Comment Les Femmes Gèrent-Elles Leur Haut Potentiel ?

Comment Les Femmes Gèrent-Elles Leur Haut Potentiel ?
PAR Gaëlle Ménage – Journaliste Forbes France –  LE
Dans un monde fondé sur l’image de la femme empreinte de féminité, le défi se pose pour les femmes à haut potentiel d’articuler leur intelligence et de se faire accepter comme telles. Auteure du livre La Femme Surdouée, Monique de Kermadec, psychologue clinicienne, met en lumière les clés d’optimisation de ce potentiel qui permettront aux femmes d’assumer le rôle qu’elles pourraient avoir dans notre société pour le bénéfice de tous.

Qu’est-ce qui caractérise la femme à haut potentiel ?

Monique de Kermadec : Il y a trois entités que l’on retrouve chez les surdoués en général, les femmes comme les hommes : l’intensité, la complexité et l’urgence à agir. Les femmes vivent différemment ce haut potentiel parce que l’on vit dans une société où les attentes et les conditions sont différentes selon le genre. Ces femmes vivent une différence accrue parce qu’elles ne correspondent ni à la norme masculine, ni à la norme féminine classique. Elles sont différentes mais surtout, elles ont beaucoup à apporter. Certains traits de personnalité sont exacerbés chez les femmes à haut potentiel.

Comment s’adapte-t-elle dans une société où le modèle de la femme intelligente est aliéné ?

M.d.K : Si tous les surdoués se sont sentis différents à un moment de leur vie, les femmes surdouées ont abordé la vie, de l’école à l’emploi, dans cette impression constante de ne pas rentrer dans le moule de la société. D’une grande sensibilité et excitabilité, elles sont guidées par leur passion. Malgré l’évidence de leur haut potentiel, la plupart de ces femmes passent par un grand manque de confiance en elles. Il peut leur arriver d’essayer de se transformer pour répondre à ce qu’elles pensent que les autres attendent d’elles. Ces femmes sont porteuses d’une richesse féminine dont la société et le monde de l’entreprise ont besoin.

À quels défis est confrontée la femme à haut potentiel ?

M.d.K : Le premier défi, c’est surmonter le stéréotype de la femme intelligente. Les femmes ont des règles de communication différente des hommes. Dès l’enfance, elles ont appris à mettre des mots sur toutes choses, et n’ont pas nécessairement le même esprit de compétition ou d’ambition personnelle que les hommes. Le défi est de trouver la juste charge de travail car elles sont perfectionnistes et ont tendance à vouloir faire plus. En entreprise, les femmes travaillent souvent plus que leurs homologues masculins, non pas parce qu’on leur demande mais parce qu’elles ont le sentiment qu’elles sont obligées de donner plus. Elles ont comme défi ce besoin permanent de s’adapter. Les jeunes femmes qui débarquent dans l’entreprise ou les entrepreneures qui tentent d’obtenir des fonds ont bien plus de défis à relever que les hommes de leur âge. Elles doivent se battre constamment.

Dans ce souci d’adaptation, quels sont les pièges à éviter ?

M.d.K : Il est essentiel pour les femmes à haut potentiel d’être attentives à leurs besoins. En entreprise, elles doivent user de diplomatie et être attentives aux hyper-réactions en cas de désaccord, pour mieux se faire entendre. Le perfectionnisme dont elles font preuve les amène à être intransigeantes envers elles-mêmes et parfois à l’égard des autres. Si elles ne sont pas conscientes de leurs facilités, elles peuvent être tentées d’exiger de leurs collaborateurs des choses qu’ils ne sont pas à même d’apporter. Il est donc important d’avoir conscience de sa différence pour mieux gérer les relations avec les autres. Dans le cadre de l’entreprise, les femmes font face à un piège récurrent : la manière de s’énoncer. Ce qui est dit va avoir un impact parfois mal perçu, car si un homme affirmé est synonyme de force, une femme qui s’affirme est souvent vue de manière négative. Il y a un regard et un jugement différent sur la façon de se comporter avec les autres lorsqu’on est une femme.

Comment se positionne la femme à haut potentiel dans l’entreprise ?

M.d.K : Les femmes à haut potentiel présentent des atouts majeurs dans le management en entreprise. Dotées d’une intelligence émotionnelle et relationnelle, elles comprennent mieux leur interlocuteur. L’empathie dont elles font preuve est importante dans la gestion des équipes. Il n’y a pas de règle de conduite prédéfinie. Ce qui compte, c’est obtenir la meilleure collaboration entre les hommes et les femmes de l’entreprise. L’empathie est au centre du management d’entreprise. Les femmes à haut potentiel sont bonnes pour l’entreprise parce qu’elles ont plein d’idées. De ces idées, elles voient les possibilités et les conséquences de ces possibilités. Elles vont bien souvent plus loin que les hommes dans l’analyse des options quant à l’approche d’un projet et reposent notamment sur leur intuition. Si on ne gère pas une entreprise seulement sur l’intuition à la faveur d’une analyse plus logique, celle-ci demeure prépondérante. Dans la gestion qu’elles opèrent, les femmes s’intéressent à la dynamique du groupe et à y créer des liens positifs, ce qui passe notamment par la valorisation des collaborateurs.

Comment la femme à haut potentiel évolue-t-elle dans la société ?

M.d.K : En tant que femmes, nous hésitons moins à nous redéfinir. En dehors du travail, elles passent par des étapes de recentrage tout au long de leur vie. Les femmes ont un rapport au temps et une redéfinition d’elles-mêmes au travers du temps qui leur est propre et que les hommes ne vivent pas du tout de la même manière. Les acquisitions majeures se sont faites dans la deuxième partie du XXè siècle, lorsque les femmes ont obtenu le contrôle des naissances, la possibilité de faire des études longues et d’être indépendantes financièrement. Aujourd’hui, les jeunes femmes qui sortent de leurs études ont le sentiment que les opportunités sont les mêmes mais elles sont encore confrontées à certains écarts que l’on essaye de plus en plus de faire disparaître. Il y a encore des progrès à faire, et ils sont en train de se faire. La société change et si le rapport femme-homme évolue, les conditions de travail évolueront également. Si des initiatives à l’image du Forum de la femme reconnaissent et encouragent les jeunes générations de femmes qui entrent dans le monde du travail, il faut que celles-ci gardent à l’esprit que tout n’est pas acquis. La réduction des inégalités et des stéréotypes est quelque chose que l’on construit sur le terrain. L’intérêt est de présenter un rapport équitable de collaboration, avec des atouts masculins et des atouts féminins.

