Êtes-vous un surdoué adulte non déclaré ?

Êtes-vous un surdoué adulte non déclaré ?
PAR CLÉMENTINE BILLÉ MIS À JOUR LE
Si désormais les enfants surdoués sont bien mieux détectés, en raison d’une sensibilisation plus grande du corps professoral, beaucoup d’entre eux passent à travers les mailles des filets des psychologues. Et si vous faisiez partie des adultes surdoués non déclarés ?

Vous êtes peut-être une personne surdouée. Ou comme on peut aussi les appeler, une personne haut potentiel, zèbre, précoce ou philo-cognitive. Comment ça, vous auriez un tel profil encore non détecté à l’âge adulte ?

Oui, c’est bel et bien possible. Déjà, parce que pour être détecté quand on est enfant, il faut tomber sur quelqu’un qui est sensibilisé. Tout le monde n’a pas des parents en capacité de soupçonner un tel profil en vous, tout le monde n’a pas un prof capable de le repérer.

Quelles sont les caractéristiques des surdoués ?

Ensuite, parce que les idées reçues sur les surdoués restent bien ancrées. On vous dit haut potentiel et vous pensez, pour la majorité d’entre vous, à un enfant hyper doué en classe, qui s’ennuie un peu parce qu’il connecte plus vite que les autres. Seulement voilà, cette description, un peu grossière, ne correspond qu’à un seul des deux grands profils de hauts potentiels.

Comment reconnaître un surdoué alors ? En 2015, un groupe de trois chercheurs de l’université de Lyon (la psychologue Fanny Nusbaum, le biophysicien Dominic Sappey-Marinier et le pédopsychiatre Olivier Revol) a établi ces deux profils distincts, grâce à une étude par IRM fonctionnelle.

Il y a donc le laminaire. Un laminaire sera souvent bon élève (le profil premier de la classe), aura du plaisir pour apprendre, sera exigeant, et voudra réussir brillamment. Il a un bon relationnel bien qu’il ait l’esprit de compétition et sera donc sujet à l’anxiété de la performance. Il est stable, adaptable, ouvert aux autres, empathiques, explorateurs et vivent bien leur « don », leur différence, à la différence des complexes.

Ceux-ci montrent des QI tout aussi élevés, mais avec des capacités cognitives hétérogènes. Ils vont avoir des capacités classiques dans certains domaines, et très élevées dans d’autres, ce qui crée un trouble psychique, renforcé par un décalage entre la sphère intellectuelle très mature et la sphère émotionnelle plus fragile.

Alors que les laminaires ont une démarche analytique, eux vont plutôt suivre les intuitions. Tout doit avoir un sens : le complexe aime savoir mais pas forcément travailler pour savoir, il veut comprendre pourquoi il a besoin d’apprendre, il a besoin de stimulation. Il a aussi un grand manque d’estime de soi, des doutes, des turbulences émotionnelles, une hypersensibilité et des difficultés de socialisation et de communication. Généreux, attachant mais aussi naïf, le complexe a tendance à chercher sa place dans la société.

Le QI des hauts potentiels : avec ou sans test ?

Les symptômes des surdoués sont ainsi bien divers. Finalement, leur grand point commun reste le QI élevé. Un quotient intellectuel moyen est autour de 100, une personne à haut potentiel aura un QI supérieur à 130. Mais comment savoir qu’on a son QI, et comment savoir qu’on est un adulte à haut potentiel ?

Pour avoir quelques pistes, il est possible de se poser quelques questions, notamment sur son enfance. Avais-je une bonne mémoire et l’esprit vif ? Ai-je commencé à lire et à écrire avant les autres enfants de mon âge ? Est-ce que j’étais très sensible ? Est-ce que je posais beaucoup de questions ? Etais-je une grande lectrice ? Avais-je beaucoup de centres d’intérêt ?

Aimais-je les jeux qui invitent à la réflexion comme les labyrinthes ? Avais-je une grande imagination ? Etais-je capable de me concentrer facilement et de bien discerner les choses ? Si la réponse à ces questions est « oui », il est probable que vous soyez une adulte surdouée.

Si vous souhaitez en avoir le cœur net, il est nécessaire de faire les tests, car auto-diagnostiquer la douance est dangereux. Ça l’est pour les enfants dont les parents veulent absolument que le fruit de leur chair soit si intelligent, si spécial. Ça l’est à l’âge adulte car poser un mauvais diagnostic ne peut qu’accroitre la souffrance, surestimant ses capacités, ou mettant un mot sur son mal-être à la place d’un autre, et donc se tromper de solution pour aller mieux.

