors même qu’elle ne cesse de se diversifier.

En quoi la Gestalt-thérapie a-t-elle apporté quelque chose de nouveau dans les années 1950 ?

Chantal Masquelier-Savatier : Il importe de ne pas assimiler la Gestalt-thérapie à son seul créateur historique car elle est le fruit d’un collectif. Le contexte de son époque a poussé Fritz Perls, psychanalyste berlinois, à émigrer en Afrique du Sud avec sa femme Laura, puis aux États-Unis. Ils ont posé une première pierre en écrivant Le Moi, la faim et l’agressivité, qui valorisait le contact avec l’environnement comme un moteur pour transformer les choses et donner une responsabilité à l’individu, plutôt que de subir. En réaction à la psychanalyse, ils mettaient ainsi l’accent non pas sur le passé mais sur l’ici et maintenant, vers le futur. C’était un véritable changement de paradigme. Ils ont initié un mouvement qui s’est rapidement diversifié. Ce regroupement, postérieurement appelé Groupe des Sept, était constitué de psychiatres, philosophes et hommes de lettres, le plus influent étant Paul Goodman. Les influences se situaient aussi bien du côté du zen et du tao (insistant sur l’acceptation de l’expérience, ce qu’on ressent actuellement plutôt que ce qui nous a déterminés autrefois, et une ouverture aux possibles), que du pragmatisme (avec le souci de l’expérience de chacun dans une situation donnée, pour mieux s’affranchir de certaines pressions environnementales). Avec cet élargissement à une équipe, le modèle de Perls, quelque peu individualiste, a évolué vers une perspective de champ : le projecteur n’était plus seulement mis sur un individu responsable devant changer son environnement, mais sur les interactions entre organisme et environnement. La situation est une co-création dans laquelle le sujet influe sur son entourage autant que l’inverse. Si la Gestalt-thérapie a rapidement rejoint le courant des psychologies humanistes, qui s’intéressaient au potentiel humain, elle a donc fini par s’en démarquer, pour ne pas mettre l’accent uniquement sur l’individu mais plus largement sur l’ajustement créateur avec l’environnement.

Sylvie Schoch de Neuforn : Gestalt-thérapie : nouveauté, excitation et développement, le livre de Perls et Goodman publié en 1951, contenait des idées confirmées depuis par la théorie de la complexité, la théorie des champs, et même les neurosciences. On s’est rendu compte que nous ne nous inscrivons pas dans des systèmes linéaires, comme la psychanalyse insistant sur les faux pas de l’enfant ou des parents, mais que tout est inter-dépendant. Par exemple, l’épigénétique confirme l’influence de l’environnement dans l’expression des gènes.

Pour quel type de trouble la Gestalt-thérapie vous paraît-elle la plus indiquée ?

C.M.-S. : Il n’y a pas de contre-indication. La thérapie est un apprentissage progressif de la nouveauté, d’une autre manière de fonctionner. Il s’agit d’aider la personne à s’ajuster continuellement à un environnement changeant. Le thérapeute est attentif à ce qui se passe à l’instant présent chez la personne, en valorisant sa manière de faire. C’est la théorie paradoxale du changement : c’est en acceptant ce qui se passe que quelque chose de nouveau va pouvoir émerger.

En gros, le thérapeute désamorce l’angoisse ressentie par le patient face au changement, ce qui fait disparaître les symptômes et autorise le changement ?

S.S.N. : Oui, l’angoisse est paralysante et est liée à un excès d’excitation qui, elle, est nécessaire pour aller vers le changement. Baisser le niveau d’excitation et d’activation physiologique, par un accompagnement pas à pas, soulage et permet au patient de se mettre en mouvement. Au-delà de l’angoisse, le problème est l’immobilisation face à une situation réelle ou fantasmée qui paraît sans issue.

C.M.-S. : Nous n’avons pas la visée d’éradiquer les symptômes, même si les patients arrivent avec cette motivation. S’ils ont des troubles obsessionnels, par exemple, il est intéressant d’accepter que, pour l’instant, c’est comme ça. Lorsqu’on fait un pas de côté par rapport à cette demande initiale, le problème s’apaise après quelques mois et quelque chose d’autre s’annonce, une possibilité d’être autrement dans ce monde-là.

Existe-t-il un déroulement type de la Gestalt-thérapie ?