<<< À lire également : Marlène Schiappa : « Le Manque De Femmes Dans Les Sphères Dirigeantes Fait Perdre 10% De La Richesse À La Planète » >>>

Source : Forbes.fr

Êtes-vous un surdoué adulte non déclaré ?

Êtes-vous un surdoué adulte non déclaré ?
PAR CLÉMENTINE BILLÉ MIS À JOUR LE
Si désormais les enfants surdoués sont bien mieux détectés, en raison d’une sensibilisation plus grande du corps professoral, beaucoup d’entre eux passent à travers les mailles des filets des psychologues. Et si vous faisiez partie des adultes surdoués non déclarés ?

Vous êtes peut-être une personne surdouée. Ou comme on peut aussi les appeler, une personne haut potentiel, zèbre, précoce ou philo-cognitive. Comment ça, vous auriez un tel profil encore non détecté à l’âge adulte ?

Oui, c’est bel et bien possible. Déjà, parce que pour être détecté quand on est enfant, il faut tomber sur quelqu’un qui est sensibilisé. Tout le monde n’a pas des parents en capacité de soupçonner un tel profil en vous, tout le monde n’a pas un prof capable de le repérer.

Quelles sont les caractéristiques des surdoués ?

Ensuite, parce que les idées reçues sur les surdoués restent bien ancrées. On vous dit haut potentiel et vous pensez, pour la majorité d’entre vous, à un enfant hyper doué en classe, qui s’ennuie un peu parce qu’il connecte plus vite que les autres. Seulement voilà, cette description, un peu grossière, ne correspond qu’à un seul des deux grands profils de hauts potentiels.

Comment reconnaître un surdoué alors ? En 2015, un groupe de trois chercheurs de l’université de Lyon (la psychologue Fanny Nusbaum, le biophysicien Dominic Sappey-Marinier et le pédopsychiatre Olivier Revol) a établi ces deux profils distincts, grâce à une étude par IRM fonctionnelle.

Il y a donc le laminaire. Un laminaire sera souvent bon élève (le profil premier de la classe), aura du plaisir pour apprendre, sera exigeant, et voudra réussir brillamment. Il a un bon relationnel bien qu’il ait l’esprit de compétition et sera donc sujet à l’anxiété de la performance. Il est stable, adaptable, ouvert aux autres, empathiques, explorateurs et vivent bien leur « don », leur différence, à la différence des complexes.

Ceux-ci montrent des QI tout aussi élevés, mais avec des capacités cognitives hétérogènes. Ils vont avoir des capacités classiques dans certains domaines, et très élevées dans d’autres, ce qui crée un trouble psychique, renforcé par un décalage entre la sphère intellectuelle très mature et la sphère émotionnelle plus fragile.

Alors que les laminaires ont une démarche analytique, eux vont plutôt suivre les intuitions. Tout doit avoir un sens : le complexe aime savoir mais pas forcément travailler pour savoir, il veut comprendre pourquoi il a besoin d’apprendre, il a besoin de stimulation. Il a aussi un grand manque d’estime de soi, des doutes, des turbulences émotionnelles, une hypersensibilité et des difficultés de socialisation et de communication. Généreux, attachant mais aussi naïf, le complexe a tendance à chercher sa place dans la société.

Le QI des hauts potentiels : avec ou sans test ?

Les symptômes des surdoués sont ainsi bien divers. Finalement, leur grand point commun reste le QI élevé. Un quotient intellectuel moyen est autour de 100, une personne à haut potentiel aura un QI supérieur à 130. Mais comment savoir qu’on a son QI, et comment savoir qu’on est un adulte à haut potentiel ?

Pour avoir quelques pistes, il est possible de se poser quelques questions, notamment sur son enfance. Avais-je une bonne mémoire et l’esprit vif ? Ai-je commencé à lire et à écrire avant les autres enfants de mon âge ? Est-ce que j’étais très sensible ? Est-ce que je posais beaucoup de questions ? Etais-je une grande lectrice ? Avais-je beaucoup de centres d’intérêt ?

Aimais-je les jeux qui invitent à la réflexion comme les labyrinthes ? Avais-je une grande imagination ? Etais-je capable de me concentrer facilement et de bien discerner les choses ? Si la réponse à ces questions est « oui », il est probable que vous soyez une adulte surdouée.

Si vous souhaitez en avoir le cœur net, il est nécessaire de faire les tests, car auto-diagnostiquer la douance est dangereux. Ça l’est pour les enfants dont les parents veulent absolument que le fruit de leur chair soit si intelligent, si spécial. Ça l’est à l’âge adulte car poser un mauvais diagnostic ne peut qu’accroitre la souffrance, surestimant ses capacités, ou mettant un mot sur son mal-être à la place d’un autre, et donc se tromper de solution pour aller mieux.

Être un adulte à haut potentiel sans le savoir, c’est se sentir en décalage sans comprendre. C’est un soulagement quand un professionnel vous délivre enfin la réponse à la question, encore fait-il que ce soit la bonne.

Sachez déjà que les tests de QI sur Internet n’ont aucune valeur scientifique. Ce qui compte, ce n’est pas seulement les résultats, mais la manière de les obtenir, ce qui nécessite d’être observé par les psychologues.

Il y a en effet plusieurs facettes de l’intelligence, et de multiples facteurs, telles que la manière de se repérer dans l’espace ou l’expression des émotions, qui ne peuvent être lus sur un bout de papier. Le bémol de ces tests ? Leur coût. Malheureusement, ils coûtent plusieurs centaines d’euros, représentant un véritable business. A vous et au professionnel qui vous accompagne de voir si c’est nécessaire. Souvent, oui.