Être un adulte à haut potentiel sans le savoir, c’est se sentir en décalage sans comprendre. C’est un soulagement quand un professionnel vous délivre enfin la réponse à la question, encore fait-il que ce soit la bonne.

Sachez déjà que les tests de QI sur Internet n’ont aucune valeur scientifique. Ce qui compte, ce n’est pas seulement les résultats, mais la manière de les obtenir, ce qui nécessite d’être observé par les psychologues.

Il y a en effet plusieurs facettes de l’intelligence, et de multiples facteurs, telles que la manière de se repérer dans l’espace ou l’expression des émotions, qui ne peuvent être lus sur un bout de papier. Le bémol de ces tests ? Leur coût. Malheureusement, ils coûtent plusieurs centaines d’euros, représentant un véritable business. A vous et au professionnel qui vous accompagne de voir si c’est nécessaire. Souvent, oui.

5 composantes d’une personne dite d’éponge émotionnelle

Vous a-t-on déjà dit que vous ressentez trop, entendez trop ou pensez trop ?

Article révisé par le Comité Psychologue.net

Certaines personnes ressentent plus que d’autres. On leur dit souvent – que ce soit de manière implicite ou explicite – qu’elles sont «trop», «trop intenses», «trop sensibles», «trop émotives» et que leurs comportements sont «trop dramatiques» ou «trop timides».

La capacité à ressentir plus profondément et intensément

Les gens qui ressentent plus profondément et intensément que les autres sont plus conscients des subtilités ; leur cerveau traite l’information et y réfléchit plus profondément. Les personnes ayant une intensité émotionnelle sont parfois décrites comme sensibles, attentionnées et attentives. Elles peuvent être exceptionnellement perspicaces, intuitives et très attentives aux subtilités de l’environnement. Pourtant, elles sont également submergées par les vagues constantes de nuances sociales et les énergies émotionnelles et psychiques des autres.

Elles ont tendance à remarquer et à se souvenir de beaucoup de choses et peuvent être trop stimulées lorsque les choses sont trop chaotiques ou changeantes pendant longtemps. Cette capacité à ressentir profondément et intensément commence souvent à un jeune âge lorsque les capacités de régulation des émotions font défaut et peut conduire à des blessures psychologiques associées à la honte et à la solitude.

La prise de conscience croissante de ce trait a suscité de nombreuses interrogations, mais les psychologues n’ont jusqu’à présent pas pu se mettre d’accord sur un seul attribut déterminant. Si vous vous identifiez à la description, il existe plusieurs possibilités :

  • Cela peut signifier que vous faites partie des 15 à 20% de la population câblée différemment en tant que personne très sensible.
  • Cela peut signifier que vous avez eu de la chance d’avoir ce don.
  • Cela peut signifier que vous avez ou êtes mal étiqueté comme ayant une maladie mentale comme un trouble de la régulation des émotions, un TDAH, un trouble bipolaire ou une dysthymie (dépression chronique).

Le monde en vient progressivement à adopter le concept de neurodiversité – l’idée que des groupes particuliers de la population sont «différents» de la norme, avec un type spécifique de sensibilité, d’intensité et de douance. Cependant, avec peu de conscience, de nombreux adultes émotionnellement intenses ont avoué s’être sentis seuls et incompris pendant des années, en proie à des doutes sur eux-mêmes et à vivre avec un sentiment persistant de solitude existentielle.

L’intensité émotionnelle comprend les 5 composantes suivantes :

  • 1. Profondeur émotionnelle, rapidité et complexité

Vous ressentez des émotions à un niveau inhabituel de profondeur, de complexité et d’intensité. Cela vous fait vous sentir incroyablement vivant, parfois douloureusement.