S.S.N. : Non, il n’y a pas de protocole, le cheminement est imprévisible. Pour pratiquer aussi l’EMDR, thérapie très standardisée, je m’aperçois que si je l’introduis avec les patients qui me consultent depuis longtemps, ils préfèrent souvent revenir à la relation et à un dialogue non structuré. Notre pratique consiste vraiment à être là avec ce qui émerge. Nous nous adaptons à la situation, c’est du sur-mesure. J’aime beaucoup raconter ce très joli exemple. C’était dans les années 1990, avant les nouveaux types de traitement du trauma comme l’EMDR. Une femme consultait depuis deux ou trois ans pour des problèmes relationnels et des troubles anxieux. Un jour, elle me raconte ce qui s’était passé pendant la guerre : elle s’était retrouvée sous les bombardements avec sa mère, obligée de s’occuper de sa survie et pas de ses besoins émotionnels. Lorsqu’elle évoque cet épisode, je crois voir sous mes yeux la petite fille de l’époque. Je lui demande si je peux lui prendre la main. Je lui dis : « Vous savez, la guerre est terminée. Nous sommes en 1998. Et c’est fini, maintenant. » Ce simple geste l’a considérablement soulagée, c’était extraordinaire. La fois d’après, elle est arrivée avec une rose blanche, comme si elle portait le drapeau blanc. Quelque chose était resté jusqu’alors en l’état : dans son organisme, elle se trouvait toujours sous la menace des bombes. Elle n’était pourtant pas venue consulter pour cela. Mais notre relation de confiance et de liberté avait donné cette tournure imprévue à la thérapie.

C.M.-S. : Dans la première phase de la thérapie, nous accueillons ce qui se passe, quel qu’il soit. Les jeunes thérapeutes sont parfois déroutés parce que durant les premières séances, les patients déversent ce qu’ils ont sur le cœur. Mais ils en ont besoin ! Il faut attendre que l’alliance thérapeutique soit bien établie pour que le thérapeute puisse davantage intervenir et confronter. Je fais beaucoup de supervisions, et nous travaillons beaucoup sur l’accueil de la demande parce qu’il ne faut pas se laisser piéger par celle-ci telle qu’elle est formulée, il ne faut pas se croire obligé de résoudre ce problème-là, en prenant au pied de la lettre les soucis du patient. Par exemple, devant l’insistance des couples, certains thérapeutes tendent à la toute-puissance en se donnant comme mission la réussite de la procréation assistée !

Globalement, combien de temps faut-il pour parvenir au terme d’une Gestalt-thérapie ?

S.S.N. : Quand les patients nous le demandent, on ne leur répond pas ! On ne peut anticiper l’évolution. Ça peut durer quelques mois, ou trois ans, ou plus, suivant la profondeur du travail que le sujet est prêt à accomplir.

C.M.-S. : Encore une fois, le patient a pu oublier sa demande préalable pour suivre un chemin d’exploration. Il n’est plus là pour la même chose, l’objectif évolue. C’est ce qui est passionnant, pour lui comme pour nous.

Puisque vous prenez en compte l’émotion, menez-vous un travail spécifique sur le corps ?

S.S.N. : Absolument, nous invitons les personnes à prendre conscience de ce qu’elles éprouvent corporellement : « Alors que vous parlez de ce problème, essayez de voir tout ce qui se passe, vos images, vos sensations, vos émotions… » On apprend dès le départ aux gens à faire attention à leur ressenti, à conscientiser ce qui se passe dans leur corps, pour mieux comprendre leurs problématiques. Régulièrement, on invite le patient à revenir à son corps, être attentif à sa respiration : cela l’empêche de ruminer. Les gens sont d’ailleurs très en demande pour revenir à cette dimension corporelle. C’est déjà un bénéfice pour eux. Et cela ouvre à tout un travail d’association entre des gestes, des pensées, des sensations, et donc de conscientisation.

C.M.-S. : « Quand vous dites ça, qu’est-ce qui se passe dans votre corps ? ». Il est intéressant aussi de se pencher sur ce que ressent dans son corps le thérapeute à l’écoute du patient. Le praticien peut livrer ou non ce qui se passe pour lui physiquement : ainsi, nommer une sensation inconfortable peut permettre au patient de s’approprier quelque chose de cet inconfort et de l’exprimer à sa manière. On peut donc partager cet inconfort commun avant de différencier la part de chacun dans ce qui se produit. Le patient est ainsi accompagné dans cette sensation, plutôt que rester dans la culpabilité ou la honte d’être le seul à l’éprouver.

C’est une forme de dimension corporelle du transfert et du contre-transfert ?

C.M.-S. : On peut dire cela comme ça. Ce que les psychanalystes nomment transfert et contre-transfert, on pourrait l’appeler intersubjectivité ou inter-corporalité. On ne peut pas dire à son patient : « C’est votre problème. » C’est à nous deux que cela arrive, en réalité.

Quelles sont les autres techniques de la Gestalt-thérapie ?