5 composantes d’une personne dite d’éponge émotionnelle

Vous a-t-on déjà dit que vous ressentez trop, entendez trop ou pensez trop ?

Article révisé par le Comité Psychologue.net

Certaines personnes ressentent plus que d’autres. On leur dit souvent – que ce soit de manière implicite ou explicite – qu’elles sont «trop», «trop intenses», «trop sensibles», «trop émotives» et que leurs comportements sont «trop dramatiques» ou «trop timides».

La capacité à ressentir plus profondément et intensément

Les gens qui ressentent plus profondément et intensément que les autres sont plus conscients des subtilités ; leur cerveau traite l’information et y réfléchit plus profondément. Les personnes ayant une intensité émotionnelle sont parfois décrites comme sensibles, attentionnées et attentives. Elles peuvent être exceptionnellement perspicaces, intuitives et très attentives aux subtilités de l’environnement. Pourtant, elles sont également submergées par les vagues constantes de nuances sociales et les énergies émotionnelles et psychiques des autres.

Elles ont tendance à remarquer et à se souvenir de beaucoup de choses et peuvent être trop stimulées lorsque les choses sont trop chaotiques ou changeantes pendant longtemps. Cette capacité à ressentir profondément et intensément commence souvent à un jeune âge lorsque les capacités de régulation des émotions font défaut et peut conduire à des blessures psychologiques associées à la honte et à la solitude.

La prise de conscience croissante de ce trait a suscité de nombreuses interrogations, mais les psychologues n’ont jusqu’à présent pas pu se mettre d’accord sur un seul attribut déterminant. Si vous vous identifiez à la description, il existe plusieurs possibilités :

  • Cela peut signifier que vous faites partie des 15 à 20% de la population câblée différemment en tant que personne très sensible.
  • Cela peut signifier que vous avez eu de la chance d’avoir ce don.
  • Cela peut signifier que vous avez ou êtes mal étiqueté comme ayant une maladie mentale comme un trouble de la régulation des émotions, un TDAH, un trouble bipolaire ou une dysthymie (dépression chronique).

Le monde en vient progressivement à adopter le concept de neurodiversité – l’idée que des groupes particuliers de la population sont «différents» de la norme, avec un type spécifique de sensibilité, d’intensité et de douance. Cependant, avec peu de conscience, de nombreux adultes émotionnellement intenses ont avoué s’être sentis seuls et incompris pendant des années, en proie à des doutes sur eux-mêmes et à vivre avec un sentiment persistant de solitude existentielle.

L’intensité émotionnelle comprend les 5 composantes suivantes :

  • 1. Profondeur émotionnelle, rapidité et complexité

Vous ressentez des émotions à un niveau inhabituel de profondeur, de complexité et d’intensité. Cela vous fait vous sentir incroyablement vivant, parfois douloureusement.