    • Vous avez un flux constant de sentiments positifs et négatifs, parfois ensemble, parfois de l’un à l’autre en peu de temps.
    • Vous planez haut dans le bonheur et plongez dans l’obscurité en succession rapide.
    • Vous connaissez le sens du désespoir, mais vous connaissez aussi la beauté et le ravissement. Lorsque l’art ou la musique vous émeuvent, vous êtes inondé de vagues de joie ou transcendé dans un état d’extase.
    • Vous êtes passionné, même si vous ne le montrez pas à l’extérieur.
    • Vous avez tendance à créer des liens émotionnels forts avec les gens, les lieux et les choses, ce qui rend parfois la séparation difficile.
    • Vous vivez la vie avec beaucoup de tendresse et de nostalgie.
  • 2. Empathie profonde et sensibilité
    • Dès votre plus jeune âge, vous avez eu une grande préoccupation pour les autres et le monde en général. Lorsque d’autres sont maltraités, vous avez l’impression que cela vous arrive.
    • Vous pouvez résonner avec les traits d’un «empathe», en raison de votre capacité innée à ressentir et être affecté par les énergies des autres. Dans les situations sociales, vous pouvez intuitivement vous identifier aux émotions des autres, et vous pouvez sentir que vous «absorbez» leur maladie physique et mentale, au point où vous êtes submergé.
    • En raison de votre réactivité et de votre perspicacité dans la douleur des autres, vous avez tendance à former des liens émouvants et significatifs. Vous êtes fidèle, idéaliste et romantique.
    • Cependant, être naturellement ouvert et sensible signifie également que vous êtes vulnérable aux blessures relationnelles dès le plus jeune âge. Votre tendance naturelle à être ouvert et aimant peut être retardée en raison de rejets précoces et de traumatismes.
    • Avoir un système sensoriel accru signifie que vous êtes extrêmement sensible à votre environnement. Vous appréciez davantage les plaisirs sensuels tels que la musique, le langage et l’art, ainsi que les réactions intenses à la vue, au son, au toucher, au goût et à l’odorat. Cela peut également vous faire sentir submergé ou mal à l’aise avec trop d’entrées sensorielles. Vous pouvez être sensible aux bruits forts, aux odeurs fortes ou aux sensations tactiles telles que les étiquettes de vêtements et les surfaces rugueuses.
  • 3. Perceptivité très aiguë
    • Être doué avec perception signifie que vous pouvez ressentir et percevoir des choses qui manquent aux autres. Avec une conscience aiguë, vous pouvez voir au-delà de la superficialité, saisir des modèles et établir des liens.
    • Les connaissances, l’intuition et la capacité de lire plusieurs couches de réalité vous permettent d’évaluer rapidement les personnes et les situations. Vous pouvez sentir l’incongruence et leurs intentions, pensées et sentiments qui se trouvent sous les façades.
    • Vous avez le sentiment de savoir quand quelque chose est sur le point de se produire, ou sur le monde intérieur des autres.
    • Cependant, vos capacités ne vous rendent pas nécessairement la vie facile. Vous êtes gêné par les hypocrisies et l’injustice et luttez avec des personnes et des situations inauthentiques. Vous ne pouvez pas vous empêcher d’être celui qui souligne «l’éléphant dans la pièce», mais votre perspicacité peut sembler intimidante pour ceux qui se sentent «vus à travers».
    • Dans une situation familiale, vous pouvez être le bouc émissaire d’être celui qui porte la douloureuse vérité qui n’est pas dite dans la façade de la normalité. Vous pouvez jouer le rôle de «celui qui pose problème», le bouc émissaire ou le mouton noir.
    • Vous avez une envie innée de repousser les limites de la conformité, de remettre en question ou de remettre en question les traditions, en particulier celles qui semblent dénuées de sens ou injustes. Associé à un sens aigu de la justice, vous êtes souvent frustré par les corruptions et les inégalités dans le monde.
    • Bien que cela puisse indiquer un chemin de vie difficile pour vous, vous avez également le potentiel de prospérer en tant que leader visionnaire.
