Dans la plupart des circonstances, la dyslexie, ce trouble de la lecture et de l’écriture, s’apparente plutôt à un léger handicap, heureusement corrigible par des séances d’orthophonie. Pourtant, il semble aussi qu’elle soit à l’origine de capacités très utiles pour… les services de renseignement. Du moins si l’on en croit les statistiques du Government Communications Headquarters (GCHQ), l’équivalent britannique de la NSA, en charge de la surveillance des réseaux et des télécommunications. Alors qu’une personne sur dix dans la population générale présente des troubles dyslexiques, ils seraient quatre sur dix parmi le personnel du GCHQ. Jo Cavan, en charge du recrutement et de la stratégie de ce service, explique au Guardian : «Nous recherchons des personnes capables de repérer des éléments qui ne sont pas à leur place dans une vue d’ensemble, qui sont en mesure de repérer rapidement des petites anomalies dans un vaste panorama. Ils doivent pouvoir passer au crible de grandes quantités de données pour empêcher un acte terroriste ou l’organisation d’un crime. Des aptitudes comme une bonne reconnaissance des formes et des schémas est essentielle. Et beaucoup de mes collègues dyslexiques ont ces capacités.»

Selon une étude réalisée par Made by Dyslexia, les dyslexiques sont particulièrement doués pour résoudre des problèmes complexes, disposent d’une bonne empathie et font preuve de talent pour la communication et la pensée critique.

Charlotte, analyste au GCHQ confirme : «Je suis souvent confrontée à de grandes quantités de données et ma dyslexie m’aide à voir la situation dans son ensemble, à repérer des schémas qui ne sont pas toujours évidents pour les gens autour de moi. J’estime également que mon approche pour trouver des solutions est très différente. Je pense souvent assez vite et en dehors des sentiers battus.»