    • Vous avez un flux constant de sentiments positifs et négatifs, parfois ensemble, parfois de l’un à l’autre en peu de temps.
    • Vous planez haut dans le bonheur et plongez dans l’obscurité en succession rapide.
    • Vous connaissez le sens du désespoir, mais vous connaissez aussi la beauté et le ravissement. Lorsque l’art ou la musique vous émeuvent, vous êtes inondé de vagues de joie ou transcendé dans un état d’extase.
    • Vous êtes passionné, même si vous ne le montrez pas à l’extérieur.
    • Vous avez tendance à créer des liens émotionnels forts avec les gens, les lieux et les choses, ce qui rend parfois la séparation difficile.
    • Vous vivez la vie avec beaucoup de tendresse et de nostalgie.
  • 2. Empathie profonde et sensibilité
    • Dès votre plus jeune âge, vous avez eu une grande préoccupation pour les autres et le monde en général. Lorsque d’autres sont maltraités, vous avez l’impression que cela vous arrive.
    • Vous pouvez résonner avec les traits d’un «empathe», en raison de votre capacité innée à ressentir et être affecté par les énergies des autres. Dans les situations sociales, vous pouvez intuitivement vous identifier aux émotions des autres, et vous pouvez sentir que vous «absorbez» leur maladie physique et mentale, au point où vous êtes submergé.
    • En raison de votre réactivité et de votre perspicacité dans la douleur des autres, vous avez tendance à former des liens émouvants et significatifs. Vous êtes fidèle, idéaliste et romantique.
    • Cependant, être naturellement ouvert et sensible signifie également que vous êtes vulnérable aux blessures relationnelles dès le plus jeune âge. Votre tendance naturelle à être ouvert et aimant peut être retardée en raison de rejets précoces et de traumatismes.
    • Avoir un système sensoriel accru signifie que vous êtes extrêmement sensible à votre environnement. Vous appréciez davantage les plaisirs sensuels tels que la musique, le langage et l’art, ainsi que les réactions intenses à la vue, au son, au toucher, au goût et à l’odorat. Cela peut également vous faire sentir submergé ou mal à l’aise avec trop d’entrées sensorielles. Vous pouvez être sensible aux bruits forts, aux odeurs fortes ou aux sensations tactiles telles que les étiquettes de vêtements et les surfaces rugueuses.
  • 3. Perceptivité très aiguë
    • Être doué avec perception signifie que vous pouvez ressentir et percevoir des choses qui manquent aux autres. Avec une conscience aiguë, vous pouvez voir au-delà de la superficialité, saisir des modèles et établir des liens.
    • Les connaissances, l’intuition et la capacité de lire plusieurs couches de réalité vous permettent d’évaluer rapidement les personnes et les situations. Vous pouvez sentir l’incongruence et leurs intentions, pensées et sentiments qui se trouvent sous les façades.
    • Vous avez le sentiment de savoir quand quelque chose est sur le point de se produire, ou sur le monde intérieur des autres.
    • Cependant, vos capacités ne vous rendent pas nécessairement la vie facile. Vous êtes gêné par les hypocrisies et l’injustice et luttez avec des personnes et des situations inauthentiques. Vous ne pouvez pas vous empêcher d’être celui qui souligne «l’éléphant dans la pièce», mais votre perspicacité peut sembler intimidante pour ceux qui se sentent «vus à travers».
    • Dans une situation familiale, vous pouvez être le bouc émissaire d’être celui qui porte la douloureuse vérité qui n’est pas dite dans la façade de la normalité. Vous pouvez jouer le rôle de «celui qui pose problème», le bouc émissaire ou le mouton noir.
    • Vous avez une envie innée de repousser les limites de la conformité, de remettre en question ou de remettre en question les traditions, en particulier celles qui semblent dénuées de sens ou injustes. Associé à un sens aigu de la justice, vous êtes souvent frustré par les corruptions et les inégalités dans le monde.
    • Bien que cela puisse indiquer un chemin de vie difficile pour vous, vous avez également le potentiel de prospérer en tant que leader visionnaire.
    • Vous pouvez vous sentir constamment plus vieux que les autres autour de vous, comme une «vieille âme» qui a en quelque sorte perdu vos racines.
  • 4. Un monde intérieur riche avec une excitabilité sensuelle, imaginaire et intellectuelle
    • Vous avez un monde intérieur riche qui est imprégné de mots, d’images, de métaphores, de visualisations, de fantasmes vifs et de rêves.
    • En tant qu’enfant, vous pourriez avoir recouru à votre monde imaginé comme un havre en période de troubles émotionnels.
    • Intellectuellement, vous êtes curieux et réfléchi. Vous avez un fort besoin de chercher à comprendre, à élargir vos horizons, à acquérir des connaissances et à analyser votre contenu mental.
    • Avec une capacité à traiter les informations avec rapidité et profondeur, vous absorbez et parcourez les informations très rapidement. Vous êtes probablement un lecteur assidu et un observateur passionné. Vous pouvez paraître critique et impatient envers les autres qui ne peuvent pas vous suivre.
    • Vous pouvez également intégrer des concepts intellectuels à vos sentiments profonds pour les conceptions originales. Vous pouvez avoir un flux constant d’idées, parfois tellement que vous sentez que vous ne pouvez pas le suivre.
    • Vous avez tendance à ressentir un enthousiasme zélé sur certains sujets et efforts. Lorsque vous vous passionnez pour une idée, votre esprit va plus vite que vos mots ne peuvent suivre, ou vous vous retrouvez à parler rapidement, peut-être même à interrompre les autres.
    • Lorsque vous êtes absorbé par votre amour pour une œuvre d’art, la littérature, le théâtre ou la musique, le monde extérieur cesse d’exister.
    • Vous êtes très capable de réflexion contemplative et d’autoréflexion. Le revers de la médaille est que vous pouvez être occupé par des pensées obsessionnelles et un auto-examen scrupuleux. Vous pouvez également souffrir de perfectionnisme et d’autocritique.
    • Vous êtes extrêmement ouvert d’esprit. Vous êtes sensible au monde spirituel ou avez été attiré par le chemin spirituel dès votre jeune âge. Cela peut se manifester ou non comme une forme de capacité psychique.
  • 5. Potentiel créatif et angoisse existentielle
    • Vous avez toujours été préoccupé par les grandes questions de la vie. À partir d’un jeune âge, vous pouvez éprouver une dépression existentielle et ressentir du chagrin à propos de l’insignifiance de la vie, la mort et la solitude.
    • Vous vous êtes peut-être senti frustré de voir que votre entourage n’était pas prêt à discuter et à considérer ces préoccupations importantes.
    • Votre angoisse existentielle peut se manifester par un sentiment d’urgence sans nom, une impulsion constante pour aller de l’avant. Vous avez le sentiment constant de « chicaner » qu’il y a quelque chose d’important que vous devriez faire, même lorsque votre vision n’est pas encore claire. Vous vivez avec le sentiment que le temps presse et que vous ne faites pas ce que vous devriez faire.
    • Pour une raison inconnue, vous ressentez un poids de responsabilité sur votre épaule, même pour des choses dont vous n’êtes pas responsable.
    • Votre angoisse vous pousse à apprendre, à vous développer et à avancer dans votre chemin de vie, mais elle peut également vous paralyser. Vous pouvez être sujet à des blocages créatifs tels que «bloc d’artiste», «bloc d’écrivain», la procrastination, la peur de l’exposition ou le syndrome de l’imposteur (le sentiment que vous êtes une fraude).
    • Néanmoins, vous avez toujours su au fond de vous que vous n’êtes pas satisfait d’une vie dénuée de sens et axée sur les tâches.
    • Vous pouvez être un polymathe, ou un «multipotentialiste» – quelqu’un avec de multiples intérêts et activités créatives, et pas seulement un appel.
    • Lorsque vous avez une vision forte ou une idée innovante, vous pouvez sentir la séparation entre l’appartenance et l’expression authentique – vous voulez exprimer avec votre moi plein et authentique, mais vous craignez que cela signifie être rejeté ou laisser des gens derrière vous.

Vous êtes-vous retrouvé.e dans cette description des personnes qui sont des « éponges émotionnelles » ? Partagez votre vécu….

Source : https://www.psychologue.net

Autisme et HQI: quels liens?

Par Adeline Lacroix, doctorante en Psychologie et Neurosciences.

Comment faire la distinction entre une personne autiste et une personne surdouée ? C’est l’une des questions que l’on me pose souvent. Cet article vise d’une part à éclairer succinctement les raisons pour lesquelles cette question se pose et d’apporter quelques éléments de réponse.