    • Vous pouvez vous sentir constamment plus vieux que les autres autour de vous, comme une «vieille âme» qui a en quelque sorte perdu vos racines.
  • 4. Un monde intérieur riche avec une excitabilité sensuelle, imaginaire et intellectuelle
    • Vous avez un monde intérieur riche qui est imprégné de mots, d’images, de métaphores, de visualisations, de fantasmes vifs et de rêves.
    • En tant qu’enfant, vous pourriez avoir recouru à votre monde imaginé comme un havre en période de troubles émotionnels.
    • Intellectuellement, vous êtes curieux et réfléchi. Vous avez un fort besoin de chercher à comprendre, à élargir vos horizons, à acquérir des connaissances et à analyser votre contenu mental.
    • Avec une capacité à traiter les informations avec rapidité et profondeur, vous absorbez et parcourez les informations très rapidement. Vous êtes probablement un lecteur assidu et un observateur passionné. Vous pouvez paraître critique et impatient envers les autres qui ne peuvent pas vous suivre.
    • Vous pouvez également intégrer des concepts intellectuels à vos sentiments profonds pour les conceptions originales. Vous pouvez avoir un flux constant d’idées, parfois tellement que vous sentez que vous ne pouvez pas le suivre.
    • Vous avez tendance à ressentir un enthousiasme zélé sur certains sujets et efforts. Lorsque vous vous passionnez pour une idée, votre esprit va plus vite que vos mots ne peuvent suivre, ou vous vous retrouvez à parler rapidement, peut-être même à interrompre les autres.
    • Lorsque vous êtes absorbé par votre amour pour une œuvre d’art, la littérature, le théâtre ou la musique, le monde extérieur cesse d’exister.
    • Vous êtes très capable de réflexion contemplative et d’autoréflexion. Le revers de la médaille est que vous pouvez être occupé par des pensées obsessionnelles et un auto-examen scrupuleux. Vous pouvez également souffrir de perfectionnisme et d’autocritique.
    • Vous êtes extrêmement ouvert d’esprit. Vous êtes sensible au monde spirituel ou avez été attiré par le chemin spirituel dès votre jeune âge. Cela peut se manifester ou non comme une forme de capacité psychique.
  • 5. Potentiel créatif et angoisse existentielle
    • Vous avez toujours été préoccupé par les grandes questions de la vie. À partir d’un jeune âge, vous pouvez éprouver une dépression existentielle et ressentir du chagrin à propos de l’insignifiance de la vie, la mort et la solitude.
    • Vous vous êtes peut-être senti frustré de voir que votre entourage n’était pas prêt à discuter et à considérer ces préoccupations importantes.
    • Votre angoisse existentielle peut se manifester par un sentiment d’urgence sans nom, une impulsion constante pour aller de l’avant. Vous avez le sentiment constant de « chicaner » qu’il y a quelque chose d’important que vous devriez faire, même lorsque votre vision n’est pas encore claire. Vous vivez avec le sentiment que le temps presse et que vous ne faites pas ce que vous devriez faire.
    • Pour une raison inconnue, vous ressentez un poids de responsabilité sur votre épaule, même pour des choses dont vous n’êtes pas responsable.
    • Votre angoisse vous pousse à apprendre, à vous développer et à avancer dans votre chemin de vie, mais elle peut également vous paralyser. Vous pouvez être sujet à des blocages créatifs tels que «bloc d’artiste», «bloc d’écrivain», la procrastination, la peur de l’exposition ou le syndrome de l’imposteur (le sentiment que vous êtes une fraude).
    • Néanmoins, vous avez toujours su au fond de vous que vous n’êtes pas satisfait d’une vie dénuée de sens et axée sur les tâches.
    • Vous pouvez être un polymathe, ou un «multipotentialiste» – quelqu’un avec de multiples intérêts et activités créatives, et pas seulement un appel.
    • Lorsque vous avez une vision forte ou une idée innovante, vous pouvez sentir la séparation entre l’appartenance et l’expression authentique – vous voulez exprimer avec votre moi plein et authentique, mais vous craignez que cela signifie être rejeté ou laisser des gens derrière vous.