C.M.-S. : La technique la plus typique imaginée par Fritz Perls est celle de la chaise vide, où l’on demande au patient d’imaginer en face de lui la personne à laquelle il souhaite s’adresser. L’objectif est de libérer tous les affects émotionnels relatifs à cette relation. Cela peut s’effectuer en individuel ou en groupe : d’autres participants pourront alors, par exemple, incarner les membres de la famille du patient. Le groupe reste d’ailleurs un espace privilégié de la Gestalt-thérapie. À l’époque de Perls, les gens avaient besoin de décharges émotionnelles pour se libérer des pressions familiales. En cela, Perls a été très influencé par Reich, un de ses thérapeutes. Aujourd’hui, beaucoup recherchent plutôt à freiner l’expression émotionnelle pour se montrer plus attentifs aux sensations.

S.S.N. : Nous sommes moins dans l’amplification, car on s’est aperçu qu’une décharge émotionnelle n’est pas forcément thérapeutique !

En l’absence de protocole, la Gestalt-thérapie peut-elle se prêter à l’évaluation scientifique ?

S.S.N.  : C’est dans l’air ! Des groupes de recherches en France, en Europe et aux États-Unis, travaillent à la construction de protocoles spécifiques d’évaluation à partir de la clinique.

C.M-.S. : Nous allons d’ailleurs organiser un colloque à l’Ascension 2016, avec des chercheurs internationaux en psychothérapie. Mais il s’agit plutôt de validation que d’évaluation quantitative, à base de questionnaires du patient avant, pendant et après la thérapie. En France, de telles recherches propres à la Gestalt-thérapie ne se pratiquent pas dans les laboratoires universitaires, où nous sommes marginalisés. Il existe un grand décalage entre l’accueil fait sur le terrain, où les Gestalt-thérapeutes croulent sous les demandes, et la reconnaissance universitaire et médiatique. Alors que dans les pays anglo-saxons ou d’Amérique latine, la Gestalt-thérapie est enseignée à l’université !

Comment expliquer cette situation en France ?

C.M.-S. : Du fait de la prégnance de la psychanalyse, et maintenant des TCCs. Or, notre position est moins dogmatique. Notre posture est dialogale, intermédiaire entre la neutralité de l’analyste et le directivisme des thérapies comportementales. Nous sommes aussi desservis par notre héritage, révolutionnaire, libertaire. D’où cette volonté actuelle de faire davantage nos preuves du point de vue scientifique.

La Gestalt-thérapie intéresse-t-elle la nouvelle génération ?

C.M.-S. : Dans nos instituts, nous accueillons beaucoup de personnes qui viennent se former dans une optique de reconversion professionnelle. Elles ont souvent déjà travaillé dans l’enseignement et l’éducation, voire en entreprise, et ont besoin de changement dans leur vie pour retrouver certaines valeurs humaines.

S.S.N. : Nous formons une centaine de praticiens par an, même si tous ne s’installeront pas. Quand la Gestalt-thérapie s’est installée en Russie dans les années 1990, le terrain était assez vierge. Tout au plus y avait-il quelques psychanalystes. Elle marche très bien là-bas, de même qu’au Mexique où elle s’est imposée comme la thérapie principale.

En quoi la Gestalt-thérapie se transforme-t-elle avec l’arrivée de cette nouvelle génération de thérapeutes ?

S.S.N. : Elle se nourrit de ce qui se passe dans la société, et qui nous oblige à repenser notre pratique. Par exemple, les problématiques borderline et narcissique sont beaucoup plus répandues. De quoi ont besoin les personnes concernées ? D’ancrage, et de ne pas se sentir séparées des autres. Nous devons aussi nous adapter aux pathologies actuelles, comme la souffrance au travail.

Justement, comment évoluent les demandes de prise en charge depuis quelques années ? Les patients consultent-ils pour de nouvelles raisons ?

C.M.-S. : Nous sommes confrontées à beaucoup de problèmes de solitude, et de difficultés à entrer en relation, tellement la fascination des écrans est devenue prédominante. Mais aussi à des traumas toujours plus nombreux, à une insécurité permanente. Les pressions environnementales sont de plus en plus fortes : on doit réussir sa vie, être performant, ce qui crée un sentiment d’insuffisance. Les gens sont moins en colère contre papa ou maman, mais ils sont « pressurisés » : « Si je rate, c’est de ma faute ». Ils ont besoin de sortir de l’individualisme, avec de la convivialité et de la complexité. Être ensemble, et ne plus se concentrer sur le chacun pour soi. Ces personnes veulent trouver des repères. La thérapie en face-à-face leur permet de s’inscrire dans une relation, et dans leur corps.