Dans le DSM-5, la définition de l’autisme repose sur trois points essentiels (American Psychiatric Association, 2013). Tout d’abord, les deux grands critères diagnostiques doivent être présents, à savoir des difficultés persistantes dans les interactions sociales et dans la communication, accompagnées d’intérêts spécifiques, de comportements stéréotypés et de spécificités sensorielles. Ces particularités doivent être apparues au cours du développement précoce et sont donc remarquables dans la petite enfance. Enfin, pour qu’elles donnent lieu à un diagnostic, elles doivent résulter en une altération cliniquement significative (critère D du DSM-5). En d’autres termes, cela doit générer un handicap, ce qui est peut-être le point le plus souvent négligé actuellement. Ce dernier point est important car si la prévalence de l’autisme est actuellement considérée comme étant de l’ordre de 1%, les traits autistiques, eux, peuvent exister et se répartir chez l’ensemble de la population (Allison et al., 2008; Baron-Cohen et al., 2001; Constantino & Todd, 2003; Posserud et al., 2006). De ce fait, il n’est pas toujours facile de savoir où se situe la frontière entre autisme et non autisme, d’autant que si les personnes autistes et les personnes non autistes avec des traits autistiques prononcés partagent des caractéristiques cliniques, elles peuvent aussi partager certaines particularités neuroanatomiques (Focquaert & Vanneste, 2015). Il s’agit notamment de spécificités dans certaines régions jouant un rôle dans les aptitudes sociales comme le cortex temporo-occipital, le cortex temporal inférieur, l’insula ou encore l’amygdale. Là encore, il faut bien se représenter qu’il n’y a pas un cerveau autiste bien distinct d’un cerveau non autiste (si c’était le cas nous aurions des marqueurs biologiques fiables pour identifier un TSA). Ainsi, le flou de la frontière entre le spectre de l’autisme et le spectre du non-autisme demeure.

En termes de QI et de fonctionnement cognitif, tous types de profils peuvent être observés chez les personnes autistes, même si certains types sont plus présents que d’autres, les personnes autistes montrant souvent des pic d’aptitudes dans des domaines spécifiques (Chiang et al., 2014). La méta analyse de Chiang et al. (2014), bien que souffrant de certains biais (puisqu’elle contient des études contenant elles-mêmes certains biais, comme le fait qu’il n’y ait pas d’étude concernant les personnes autistes avec haut potentiel et pas d’étude avec un nombre de fille élevé), montre que la répartition des scores de QI chez les personnes autistes semble suivre une loi normale (comme dans la population générale).

Autisme et HQI quels liens

Distributions des scores de QI chez la poulation asperger (en bleu) et Autiste de Haut niveau (en rouge) – issu de Chiang et al. (2014)

Le terme « surdoué » ou « haut potentiel intellectuel (HPI)» ou encore « haut QI » (HQI), quant à lui, correspond aux personnes qui ont un QI très supérieur à la moyenne, c’est-à-dire, supérieur à 130. Cette définition est simple et la seule à faire l’objet d’un réel consensus (pour plus de détail voir l’article de Franck Ramus et Nicolas Gauvrit publié dans La recherche et sur le blog de Franck Ramus). En conséquence, la question posée en introduction semble vite résolue car nous parlons au final de deux choses distinctes. D’une part, nous avons une condition avec des symptômes spécifiques entrainant un handicap, d’autre part, nous avons un fonctionnement cognitif supérieur à la moyenne, n’entrainant pas de handicap.

De ce fait, nous pouvons nous interroger sur l’origine de l’amalgame entre les deux. En réalité, la notion de HPI a joui d’une littérature faste ces dernières années dans laquelle les surdoués ont été décrits comme des personnes en décalage avec les autres, hypersensibles, inadaptés, anxieux etc. Le portrait stéréotypé du savant solitaire et incompris, dans sa bulle et hypersensible, et au final handicapé, s’est donc renforcé dans l’esprit des gens, amenant même la croyance populaire que la surdouance serait en réalité un continuum du spectre de l’autisme. Il existe en réalité bien peu de fondements scientifiques venant appuyer les difficultés sociales et le fait que les personnes avec HQI rencontreraient plus de difficultés que les autres. Ceci est détaillé toujours dans l’article de Franck Ramus et nous pouvons également retrouver la déconstructions d’un certain nombre de mythes sur le HPI dans le livre de Nicolas Gauvrit, « Les surdoués ordinaires ». Je ne reviendrai donc pas dans les détails sur ce sujet mais ce qu’il faut retenir de cela, c’est que globalement, beaucoup d’études menées sont biaiséescar elles se concentrent sur des échantillons de personnes qui se sont rendues chez un psychologue pour obtenir un diagnostic. Dans bien des cas, cela implique qu’il y a une problématique particulière, au-delà du HQI. Lorsque des études sont réalisées sur de plus grands échantillons où toute une population est testée, alors les caractéristiques cliniques souvent attribuées aux personnes surdouées ne sont pas retrouvées. Toutefois, il est possible que certaines différences qualitatives relevées chez certains surdoués par des cliniciens puissent relever, dans un nombre faible de cas, de l’autisme, ou encore, dans un nombre plus important de cas, de traits autistiques. Ceci pourrait expliquer l’amalgame pouvant être fait. Toutefois, ce n’est pas parce que certaines personnes sont surdouées et autistes, ou parce que d’autres sont surdouées et avec des traits autistiques (ces derniers pouvant aussi avoir des difficultés, même si “difficultés” ne veut pas forcément dire handicap), qu’il existe un continuum entre ces deux conditions. Une des rares études portant sur le sujet indique justement que l’un des profils retrouvés chez certains enfants surdoués s’apparenterait au profil autistique (Boschi et al., 2016). Mais on parle bien de « certains » enfants, et il existe donc d’autres profils.

A ma connaissance, une seule autre étude s’est intéressée à la distinction entre le profil d’enfants et adolescents surdoués avec ou sans TSA associé. Cette étude a montré que les deux groupes différaient de manière importante dans leur capacités adaptatives (Doobay et al., 2014). En particulier, les jeunes autistes avaient des scores largement en dessous des normes concernant le domaine social, alors que leurs scores se trouvaient dans la moyenne dans les domaine de la communication et des aptitudes en vie quotidienne, même s’ils étaient significativement inférieurs aux scores des jeunes n’ayant pas de diagnostic d’autisme dans cette étude. Par ailleurs, les parents et les professeurs des jeunes avec un diagnostic d’autisme reportaient davantage de comportements atypiques, d’évitement social et de difficultés d’adaptabilité, de dépression ou encore des problèmes attentionnels. A l’inverse, les scores sur les échelles utilisées pour les enfants qui n’étaient pas autistes se trouvaient dans les normes, en accord avec la littérature indiquant que les enfants HPI ne sont pas plus prompts que leurs pairs à rencontrer des difficultés socio-émotionnelles.