Vous êtes-vous retrouvé.e dans cette description des personnes qui sont des « éponges émotionnelles » ? Partagez votre vécu….

Source : https://www.psychologue.net

Trouble du déficit de l’attention

Découvrez les talents de vos employés atypiques !

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Si le discours en faveur de la diversité gagne du terrain dans les entreprises, les employés atypiques, comme ceux à trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) dérangent toujours les modes opératoires en place dans des organisations qui ont du mal à s’adapter à cette différence, faute de bien la connaître.

Le TDAH est lié à un fonctionnement atypique chronique des parties du cerveau liées aux « fonctions exécutives » d’un individu. Ses symptômes (dont la distractibilité, l’impatience, l’impulsivité) ne sont généralement pas nocifs en tant que tels pour l’individu et ne deviennent donc handicapants qu’au contact des demandes de la société telle qu’elle est organisée par la majorité.

Les difficultés sévères et persistantes que le TDAH entraîne au quotidien valent à ce fonctionnement atypique le statut de trouble neurocomportemental, et parfois même de handicap. On parle alors d’individus « neuroatypiques ».

Le terme de déficit de l’attention entretient une certaine confusion. En effet, l’attention des personnes TDAH n’est pas moindre par rapport à la majorité (les « neurotypiques »), mais elle est différente. Canalisée et utilisée à bon escient, cette différence peut se révéler être une grande force pour l’employé TDAH, comme nous l’avons constaté lors de nos travaux sur le sujet. Cette particularité constitue également un atout pour celles et ceux qui bénéficient des fruits de la pensée de l’employé TDAH, notamment dans un collectif qui privilégie souvent la pensée linéaire et l’attention « en projecteur » (on ne se focalise que sur une chose à la fois).

Malgré une présentation clinique de plus en plus documentée et un nombre croissant de diagnostics, le TDAH reste sous-diagnostiqué, sous-traité et souvent mal compris. Ce trouble est couramment diagnostiqué chez les enfants, si bien qu’il est souvent perçu, à tort, comme n’affectant qu’eux. Or, la prévalence du TDAH à l’âge adulte est loin d’être négligeable puisqu’elle se situerait entre 2 et 5 %, voire plus selon les études.

Un potentiel créatif supérieur

Actuellement, on retrouve une tendance à inscrire la diversité dans le monde de l’entreprise via l’innovation en ressources humaines, notamment dans les processus de recrutement. Nombreuses sont les entreprises souhaitant répondre à une pression croissante venant des parties prenantes qui insistent pour voir des équipes plus mixtes, multiculturelles, issues de courants de pensée différents et aux parcours variés.

Cette tendance semble donc s’inscrire au nom de l’égalité des chances et dans un souci de représentation de la société au sein de l’entreprise, mais pas seulement. En effet, s’il est désormais bien connu que la mixité des profils et la diversité cognitive font partie des caractéristiques culturelles des entreprises les plus performantes, c’est surtout au nom de l’innovation que les organisations appuient leurs politiques de diversité.

Or, des études récentes montrent que les personnes TDAH ont un potentiel créatif supérieur à la normale, qui se manifeste notamment par une tendance à l’anticonformisme, à la pensée originale, et la pensée divergente.

Souvent, les personnes TDAH peuvent être repérées en entreprises lors de réunions de brainstorming, par leur facilité naturelle à produire rapidement de nombreuses idées originales, et à ne pas se laisser influencer par ce qu’elles savent déjà ou ce qui existe déjà.

En effet, l’expansion conceptuelle constitue un autre aspect de la cognition créatrice associée au cerveau TDAH. Certains employeurs clament haut et fort qu’ils veulent attirer des individus neuroatypiques, précisément en raison de ce potentiel créatif.

En tant qu’employeur, si vous vous appliquez à attirer, intégrer, et développer vos employés TDAH, vous faites ainsi d’une pierre un nombre incalculable de coups, puisque vous dotez votre équipe d’une personnalité en plus, mais aussi d’un antidote au groupthink (opter pour une mauvaise décision simplement parce qu’elle fait consensus) et d’une imagination sans limites. Cependant, il est très important de ne pas se mentir : il y a bel et bien un envers à ce degré de « débrouillardise », de réflexion déstructurée, et d’attention multi-focalisée.

Informer et sensibiliser

Le TDAH donne lieu chez beaucoup d’adultes qui en sont atteints à des comportements qui, en entreprise mais pas seulement, seront à gérer avec ouverture d’esprit et empathie. Si un traitement multimodal (médicament, psycho-éducation, coaching) aide la plupart des adultes à mieux gérer leurs symptômes, notamment au travail, le cerveau TDAH ne se normalise pas – même mieux géré, il est toujours là.

En conséquence, pour que cela constitue un réel avantage pour une organisation, encore faut-il que celle-ci accueille la curiosité, la pensée divergente, l’expérimentation et l’erreur, comme des outils de travail à part entière.

Les adultes TDAH qui réussissent professionnellement sont souvent perçus comme dynamiques, créatifs, spontanés. Leur énergie aide à entraîner les collaborateurs vers de nouvelles idées et de nouveaux projets ; leur enthousiasme convainc, il est contagieux.

Cependant, ceux qui aiment s’exprimer en réunion seront aussi repérés par leurs interruptions fréquentes, leur agitation voire leur inconfort lorsqu’il doivent attendre leur tour pour parler, leurs observations binaires ou encore la blague qui met tout le monde mal à l’aise. On notera en outre une aisance, voire une certaine nonchalance, de beaucoup de personnes TDAH en présence de leurs supérieurs hiérarchiques, pendant que leurs pairs adopteront certainement une posture et une attitude moins spontanées et plus solennelles.