S.S.N. : La dimension de l’attention est très importante aussi : l’attention à soi, à l’ici et maintenant. Ce qui est primordial à l’heure où nous sommes sans cesse bombardés par des images et les sollicitations d’Internet. Les gens ont besoin de ralentissement et de concentration, qui sont vécus comme un enrichissement. En consultation, ils peuvent enfin retrouver des choses essentielles. Ce qui nous donne à nous aussi, thérapeutes, l’occasion de nous poser !

C.M.-S. : Les enfants qualifiés d’hyperactifs éprouvent ce besoin, eux aussi. Leur instabilité motrice et leur dispersion résultent souvent des pressions environnementales. Si on ne s’occupe que de l’enfant, sans prendre en compte l’environnement social et familial, on passe à côté de quelque chose. En ce sens, nous sommes proches de la thérapie familiale systémique.

S.S.N. : La Gestalt-thérapie a toujours intégré diverses approches comme la psychanalyse, la phénoménologie, et aujourd’hui les neurosciences. Mais il ne s’agit pas d’une thérapie intégrative en soi. Nous restons Gestalt-thérapeutes avant tout, même si nous acceptons d’enrichir nos modèles.

Propos recueillis par Jean-François Marmion pour le Cercle Psy

http://le-cercle-psy.scienceshumaines.com/les-mille-facettes-de-la-gestalt-therapie-entretien-avec-chantal-masquelier-savatier-et-sylvie-schoch-de-neuforn_sh_37383

> Pour en savoir plus
Société Française de Gestalt (SFG) : www.sfg-gestalt.com
Collège Européen de Gestalt-thérapie (CEGt) : www.cegt.org
Les 26-27-28 mai 2017 se tient au FIAP à Paris une conférence internationale sur la recherche en Gestalt-thérapie (www.gestalt-research.com).

Accompagner les zèbres : un regard gestaltiste

Le 19 Novembre dernier, j’ai eu le plaisir de co-animer, avec Isabelle Thomas, une intervention sur l’accompagnement des zèbres (surdoués, Hauts Potentiels Intellectuels…) en Gestalt-thérapie.

Une intervention « passionnée et passionnante » selon une représentante de l’association Un Zèbre à Vitré » qui nous accueillait…. et pour moi, une joie de parler de la Gestalt-thérapie, et de la mettre en œuvre, avec plein d’ajustements créateurs !

conf1

Actes du colloque EIP95 du 6 Avril 2016

Le 6 avril 2016, j’ai eu la joie d’animer un atelier, en compagnie de Magalie Durand sur le thème suivant :

« Stratégies intuitives et désordre méthodologique :
La rééducation logicomathématique et l’étayage organisationnel à la rescousse ». 

Le détail de l’atelier est publié dans les actes du colloque…

 

actes

Cet ouvrage collaboratif est une mine d’informations pluridisciplinaires émanant du colloque EIP95 du 6 Avril 2016. Il a été rédigé par tous les intervenants qui font don de la recette à l’association PotentialDys  comme ils l’avaient fait de leurs prestations lors du colloque.

Vous pouvez commander ces actes au prix de 15 euros, hors frais de port ici ou aller les chercher au siège social de l’association : 54 rue National 95690 VAUREAL.

 

Il sera aussi disponible à la vente lors de chaque prestation de l’association PotentialDys .

Atelier « Moi et le Groupe » du 16 Avril 2016

Les ados participants à l’atelier m’ont étonnée…

La consigne était de faire un pont entre les deux chaises… Ils ont collaboré, discuté, inventé, créé…

IMG_0948

N’est il pas magnifique ce pont-coeur ?

 

 

A bientôt pour d’autres thèmes…

Pour les dates des nouveaux ateliers : Evènements

 

Colloque EIP95 mercredi 6 Avril 2016

J’aurais le plaisir d’animer un atelier, avec Magalie Durand, sur les troubles logico-mathématiques et les difficultés d’organisation… Il reste quelques places !

Pour vous inscrire Potential Dys

 

Potentialdys« L’EIP, un élève à haut potentiel de décrochage »

Il s’agit de la seconde rencontre interactive du Val d’Oise organisée par Marie Pierre Bidal, psychologue clinicienne, enseignante et formatrice .

L’association PotentialDys  organise avec le concours de l’AFEP, l’APEP, …., l’établissement St Didier, un colloque EIP95 sur le thème de l’accueil scolaire des EIP multi-dys. Cet événement de partage des savoirs et savoir-faire entre accompagnants de l’enfant (chercheurs, enseignants, soignants mais aussi parents) se déroulera cette année au sein d’un groupement d’établissements de l’enseignement privé sous contrat sur le site de Bury-Rosaire. La mise à disposition d’un amphithéâtre de 350 places et d’une dizaine de salles de classe permettra que le mercredi 6 avril soit une journée de grands partages des savoirs et savoir-faire spécifiques.  Plus de 20 ateliers seront proposés pour permettre à chacun de s’inscrire dans la thématique qui l’intéresse.  Les participants pourront bénéficier d’interventions expertes ciblées et d’échanges facilités par le petit effectif de chaque atelier (30 personnes). Tous les intervenants offrent leur contribution comme l’an dernier à l’ESPE de Cergy mais ils seront plus du double à offrir des prestations de qualité (abords originaux, spécialisés, novateurs, pragmatiques, scientifiques …).