Ainsi, les éléments scientifiques dont nous disposons à l’heure actuelle ne permettent pas de faire de liens entre les profils cliniques des personnes surdouées et des personnes autistes.

En revanche, un lien entre HQI et autisme pourrait être évoqué au niveau génétique. Une large étude de 2015 a pu montrer que certaines variations génétiques associées à l’autisme étaient également associées à un QI plus élevé chez les personnes non autistes présentant cette variation (Clarke et al., 2016). Ceci semble confirmé par une autre étude de 2017 (Sniekers et al., 2017). Toutefois, notons bien qu’il ne s’agit pas là d’une corrélation entre des spécificités cliniques communes qui seraient retrouvées chez les uns et les autres. Ce qui est mentionné dans ces études, c’est que certaines variations génétiques associées à l’autisme sont également retrouvées chez des personnes non autistes (leurs traits autistiques n’ont pas été évalués), avec haut QI. Cela explique donc que l’on puisse retrouver dans la même famille des personnes autistes et des personnes surdouées. De la même manière, il existe des liens génétiques entre l’autisme et la schizophrénie et la bipolarité (O’Connell et al., 2018), ce qui n’implique pas non plus un continuum (mais il semble que ce genre de lien avec des conditions moins désirables est beaucoup moins discuté sur les réseaux sociaux, ce sur quoi je ne m’étendrais pas…) . Il est d’ailleurs intéressant de constater que dans les premières descriptions de l’autisme de Kanner (Kanner, 1943) et Asperger (Asperger, 1944), ces deux médecins avaient pu observer que les enfants décrits provenaient souvent de familles dans lesquelles se trouvaient à la fois des personnes très intelligentes et à la fois des personnes assez atypiques, voire, les deux. Un biais de recrutement n’est pas à exclure (si à l’heure actuelle, les classes les plus privilégiées vont bénéficier d’un meilleur accès au diagnostic et au soin, on peut imaginer qu’au début/milieu du XXe siècle, cela devait être encore plus présent). Toutefois, ces données génétiques apportent aussi des éléments de réflexion importants.

Ce qu’il faut retenir :

– L’autisme et le fait d’avoir un HQI sont deux choses distinctes. Avoir un HQI n’implique aucun symptômes et se définit par un QI > 130 (de manière la plus consensuelle)

– Il est possible d’être autiste et d’avoir un HQI, mais ce n’est pas la majorité des cas ; il est plus probable d’avoir un HQI sans être autiste, tout en ayant certains traits de l’autisme, puisque les traits autistiques existent dans l’ensemble de la population

– Il existe possiblement certains liens génétiques entre l’autisme et le HQI, mais cela se manifeste par un HQI chez les personnes non autistes ayant ces gènes

– et si on me demande mon avis sur les tableaux qui dressent la distinction entre les deux : je les trouve généralement peu pertinents car ils s’appuient sur de fausses représentations du HQI (e.g., difficultés sociales etc.)

Bibliographie:

Allison, C., Baron-Cohen, S., Wheelwright, S., Charman, T., Richler, J., Pasco, G., & Brayne, C. (2008). The Q-CHAT (Quantitative CHecklist for Autism in Toddlers): A normally distributed quantitative measure of autistic traits at 18-24 months of age: preliminary report. Journal of Autism and Developmental Disorders, 38(8), 1414–1425. https://doi.org/10.1007/s10803-007-0509-7

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Les enfants surdoués présentent-ils un développement psychomoteur particulier ?

Dans l’imaginaire collectif, l’enfant précoce n’est pas toujours considéré comme particulièrement dégourdi ni très agile. Qu’en est-il de la réalité ?

[ZEBRE AND CO] Groupe continu 2020 - 2021

Selon les recherches menées par la neuropsychologue Laurence Vaivre-Douret, le développement psychomoteur de l’enfant surdoué serait plus rapide que la moyenne, d’un ou deux mois en général pour ce qui concerne la posture et la locomotion. Cela lui permet d’acquérir rapidement coordination et autonomie de mouvement, par exemple en tenant assis vers 6 mois plutôt que 8 mois pour les autres enfants, en marchant de façon autonome vers 12 mois plutôt que 14.

Pour comparer le développement psychomoteur de votre enfant avec la norme, vous pouvez vous référer au tableau ci-dessous.

Etapes du développement

Norme

30% d’avance

Activités motrices de base

Se rouler par terre

3 mois

2.1 mois

S’asseoir seul

7

4.9

Se tenir bien debout seul

11

7,7

Marcher seul

12,5

8,8

Monter des marches

18

12,6

Tourner les pages d’un livre

18

12,6

Bien courir

24

16,8

Sauter avec ses pieds

30

21

Conduire un tricycle en utilisant les pédales

36

25,2

Lancer une balle

48

33,6

Sauter d’un pied sur l’autre alternativement

60

42

Motricité avancée

Jouer avec une crécelle

3

2,1

Tenir des objets entre son pouce et ses doigts

9

6,3

Gribouiller spontanément

13

9,1

Dessiner les gens avec un corps en deux parties

48

33,6

Dessiner des personnes reconnaissables avec un corps

60

42

Dessiner des personnes avec un cou, des mains et des vêtements

72

50,4

Développement du langage

Vocaliser deux sons différents

2,3

1,6

Dire ses premiers mots

7,9

5,5

Répondre à son nom

9

6,3

Babiller avec intonation

12

8,4

Vocabulaire de 4-6 mots

15

10,5

Nommer un objet

17,8

12,5

Vocabulaire de 20 mots

21

14,7

Combiner spontanément plusieurs mots

21

14,7

Utiliser des phrases simples

24

16,8

Utiliser des pronoms personnels

24

16,8

Source du tableau : Harrison, C (1995) Giftedness in early childhood. Sydney: KU Children’s Services.