Ce qui en réalité est une manifestation de l’impulsivité intrinsèquement liée au TDAH de l’employé sera alors attribué par ses collaborateurs à un manque de politesse, une haute opinion de soi, ou encore un manque de respect envers les codes de l’entreprise, envers l’ordre des choses.

En réalité, cette hyperactivité cognitive constitue un symptôme du TDAH moins connu du grand public, et particulièrement déroutant car totalement invisible. Si un collègue TDAH ne tient pas en place en réunion (il dessine sur son bloc-notes, ou se lève sans prévenir), cette personne est plus visiblement hyperactive. Les choses se compliquent pour la personne TDAH dont le cerveau est hyperactif dans le sens où il ne cesse de produire – et de percevoir – des stimuli internes, sous forme de pensées ou d’idées.

Imaginons que l’une de vos employées, brillante et bien intentionnée, soit connue pour savoir habilement présenter des idées de nouveaux projets devant son équipe. Mais cette même personne est aussi connue pour ne jamais aller au bout de ses projets : la passion avec laquelle elle appréhende le projet au départ semble comme essoufflée après peu de temps ou, avec l’arrivée d’une autre idée… qui connaîtra certainement le même sort par la suite.

Ce débordement d’idées constant épuise et ralentit la personne TDAH dans sa production de ce que l’on appelle ses « livrables » (ou résultats), déjà mis à mal par les difficultés d’organisation, de planification, et de mémoire à court et long termes, toutes caractéristiques du TDAH adulte.

Sans information et sensibilisation à l’existence de différentes manières de penser, et donc de se comporter, la perception des collaborateurs sera celle de quelqu’un qui n’est pas fiable, qui parle beaucoup mais ne fait « rien ». Si la collègue en question n’est pas consciente de son TDAH, elle se pensera résolument incompétente et perdra peu à peu confiance en elle et en ses capacités, pourtant bien présentes.

Performer autrement

Bien que l’inattention soit l’un des symptômes les plus connus et reconnus du TDAH, il est inexact de conclure que les individus souffrent constamment d’un manque d’attention. Des études ont ainsi prouvé que les adultes TDAH sont particulièrement susceptibles d’atteindre le fameux état de flow, ou hyperfocus, recherché par ceux qui souhaitent effectuer du deep work.

Cette capacité n’empêche toutefois pas le cerveau TDAH de faire preuve d’une attention dite multi-focalisée, par opposition à une majorité cognitive qui prône « l’attention comme un projecteur, un seul angle », ce qui pose problème dès l’école.

Au bureau, cette différence dans la régulation de l’attention se remarquera par exemple chez ce collègue qui régulièrement, pendant une conversation entière est capable de montrer presque tous les signes de présence (par exemple, hochements de tête au bon moment), mais serait incapable de répéter les deux dernières phrases que vous venez de prononcer même si sa vie en dépendait.

Pourquoi ? Peut-être qu’il a vu un écureuil passer devant la fenêtre, ou que vous avez dit un mot qui lui a fait penser à sa liste de course, ou à une chanson qu’il a entendue pour la première fois à Barcelone, « ah, et d’ailleurs, Barcelone… ».

L’errance de l’esprit est certainement le trésor du cerveau TDAH qui souffre le plus au contact de la société dans laquelle nous vivons. À l’heure où nos familles, nos emplois, les publicitaires et les réseaux sociaux se la disputent, notre attention devient bel et bien le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à un interlocuteur, un collègue ou un projet. Pourtant, « être dans la lune » serait bien plus productif que l’on ne le suppose, puisque cet état serait directement lié à l’émergence de pensées créatives.

Comme l’écrivait J.R.R. Tolkien :

« Tous ceux qui errent ne sont pas perdus ».

Cette citation implique plusieurs choses si on l’applique au cadre du TDAH dans le monde du travail. Leur cerveau est depuis toujours habitué à faire de la réingénierie de modèles et de méthodes établis (coping mechanisms, hacking) pour pouvoir les utiliser quand même, un peu comme les gauchers trop souvent oubliés et qui tous les jours manient maints objets dans un monde de droitiers. Pour performer, les personnes neuroatypiques doivent donc s’organiser autrement.

Avoir des employés TDAH et les soutenir pleinement dans leur développement aussi bien personnel que professionnel, dépendra de bien plus que des accommodations matérielles et de confort que l’entreprise va mettre en place. Certes, la flexibilité d’horaires et de lieu de travail, les casques antibruit, l’accès autorisé à des applications informatiques spécialisées, les pièces calmes et la réduction des interruptions, restent des avancées positives… mais insuffisantes.