Zèbre… Deviens le héros/l’héroïne de ta vie !

Deviens qui tu esUn cycle d’ateliers destiné aux adolescents et jeunes adultes surdoué(e)s, atypiques, zèbres.

7 ateliers pour se construire, se renforcer, se développer…. Et grandir en harmonie avec soi et son environnement.

Cycle d’ateliers pour adolescents et jeunes adultes 

Pour Qui ?
Adolescents et jeunes adultes (15-25 ans) : surdoué, atypique, surefficient intellectuel, dyssynchrone, haut potentiel intellectuel, neuro-droitier, PESM… ou Zèbre.
Pourquoi en groupe ?
Le groupe est une mini société, où chaque participant apporte sa façon d’être, ses modes relationnels et son rapport au monde.
Les animatrices mettent en place un climat psychologique bienveillant qui favorise l’expression, l’expérimentation et les apprentissages.
Le collectif décuple les interactions et favorise la prise de conscience de nos modes de fonctionnement.
 

7 ateliers pour se construire, se renforcer, se développer…. Et grandir en harmonie avec soi et son environnement.

Quels Thèmes par atelier ?
o Les émotionsTeteCorpsCoeur
o Le corps
o L’identité
o La relation
o La confiance en soi
o La motivation
o Ancrage et assimilation
Pour quels objectifs ?
o Apprendre à mieux connaître qui je suis et comment je fonctionne avec les autres
o Identifier mes points d’appuis et trouver ma place dans le monde
o Apprendre à prendre soin de moi et préserver l’équilibre
o Devenir autonome dans ma réussite

L’intention de ce cycle d’ateliers est de partager notre expérience et d’accompagner la transformation dans la légèreté et l’humour malgré le sérieux des problèmes abordés.

Nos bases d’intervention
La Gestalt-thérapie est une approche thérapeutique utilisée en relation d’aide, psychothérapie et coaching. Elle permet de « donner forme » à ce qui se passe en nous, d’identifier et de modifier la façon dont nous sommes en relation avec nous-mêmes et avec notre environnement. Elle envisage la santé dans une perspective globale où corps et psyché sont simultanément pris en compte.
Qui sommes-nous ?
Isabelle Thomas  contact.ithak@gmail.com
Marie-Christine Cornou  contact@zebreandco.com
2 zèbres gestalt praticiennes/coachs
Intervenantes en entreprises/écoles et, en accompagnement individuel
Quand ? Ou ? Combien ?
A partir de Mars 2016 en week-end
Un atelier toutes les 2 semaines
Deux sites : Paris et Houdan
700 euros pour le cycle complet
10% de réduction si inscription avant le 20/02/2016

Pour en savoir plus, contactez contact@zebreandco.com
 Téléchargez la présentation  Flyer Ateliers Zebre

La Gestalt : pour qui, pour quoi ?

Pour en savoir un peu plus sur la Gestalt thérapie.
Chat du vendredi 18 décembre 2015 – De 10h00 à 12h00, animé par Chantal Masquelier-Savatier
Psychologue clinicienne, Gestalt-thérapeute
La Gestalt : pour qui, pour quoi ?

Quelles sont les spécificités et les principes fondamentaux de cette démarche thérapeutique ?  D’où vient-elle ? Comment se déroulent les séances ? Comment trouver un(e) thérapeute ? Chantal Masquelier-Savatier, psychologue clinicienne et Gestalt-thérapeute agréée par la SFG (Société Française de Gestalt), a répondu à toutes vos questions.

La Gestalt-thérapie
Inventée par Fritz Perls, la Gestalt-thérapie est une des thérapies psychocorporelles les plus répandues. Elle aide à avoir une vision globale de soi-même pour mieux comprendre comment on fonctionne (…).

