« J’ai découvert que j’étais surdoué »

Par Valérie Péronnet Mis à jour le 30 octobre 2020

Hervé, 47 ans, s’est intéressé aux enfants précoces quand sa fille a montré des signes d’inadaptation à l’école. Pour ne pas laisser Alice seule avec sa différence, il a lui aussi fait évaluer son intelligence. Et a découvert qu’il était lui aussi surdoué.

Ma fille est une enfant précoce

« Je suis allé passer mon test de QI pour découvrir des choses très importantes sur moi. J’ai d’abord trouvé ça ridicule, avant de comprendre que ce que je voulais surtout, c’était une confirmation de ce que je pressentais depuis plusieurs semaines. Quand la psychologue scolaire avait proposé à Alice de mesurer son QI, je m’étais immédiatement documenté sur la question. J’ai trouvé deux livres, un sur les enfants et un sur les adultes “surdoués”. Pendant que Fabienne, ma femme, lisait le premier, je me suis plongé dans le second, histoire de voir à quoi pourrait ressembler l’avenir de notre fille.

J’ai très vite été troublé : beaucoup de ce qui y était décrit me faisait penser à ma femme, mais aussi à mes propres modes de fonctionnement. De son côté, Fabienne a fini par m’avouer la même chose : ce qu’elle apprenait sur les enfants “précoces” la renvoyait à moi et à sa propre enfance… Les résultats de notre fille ont confirmé ce que la psychologue scolaire avait envisagé : Alice fait partie des 2 % de personnes dont le QI est nettement supérieur à la moyenne. C’était suffisant pour justifier son ennui et quelques difficultés à s’intégrer – les enfants sont assez cruels avec ceux qui ne sont pas tout à fait comme eux… Dès qu’elle a su pourquoi elle se sentait si mal en classe, et quelles solutions allaient être mises en oeuvre pour améliorer sa situation, Alice s’est tranquillisée et a cessé d’avoir mal au ventre chaque matin avant d’aller à l’école. Quant à Fabienne et moi, cette nouvelle nous a poussés à approfondir la question, afin de comprendre son fonctionnement et à faire en sorte que cette différence ne devienne pas un handicap, et ne l’empêche pas d’être heureuse et de grandir paisiblement.

Ma première expérience a été assez désagréable : en expliquant le “cas” d’Alice à la directrice de l’école, j’ai découvert la pesanteur de l’institution scolaire, qui nous a amenés à porter l’affaire devant l’inspection académique, rapport de la psychologue scolaire et test à l’appui. Finalement, c’est la maîtresse qui a pris la première initiative : elle a commencé à faire travailler à Alice le programme de la classe supérieure. Et à la rentrée suivante, notre fille a sauté une classe.

J’ai passé mon test de QI pour ne pas laisser ma fille seule

Fabienne et moi voulions éviter à tout prix que notre enfant se sente isolée, abandonnée à sa différence, et que ça la rende malheureuse. Plus je potassais le sujet, plus ma manière de fonctionner dans mon enfance et mon adolescence me revenaient en mémoire : la curiosité, la rapidité de compréhension, le rejet de l’autorité, un doute fondamental, le sentiment de ne pas être comme les autres, le besoin de rassembler beaucoup d’informations en vrac sans les ordonner de façon linéaire pour me faire une idée globale d’un sujet, la manie d’attendre le dernier moment pour aboutir au résultat, presque comme un défi… Le livre sur les adultes “surdoués” conseillait à ceux qui se retrouvaient dans ces descriptions de se faire tester, pour en avoir le coeur net. Cela me semblait une très bonne manière de rejoindre Alice, et de ne pas la laisser seule. Et puis, en allant passer ce test, je me suis rendu compte que j’y mettais beaucoup plus d’enjeu personnel que ce que je pensais : je voulais en savoir plus sur moi-même.

J’ai appris que j’étais surdoué aussi

Les résultats l’ont confirmé, je fais moi aussi partie des 2 % de surdoués. […]

 

L’article complet sur : psychologies.com

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