Sans une intervention pour revisiter en profondeur sa culture organisationnelle (par exemple, via une transformation accompagnée et/ou du coaching ciblé), une entreprise ne peut se prévaloir du statut d’employeur inclusif. Peu importent les sommes investies pour un marketing dans ce sens, la véritable marque employeur se révélera si l’individu TDAH et son entourage professionnel s’enlisent dans une dynamique, une incompréhension et des tensions qui sont non seulement contre-productives mais surtout, évitables.

Source : https://theconversation.com/

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Singuliers et ordinaires – Daisy Lorenzi

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Je vous annonce la sortie du livre de Daisy Lorenzi (9 janvier 2019).

Je suis heureuse d’avoir apporté ma petite contribution à cet ouvrage, en répondant aux questions de l’auteure sur ma position de Gestalt-praticienne dans l’accompagnement des « zèbres »… quelques soient leurs rayures.

Bonne lecture

Certains ont été qualifiés de « précoces » dès l’enfance, d’autres se sont sentis «différents» la majeure partie de leur vie, sans savoir pourquoi…
Mais tous ont un point commun : ils sont ce que l’on appelle des personnes « à haut potentiel intellectuel ». Autrement dit, avec un QI supérieur à la moyenne… sans que, nécessairement, leur destin ne soit « extraordinaire ».

L’auteure, elle aussi, découvre à 30 ans qu’elle appartient à cette étrange catégorie de personnes souvent surnommées, à tort, « surdouées ». Ni plus intelligente, ni plus douée… impossible pour elle de se reconnaître dans ce mot, même si, il est vrai, elle a toujours éprouvé ce sentiment étrange, ce décalage avec le monde qui l’entoure.

Pour dépasser ses propres préjugés et comprendre ce que cela voulait véritablement dire, Daisy Lorenzi a interrogé des femmes et des hommes concernés. Comment avoir un « haut potentiel » change-t-il les ressentis, la façon de penser, la relation aux autres ? Quelles sont les caractéristiques qui rapprochent toutes ces personnes et celles qui les
distinguent ? Surtout, à quoi cela sert-il de mettre un nom sur sa différence ?
Le « diagnostic » est-il une libération ?
Et soudainement, tout s’est éclairé. Dans un jeu de miroirs, ces femmes et ces hommes lui ont fait comprendre qui elle était vraiment. Que leurs singularités n’étaient qu’une part d’eux-mêmes et qu’en prendre conscience, les embrasser, permettait d’entamer le plus grisant des voyages : celui où l’on devient enfin soi-même !

« Surdouée, j’ai enchaîné les petits boulots et les dépressions »

En cette journée mondiale de la Santé sur le thème de la dépression, Marie*, 36 ans, raconte l’influence qu’a eu son QI élevé sur sa santé mentale. Aujourd’hui identifiée comme surdouée, elle revient sur ces années difficiles. Témoignage.

Article de l’Express-Propos recueillis par Emilie Tôn, publié le 

À l’école, j’ai toujours eu du mal à me faire aimer des autres enfants. Malgré tous mes efforts, je n’étais pas comme eux. Ils ne m’aimaient pas et je ne comprenais pas pourquoi.

En entrant au CP, je savais déjà lire. J’étais très en avance. Il a été question de me faire sauter une classe, mais comme je pleurais en permanence, la direction a décidé que je n’étais pas prête à rejoindre des enfants plus âgés. J’étais docile, gentille. Parce que j’avais les meilleures notes de la classe, les autres enfants me traitaient de « chouchoute de la maîtresse », alors qu’elle me méprisait.

Je n’avais pas beaucoup d’efforts à fournir pour me maintenir première de la classe. Au CM1, je ne me suis pas méfiée d’une nouvelle élève. Elle a pris ma place: j’en ai beaucoup pleuré et l’ai reconquise. Je me devais d’être la meilleure. Je voulais que la maîtresse m’aime. En classe, je me tortillais dans tous les sens pour répondre, mais l’institutrice disait toujours « on sait que tu sais, quelqu’un d’autre veut répondre? » Je semblais toujours l’excéder. J’ai fini par arrêter de lever la main.

J’ai laissé l’intello que j’étais derrière moi

L’arrivée au collège laissait espérer des changements positifs. J’allais chez les grands et tournais ainsi le dos au calvaire qu’était l’école primaire. Mais dès la première évaluation, les problèmes ont commencé. Je subissais un harcèlement féroce, qui a continué longtemps. Une fois de plus, j’étais l’intello, et les autres élèves n’aimaient pas les intellos. Ils faisaient de mes amies et moi leurs souffre-douleurs, mais il n’y avait que moi que cela perturbait. Le soir, je pleurais dans ma chambre.