Compte rendu du chat
Chantal Masquelier-Savatier bonjour, je suis disponible pour répondre à vos questions sur la GESTALT-THÉRAPIE.
laure07: bonjour Chantal, et, par avance merci pour votre aide. J’ai 3 questions à vous poser : 1.qu’est ce que la gelstat en théorie et en pratique?, 2.en quoi elle est différente de la PNL?, et 3.si elle peut m’aider à sortir de la dépendance affective et gérer mon émotivité et sensibilité au quotidien ?(je pratique déja méditations, qi gong, CNV)
Chantal Masquelier-Savatier Il est difficile de répondre brièvement à votre première question qui est très vaste. La Gestalt-thérapie est une approche thérapeutique qui prend en compte la manière dont la personne se présente dans toute son expérience corporelle, émotionnelle et intellectuelle. Ses fondements théoriques intègrent un héritage psychanalytique et une vision existentielle et phénoménologique de l’être humain. Elle appartient au courant de psychologie humaniste. Votre 2° question de la différence avec la PNL est intéressante car les fondateurs de la PNL étaient des gestaltistes. On pourrait dire que la PNL a une visée plus pragmatique et efficace, alors que la Gestalt-thérapie vise une transformation de l’être au monde dans un mouvement d’ajustement continuel. 3° question : Oui, je pense qu’elle peut vous aider et qu’elle est compatible avec les approches que vous pratiquez déjà, puisqu’elle est centrée sur ce qui se passe dans l’ici et maintenant.
Selegwenn: Bonjour, où trouver une gestalt-thérapeute sur Rennes et environ ?
Chantal Masquelier-Savatier Nos organisations professionnelles ont des répertoires et des listes de thérapeutes dans toutes les régions. Tapez <gestalt-thérapie.org> Vous y trouverez des informations.
Roseline: Bonjour Françoise .Pouvez-nous nous préciser en quoi consiste la Gestalt ? C’est une thérapie qui  » est connue  » depuis pas mal de temps , mais je dirais mal connue . Je suis à la retraite depuis 2 ans et après une période d’euphorie , je me surprends à avoir des réactions qui font penser à mon adolescence . Une fragilité , hypersensibilité que j’ai essayé de contrer par la raison et des activités . Ce n’est pas efficace .. Pensez- vous que cette prise en charge pourrait être adaptée ? Roseline
Chantal Masquelier-Savatier Je me prénomme Chantal ! Le Gestalt-thérapeute est attentif à la manière dont le consultant se présente, dans un accueil sans jugement. Au cours des séances nous explorons ensemble la situation et cherchons ensemble ce qui la rend pénible. Dans la relation avec le thérapeute, les choses se transforment progressivement et cette expérience peut se transposer dans la vie quotidienne. Se sentir enfant ou adolescente peut être une ressource car cela aiguise la sensibilité à l’environnement. Se faire accompagner dans ces passages est très aidant.
Take-it-easy: Bonjour madame Chantal Masqueriez-Savatier j’éprouve des difficultés à me sentir bien au jour le jour, ces difficultés ont une répercussion sur mon couple, mon mari ne comprends pas pourquoi je ne vais pas bien et que je m’enferme dans mon mal-être. Il m’a conseillé de suivre une psychothérapie, mais je ne m’y retrouve pas dois-je suivre une psychanalyse, voir un psychologue, un psychiatre, que pensez de la gestalt vous pensez que cela pourrait m’aider ? Merci de m’éclairer de vos lumières alors que je suis dans l’obscurité. Bonne journée
Chantal Masquelier-Savatier Effectivement vos difficultés peuvent être l’occasion de faire une démarche. Si vous consultez un psychiatre, il s’agit d’un médecin qui peut vous écouter, mais son moyen d’agir est principalement la médication. Un psychologue a d’abord une formation universitaire et des outils pour évaluer votre problème et éventuellement vous orienter. Mais le psychologue n’a pas de formation à la psychothérapie sauf s’il fait une démarche personnelle. Le psychanalyste a fait un travail sur lui qui lui permet de vous accompagner, mais sa posture est distanciée. Il vous écoute, fait des interprétations qui permettent de faire des liens. Ce parcours vous emmène dans une exploration des forces intérieures parfois inconscientes enracinées dans votre histoire passée, mais n’est pas axé sur vos relations actuelles avec votre entourage. La Gestalt-thérapie s’intéresse à la manière dont vous vus débrouillez aujourd’hui, plus ou moins bien, avec l’environnement et cette exploration peut permettre un ajustement bénéfique.
jose: Bonjour, y a t il un protocole en gestalt ? Sur quoi se justifie le choix d’un accompagnement selon cette démarche ?
Chantal Masquelier-Savatier Il n’y a pas à proprement parlé de protocole en Gestalt, puisque le thérapeute accueille ce qui émerge dans la rencontre. Ce qui justifie le choix de cette démarche est le désir de ne pas être tout seul avec ses difficultés et de chercher ensemble comment transformer les choses. La souffrance se présente souvent comme une crispation, un blocage, une fermeture, une voie sans issue. Démêler cela avec un Gestalt-thérapeute met du mouvement dans une situation figée.