L’avance dans le développement psychomoteur des enfants précoces porterait également sur leurs capacités d’observation (le fameux regard scrutateur du bébé surdoué) et d’éveil, sur la préhension des objets (la saisie précoce du biberon par exemple) et tout particulièrement sur le langage.

Paradoxalement, certaines étapes de développement peuvent être franchies plus tardivement, mais de façon brutale et quasi-parfaite. Il semblerait qu’elles puissent être retardées par un besoin d’assurance et de sécurité nécessaire pour se lancer. Ce n’est que lorsque l’enfant se sentira suffisamment assuré qu’il franchira une nouvelle étape.

Si l’avance constaté à travers l’une des facettes du développement ne suffit pas à émettre l’hypothèse d’une précocité intellectuelle, il convient cependant de rester attentif face à la multiplication des signaux d’alerte

A contrario, en présence d’un enfant visiblement intelligent mais peu dégourdi, il ne faut pas négliger la possibilité que des troubles qui n’ont rien à voir avec son niveau intellectuel soient présents et l’handicapent dans son quotidien, comme, par exemple, dans le cas d’une dyspraxie. Dans cette situation, un bilan psychomoteur peut se justifier et aidera sans aucun doute à y voir plus clair.

Et vous, avez-vous constatée cette avance dans le développement psychomoteur de votre enfant ou, au contraire, vous a-t-il semblé particulièrement en retard dans l’acquisition des gestes que ses petits camarades s’était appropriés depuis longtemps, tels le laçage des chaussures ou la pratique du vélo sans aide.

Source: https://www.enfantsprecoces.info/

Trouble du déficit de l’attention

Découvrez les talents de vos employés atypiques !

[ZEBRE AND CO] Groupe continu 2020 - 2021

Si le discours en faveur de la diversité gagne du terrain dans les entreprises, les employés atypiques, comme ceux à trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) dérangent toujours les modes opératoires en place dans des organisations qui ont du mal à s’adapter à cette différence, faute de bien la connaître.

Le TDAH est lié à un fonctionnement atypique chronique des parties du cerveau liées aux « fonctions exécutives » d’un individu. Ses symptômes (dont la distractibilité, l’impatience, l’impulsivité) ne sont généralement pas nocifs en tant que tels pour l’individu et ne deviennent donc handicapants qu’au contact des demandes de la société telle qu’elle est organisée par la majorité.

Les difficultés sévères et persistantes que le TDAH entraîne au quotidien valent à ce fonctionnement atypique le statut de trouble neurocomportemental, et parfois même de handicap. On parle alors d’individus « neuroatypiques ».

Le terme de déficit de l’attention entretient une certaine confusion. En effet, l’attention des personnes TDAH n’est pas moindre par rapport à la majorité (les « neurotypiques »), mais elle est différente. Canalisée et utilisée à bon escient, cette différence peut se révéler être une grande force pour l’employé TDAH, comme nous l’avons constaté lors de nos travaux sur le sujet. Cette particularité constitue également un atout pour celles et ceux qui bénéficient des fruits de la pensée de l’employé TDAH, notamment dans un collectif qui privilégie souvent la pensée linéaire et l’attention « en projecteur » (on ne se focalise que sur une chose à la fois).

Malgré une présentation clinique de plus en plus documentée et un nombre croissant de diagnostics, le TDAH reste sous-diagnostiqué, sous-traité et souvent mal compris. Ce trouble est couramment diagnostiqué chez les enfants, si bien qu’il est souvent perçu, à tort, comme n’affectant qu’eux. Or, la prévalence du TDAH à l’âge adulte est loin d’être négligeable puisqu’elle se situerait entre 2 et 5 %, voire plus selon les études.

Un potentiel créatif supérieur

Actuellement, on retrouve une tendance à inscrire la diversité dans le monde de l’entreprise via l’innovation en ressources humaines, notamment dans les processus de recrutement. Nombreuses sont les entreprises souhaitant répondre à une pression croissante venant des parties prenantes qui insistent pour voir des équipes plus mixtes, multiculturelles, issues de courants de pensée différents et aux parcours variés.

Cette tendance semble donc s’inscrire au nom de l’égalité des chances et dans un souci de représentation de la société au sein de l’entreprise, mais pas seulement. En effet, s’il est désormais bien connu que la mixité des profils et la diversité cognitive font partie des caractéristiques culturelles des entreprises les plus performantes, c’est surtout au nom de l’innovation que les organisations appuient leurs politiques de diversité.

Or, des études récentes montrent que les personnes TDAH ont un potentiel créatif supérieur à la normale, qui se manifeste notamment par une tendance à l’anticonformisme, à la pensée originale, et la pensée divergente.

Souvent, les personnes TDAH peuvent être repérées en entreprises lors de réunions de brainstorming, par leur facilité naturelle à produire rapidement de nombreuses idées originales, et à ne pas se laisser influencer par ce qu’elles savent déjà ou ce qui existe déjà.

En effet, l’expansion conceptuelle constitue un autre aspect de la cognition créatrice associée au cerveau TDAH. Certains employeurs clament haut et fort qu’ils veulent attirer des individus neuroatypiques, précisément en raison de ce potentiel créatif.

En tant qu’employeur, si vous vous appliquez à attirer, intégrer, et développer vos employés TDAH, vous faites ainsi d’une pierre un nombre incalculable de coups, puisque vous dotez votre équipe d’une personnalité en plus, mais aussi d’un antidote au groupthink (opter pour une mauvaise décision simplement parce qu’elle fait consensus) et d’une imagination sans limites. Cependant, il est très important de ne pas se mentir : il y a bel et bien un envers à ce degré de « débrouillardise », de réflexion déstructurée, et d’attention multi-focalisée.

Informer et sensibiliser

Le TDAH donne lieu chez beaucoup d’adultes qui en sont atteints à des comportements qui, en entreprise mais pas seulement, seront à gérer avec ouverture d’esprit et empathie. Si un traitement multimodal (médicament, psycho-éducation, coaching) aide la plupart des adultes à mieux gérer leurs symptômes, notamment au travail, le cerveau TDAH ne se normalise pas – même mieux géré, il est toujours là.