Progressivement, mon niveau a baissé, sans être mauvais pour autant. Je voulais absolument me faire des amis parmi les gens populaires. Donc, lorsque je suis entrée au lycée, j’ai décidé de laisser l’intello que j’étais derrière moi. J’ai décroché et suis devenue une élève très moyenne -ce que ma psy appelle aujourd’hui le nivellement- au point d’avoir mon bac au rattrapage. J’ai été à la fac, puis j’ai arrêté pour enchaîner les petits boulots, ainsi que les dépressions

Les surdoués, plus sujets aux dépressions

Je n’ai jamais su m’y prendre avec les gens. J’ai l’impression de ne pas avoir les outils pour vivre en société. Pendant des années, j’ai surjoué la fille libérée. Je ne savais plus qui j’étais. Je souffre d’anxiété sociale. A chaque nouvelle rencontre, je suis dans une situation de stress intense. Toutes ces choses m’ont poussé à croire que j’étais folle, anormale, dérangée.

Lorsqu’une chose m’intéressait, je me plongeais à corps perdu dans les recherches. Cela m’obsédait, il fallait que j’épuise le sujet. Et lorsque je me suis intéressée à la dépression, j’ai appris, dans un article, que les surdoués y étaient plus sujets que la normale. Je n’ai pas tout de suite relevé.

Parallèlement, mon fils aîné de trois ans m’a demandé de lui apprendre à lire. Je le savais intelligent, à 18 mois, il parlait très bien et fascinait tous les adultes qui le croisaient. J’ai alors commencé à me documenter sur les enfants précoces. Au fil de mes recherches, j’ai revu toute mon enfance. J’ai donc fait appel à une psychologue spécialisée. Au téléphone, elle m’a dit qu’il était préférable que mon fils attende un peu avant de passer les tests, car les résultats ne sont pris en compte qu’à partir de 6 ans par l’Education nationale. Cependant, je pouvais les passer.

TÉMOIGNAGE >> Surdouée et mère d’enfant surdoué: « J’ai espéré que mon fils ne soit pas concerné »

Le jour du bilan, j’ai fondu en larmes dans son bureau. Pendant toutes ces années, je pensais que j’étais bête, que c’était pour cette raison que je n’arrivais pas à m’adapter. En réalité, j’étais surdoué.

Une affaire de famille

Selon la psy, il est possible que toute ma fratrie soit concernée. Ma soeur a vu une spécialiste qui lui a confirmé que c’était son cas. Mon fils -qui a aujourd’hui huit ans- a un très haut quotient intellectuel (plus de 145). J’ai peur qu’il en souffre, mais, pour l’instant, tout semble bien se passer. Les enseignants essaient de lui donner des exercices plus adaptés à son niveau, mais nous n’avons pas voulu qu’il saute une classe car il voulait rester avec ses copains. Il a la chance d’en avoir.

Le plus jeune, qui a cinq ans, est probablement concerné aussi. Il est moins populaire à l’école maternelle. Quand je vais le chercher le soir à la garderie, il est souvent en train de jouer tout seul dans son coin alors que les autres jouent en groupe. Ça me fait de la peine, mais lorsque je lui demande s’il est heureux, il me répond que oui.

Un taux de suicide préoccupant

J’ai expliqué à mon grand que son cerveau fonctionnait différemment, en lui précisant qu’il n’était pas plus intelligent que les autres, mais que son intelligence fonctionnait autrement. Le taux de suicide est assez préoccupant chez les surdoués, mais mon ex-mari -qui a appris son haut QI à l’adolescence- comme mon fils aîné ont l’air bien dans leur peau, preuve que la souffrance vient aussi du fait de ne pas l’avoir identifié.

Malheureusement, les tests sont chers et toutes les familles n’ont pas les moyens de les payer [le WISC, ou « échelle de Weschler », coûte plusieurs centaines d’euros]. Et s’il est possible de les passer gratuitement dans les centres médico-psychologiques, les psys n’y ont pas de formation spécifique pour décrypter correctement les résultats. Savoir qu’un enfant est précoce sans comprendre son fonctionnement ne l’aide pas. C’est regrettable, car les conséquences peuvent être catastrophiques.

*Le prénom a été modifié

Source L’express