Rosalie: Bonjour Chantal, cette méthode convient-elle dans une démarche de couple ? Peut-on consulter à deux ? Si oui, que pouvons-nous en attendre ? Merci !
Chantal Masquelier-Savatier Oui, bien sûr la Gestalt-thérapie convient à la thérapie de couple. Une question de cadre se pose car souvent lors d’une thérapie de couple apparaît le besoin de l’un ou l’autre partenaire de faire un travail individuel. Il importe alors de différencier les espaces et d’adresser les demandes individuelles à d’autres thérapeutes. Vous pouvez consulter le site de l’Ecole du couple, créée par des collègues gestaltistes.
rododendrou: Bonjour! J’aimerais savoir si la Gestalt a une efficacité spéciale sur certains troubles : schizophrénie, bipolarité, anxiété généralisée… Sinon, en quoi est-elle particulièrement recommandée ? Merci ! Bonne journée.
Chantal Masquelier-Savatier La Gestalt-thérapie peut accueillir tout le monde mais ce n’est pas une thérapie magique. Dans le cas de perturbations profondes de l’ordre de la psychose, il est complémentaire d’avoir recours à la psychiatrie. Par exemple, une personne bi-polaire peut voir son médecin qui lui prescrit un traitement (par exemple tous les 2 mois) et rencontrer son Gestalt-thérapeute toutes les semaines pour mieux gérer son angoisse. Ce sont des prises en charges intenses et longues pour lesquelles le partenariat avec d’autres soignants et d’autres structures (hospitalières par exemple) est nécessaire.
c-isa: Bonjour Je suis conseillère conjugale et familiale et souhaiterai me former à la Gestalt thérapie. Où pouvons nous trouve rune formation? Sur combien de temps? Merci d’avance
Chantal Masquelier-Savatier Pour se former à la Gestalt-thérapie, il existe des Instituts de formation. Ce parcours s’appuie sur une thérapie personnelle individuelle et/ou en groupe. Puis une sélection se fait pour entrer dans un processus de formation qui s’étale sur un minimum de 4 années. Vous pouvez trouver les coordonnées et les critères d’inscription de ces Instituts sur le site gestalt-therapie.org.
laure07: comment est née la gestalt?
Chantal Masquelier-Savatier La Gestalt-thérapie est née dans les années 1950 . Ses créateurs sont Fritz Perls et son épouse Laura, à l’origine psychanalystes allemands émigrés aux USA suite à la 2° guerre mondiale. Autour de ce couple gravite tout un groupe d’intellectuels et d’artistes en recherche de nouvelles manières de regarder la santé en lien avec le contexte sociétal. Des personnages comme Paul Goodman et Isadore From participent à la cration du premier Institut de Gestalt-thérapie à New-York. Les racines de ce mouvement sont la psychanalyse, la philosophie phénoméno existentielle, le pragmatisme, et le courant humaniste. Cette intégration de différentes sources donne une coloration libertaire et optimiste sur le devenir de l’homme.
Sab2111: Bonjour Comment se déroule une séance de gestalt thérapie?
Chantal Masquelier-Savatier Une séance de gestalt-thérapie est une rencontre au cours de laquelle patient et thérapeute explorent ensemble ce qui est amené. L’accent est mis sur le déroulé dans l’ici et maintenant de la séance, sur le comment et le vers quoi, plutôt que sur le pourquoi. Nous ne cherchons pas systématiquement à trouver l’origine du mal-être dans un lien de causalité, mais plutôt à sentir comment se manifeste ce mal-être ici avec le thérapeute et dehors dans l’environnement familier. Le gestalt-thérapeute est impliqué, comme une caisse de résonance qui vibre aux émois du patient. Il peut faire part de son éprouvé ou de ses observations, mais au service du patient et dans le respect de ce qui se déroule. Une grande vigilance est à observer dans le dévoilement du thérapeute qui est lui même en supervision pour réfléchir à ce qui se passe dans la relation thérapeutique (ce que les psychanalystes appellent transfert/contre-transfert)
sab211: Cette thérapie est elle onéreuse ?
Chantal Masquelier-Savatier Questions pratiques : Vous pouvez rencontrer plusieurs thérapeutes avant de décider avec lequel vous vous sentez le plus prêt à faire ce chemin. Certains praticiens proposent une première séance gratuite, sans engagement. Dans les premières séances, un accord est à trouver sur le cadre de la thérapie : le plus souvent, une séance hebdomadaire (mais ce peut être davantage dans des moments critiques). Le prix varie entre 50 et 80 euros pour une séance de 45 à 60 mns. Les prix parisiens sont plus chers que les prix provinciaux. Mais tout se négocie et en cas de problème financier, une certaine souplesse est possible. Car ce qui importe est de poursuivre la thérapie dans la durée ; donc de se donner les conditions qui permettront cet engagement réciproque. La durée d’une thérapie est très variable et s’ajuste à la demande du consultant, à condition de pouvoir faire le point et parler du désir d’arrêter ou de suspendre. Dans la pratique, nous voyons souvent revenir les personnes après une première tranche et une interruption.