En conséquence, pour que cela constitue un réel avantage pour une organisation, encore faut-il que celle-ci accueille la curiosité, la pensée divergente, l’expérimentation et l’erreur, comme des outils de travail à part entière.

Les adultes TDAH qui réussissent professionnellement sont souvent perçus comme dynamiques, créatifs, spontanés. Leur énergie aide à entraîner les collaborateurs vers de nouvelles idées et de nouveaux projets ; leur enthousiasme convainc, il est contagieux.

Cependant, ceux qui aiment s’exprimer en réunion seront aussi repérés par leurs interruptions fréquentes, leur agitation voire leur inconfort lorsqu’il doivent attendre leur tour pour parler, leurs observations binaires ou encore la blague qui met tout le monde mal à l’aise. On notera en outre une aisance, voire une certaine nonchalance, de beaucoup de personnes TDAH en présence de leurs supérieurs hiérarchiques, pendant que leurs pairs adopteront certainement une posture et une attitude moins spontanées et plus solennelles.

Ce qui en réalité est une manifestation de l’impulsivité intrinsèquement liée au TDAH de l’employé sera alors attribué par ses collaborateurs à un manque de politesse, une haute opinion de soi, ou encore un manque de respect envers les codes de l’entreprise, envers l’ordre des choses.

En réalité, cette hyperactivité cognitive constitue un symptôme du TDAH moins connu du grand public, et particulièrement déroutant car totalement invisible. Si un collègue TDAH ne tient pas en place en réunion (il dessine sur son bloc-notes, ou se lève sans prévenir), cette personne est plus visiblement hyperactive. Les choses se compliquent pour la personne TDAH dont le cerveau est hyperactif dans le sens où il ne cesse de produire – et de percevoir – des stimuli internes, sous forme de pensées ou d’idées.

Imaginons que l’une de vos employées, brillante et bien intentionnée, soit connue pour savoir habilement présenter des idées de nouveaux projets devant son équipe. Mais cette même personne est aussi connue pour ne jamais aller au bout de ses projets : la passion avec laquelle elle appréhende le projet au départ semble comme essoufflée après peu de temps ou, avec l’arrivée d’une autre idée… qui connaîtra certainement le même sort par la suite.

Ce débordement d’idées constant épuise et ralentit la personne TDAH dans sa production de ce que l’on appelle ses « livrables » (ou résultats), déjà mis à mal par les difficultés d’organisation, de planification, et de mémoire à court et long termes, toutes caractéristiques du TDAH adulte.

Sans information et sensibilisation à l’existence de différentes manières de penser, et donc de se comporter, la perception des collaborateurs sera celle de quelqu’un qui n’est pas fiable, qui parle beaucoup mais ne fait « rien ». Si la collègue en question n’est pas consciente de son TDAH, elle se pensera résolument incompétente et perdra peu à peu confiance en elle et en ses capacités, pourtant bien présentes.

Performer autrement

Bien que l’inattention soit l’un des symptômes les plus connus et reconnus du TDAH, il est inexact de conclure que les individus souffrent constamment d’un manque d’attention. Des études ont ainsi prouvé que les adultes TDAH sont particulièrement susceptibles d’atteindre le fameux état de flow, ou hyperfocus, recherché par ceux qui souhaitent effectuer du deep work.

Cette capacité n’empêche toutefois pas le cerveau TDAH de faire preuve d’une attention dite multi-focalisée, par opposition à une majorité cognitive qui prône « l’attention comme un projecteur, un seul angle », ce qui pose problème dès l’école.

Au bureau, cette différence dans la régulation de l’attention se remarquera par exemple chez ce collègue qui régulièrement, pendant une conversation entière est capable de montrer presque tous les signes de présence (par exemple, hochements de tête au bon moment), mais serait incapable de répéter les deux dernières phrases que vous venez de prononcer même si sa vie en dépendait.

Pourquoi ? Peut-être qu’il a vu un écureuil passer devant la fenêtre, ou que vous avez dit un mot qui lui a fait penser à sa liste de course, ou à une chanson qu’il a entendue pour la première fois à Barcelone, « ah, et d’ailleurs, Barcelone… ».

L’errance de l’esprit est certainement le trésor du cerveau TDAH qui souffre le plus au contact de la société dans laquelle nous vivons. À l’heure où nos familles, nos emplois, les publicitaires et les réseaux sociaux se la disputent, notre attention devient bel et bien le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à un interlocuteur, un collègue ou un projet. Pourtant, « être dans la lune » serait bien plus productif que l’on ne le suppose, puisque cet état serait directement lié à l’émergence de pensées créatives.

Comme l’écrivait J.R.R. Tolkien :

« Tous ceux qui errent ne sont pas perdus ».

Cette citation implique plusieurs choses si on l’applique au cadre du TDAH dans le monde du travail. Leur cerveau est depuis toujours habitué à faire de la réingénierie de modèles et de méthodes établis (coping mechanisms, hacking) pour pouvoir les utiliser quand même, un peu comme les gauchers trop souvent oubliés et qui tous les jours manient maints objets dans un monde de droitiers. Pour performer, les personnes neuroatypiques doivent donc s’organiser autrement.

Avoir des employés TDAH et les soutenir pleinement dans leur développement aussi bien personnel que professionnel, dépendra de bien plus que des accommodations matérielles et de confort que l’entreprise va mettre en place. Certes, la flexibilité d’horaires et de lieu de travail, les casques antibruit, l’accès autorisé à des applications informatiques spécialisées, les pièces calmes et la réduction des interruptions, restent des avancées positives… mais insuffisantes.

Sans une intervention pour revisiter en profondeur sa culture organisationnelle (par exemple, via une transformation accompagnée et/ou du coaching ciblé), une entreprise ne peut se prévaloir du statut d’employeur inclusif. Peu importent les sommes investies pour un marketing dans ce sens, la véritable marque employeur se révélera si l’individu TDAH et son entourage professionnel s’enlisent dans une dynamique, une incompréhension et des tensions qui sont non seulement contre-productives mais surtout, évitables.

Source : https://theconversation.com/

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