lelaurentin: Bonjour Madame Chantal et merci de répondre à nos questions. la mienne est la suivante: comment la gestalt-thérapie peut-elle aider quelqu’un qui s’efface complétement au contact de l’autre, à reprendre le dessus, à s’affirmer davantage et à garder le contrôle?
Chantal Masquelier-Savatier La Gestalt-thérapie s’intéresse justement à la manière dont nous gérons le contact avec l’autre et avec l’entourage au sens large. L’individu est inséparable de l’environnement, il influence le monde autant qu’il est influencé. C’est précisément à cet endroit charnière, à cette frontière-contact, cette différence entre moi et non-moi que se porte l’attention du thérapeute. La forme que prend ce contact est parfois figée et il s’agit d’y mettre plus de souplesse. Dans votre cas, il n’est pas certain que de garder le contrôle facilite cet ajustement ; c’est parfois dans le lâcher prise que de la nouveauté peut apparaître.
Raphael: Bonjour. Ce sujet m’intéresse car il fait partie de  » l’offre psychothérapique  » et des outils d’accompagnement. Mais du regard d’un (futur) patient, je me demande en quoi la cartographie de toutes ces approches est-elle nécessaire pour celui qui recherche un accompagnement et qui ne sait pas où s’orienter ? Ne faudrait-il pas, plutot, dans notre culture, mettre en avant que la démarche de thérapie repose avant tout sur de la relation ? Sur cette relation entre le  » soignant / soigné « . Alors que la culture du divan prédomine, placant le psy dans la place de  » celui qui sait  » et éloigné dans sa rencontre avec son patient.. La méthode appartient à celui qui se penche au chevet et non qu’il soit intéressant de la connaitre, je me demande si en y instaurant un test  » pour qui ? pour quoi ?  » on ne vend pas plutot produit au détriment d’une démarche relationnelle… Est-ce vraiment autour de cette question que ceux en recherche d’un specialiste trouveront celui qui leur correspondra car à même d’être dans une juste place ?
Chantal Masquelier-Savatier Je suis tout à fait de votre avis et je déplore que le marché des méthodes nous mette en concurrence et privilégie l’efficacité au détriment de la relation. La recherche et l’idéalisation du « bien-être » poussent à faire l’économie d’une angoisse qui deviendrait suspecte alors qu’elle fait partie de la condition humaine. Accompagner ce chemin demande beaucoup d’humilité de la part du thérapeute et de quitter cette position d’expert pour être avec l’autre en faisant abstraction de nos présupposés. Votre question pose celle de la vision de la santé et de visée de la thérapie dans notre société.
Rachel: Bonjour Chantal, Je suis surefficiente. On dit aussi surdoué ou Zebre ou HPI et pourtant tout ces mots on des nuances. Bref. J’ai rencontré psychiatre, psychanalyste, psy clinicien et la littérature ainsi que de nouveaux « spécialiste » surgissent de partout. Apres avoir lui toutes vos réponses enrichissantes, je me demande en quoi la Gestalt pourrait m’apporter du confort dans mes relations au autres souvent douloureuses liée à la capacité de remise en question liée au doute, a un cerveau branche en permanence à une hypestesie et empathie, qui me donne à etre atypique, dérangeante un humour pas toujours compris et quand il ne s’agit que de l’humour. Bon je m’arrête là volontairement car mon cerveau lui va continuer….:) Merci de prendre ce temps de réponse. Rachel
Chantal Masquelier-Savatier J’entends votre questionnement à la fois dans l’aspect de la gestion de votre hypersensibilité mais aussi dans la manière de vivre votre différence dans votre relation au monde. Il me semble que vous pourriez vous sentir rejointe dans une démarche gestaltiste qui aide à la conscience de l’expérience, à la fois dans ce que nous avons de commun et de différent avec l’humanité.
Chantal Masquelier-Savatier Au terme de ces échanges, j’espère avoir donné quelques réponses et surtout fait naitre le désir de changement et de mouvement.

http://www.psychologies.com/Psycho-chat/La-Gestalt-pour-qui-pour-quoi#xtor=CS2-6-[18-12-2015]-[10:00]-[Tchat-Gestalt]

Un message de paix, d’amour et de tolérance, qui possède toujours autant de sens aujourd’hui

En ces jours difficiles, j’ai choisi de partager avec vous un extrait du « Dictateur » de Charlie Chaplin… Ses mots ont, hélas, encore beaucoup de sens aujourd’hui.

 

Toutes mes pensées vont vers les victimes et leurs proches.

Paix